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Madrid: RIEN A CHRONIQUER…


MADRID – 8/06/2024
Corrida hommage à la police nationale pour son 200° anniversaire (!), minute de silence et hymne national à l’issue du paseo.
21°, vent, Arène pleine pour la 13° fois en cette San Isidro.
Toros de ROMAN SORANDO 572,564,593,578,554,541Kg, robe variée, de 4 ans, les 3 et 5, à quasi 6 ans, les 2,4 et 6 en passant par 5 ans, le 1. Carrure et cornes conformes aux exigences madrilènes. Du Domecq pur, noblesse mais faiblesse, parfois extrême. Pas de race. Mansos.
 Mouchoir vert au 3° d’une faiblesse insigne, remplacé par un sobrero de José Vasquez de 6 ans. José Vasquez, la plus vieille ancienneté d’Espagne, 1788, mais encore du Domecq depuis quelques années, faible et sifflé lui aussi à son départ.
Mouchoir vert au 6° aussi faible, remplacé par un sobrero de MONTALVO de 5 ans et 586 kg, intoréable lui, visiblement avisé, sans doute ayant séjourné trop longtemps dans les corales.
 Pour :


DIEGO URDIALES, saumon clair et noir, silence et silence.


JUAN ORTEGA, vert printanier et or, silence et silence.


PABLO AGUADO, noir et argent, gilet or, silence
Tous les toros sifflés à leur départ.
Bronca et jets de coussins de dépit à l’issue de la corrida.  
 
Cet après-midi Madrid a touché le fond du fond avec ces toros de Roman Sorando infumables.
Ce n’était pas la peine de faire venir trois toreros classés « artistes » pour ne pas leur offrir du bétail leur permettant de s’exprimer. Trois toreros si brillants à la feria de Séville.
Pas une passe de cape, pas un quite artistique, cinq ou six passes de muleta conformes en tout pour l’ensemble de la corrida.
Nous avons rarement vu un tel désastre ganadero. En général il y a toujours un toro, pas forcément le cinquième, qui sauve l’après-midi. Mais là, aucun.
Le public n’en pouvait plus, réclamant des toros, et nous avec.
Et comme en plus les deux toros remplaçants ne voulurent pas faire d’ombre à leurs congénères, l’ennui fut total.
Il va donc falloir que la police, à laquelle les organisateurs avaient voulu offrir un hommage, ouvre une enquête sur cette après-midi désastreuse et trouve le ou les coupables.

Exir

Madrid, Borja Jimenez première Puerta Grande de la féria

Plaza de toros de Las Ventas. 25ª corrida de la Feria de San Isidro. Corrida de la Cultura. Lleno de ‘no hay billetes’.

Toros de Victoriano del Río, 5ème bis de Torrealta

EMILIO DE JUSTO, palmas après avis et silence après avis.

BORJA JIMÉNEZoreille et deux vueltas al ruedo après une forte pétition de la seconde et bronca au palco et oreille. Puerta Grande.

ROCA REY, palmas après avis et silence.

Une fois encore le scandale vint du placo d’une injustice crasse avec Borja Jimenez qui avait bien gagné sa deuxième oreille et avec le ganadero dont le toro aurait du faire une vuelta. La veille nous avions vu une pétition majoritaire en faveur de Manuel Escribano sans récompense. Ça commence à faire… L’incompétence comme la suffisance de ces messieurs du palco est insupportable, leur manque d’aficion les disqualifie. Elle ne peut s’expliquer que par un protagonisme puéril qui nuit au spectacle. Il y a en Andalousie des présidents sanctionnés financièrement en cas de manquement au règlement -lors d’un indulto en place portative par exemple. Les présidents ne devraient plus se prévaloir d’une impunité qui les conduit à se comporter de manière partiale, inique ou erratique.

Ceci dit revenons à une corrida qui a permis à Borja Jimenez d’inscrire son nom dans la légende isidril. Il le doit à un grand toro « Dulce » sorti en second, le meilleur d’un lot de Victoriano varié dans son coportement comme dans sa présentation, le quatrième protesté, le cinquième changé pour sa faiblesse par un Torrealta qui fit preuve de classe sans durer. Le sixième manso perdido partit aux planches. Le reste fit preuve de mobilité, manquant de force pour la plupart, partant de loin avec alegria au cheval sans s’employer véritablement, nobles mais manquant souvent de transmission et de continuité par la suite.

Belle entame d’Emilio de Justo par doblones qui préjugeait de grands moments, le toro s’étant employé au capote. Mais il ne dura pas et la faena malgré la volonté du torero Cacereño lassa les tendidos. Il tua d’une demie estocade en place. Par la suite Emilio subit le préjudice du scandale présidentiel et personne ne fit cas de ses bonnes manières face à un toro qui s’éteignit vite mais qui avait ses quartiers de noblesse. Une entière desprendida.

C’était le jour de Borja Jimenez, sa dernière cartouche lui qui avait eu le privilège d’être invité trois fois à la plus grande féria du monde. Le torero d’Espartinas s’est justifié ô combien ! Il eut le geste d’aller trois fois à puerta gayola (avec le sobrero), il toréa superbement au capote, de manière variée: chicuelinas apprêtées, véroniques, de frente por detras participant à tous les quites. Ses deux faenas, la première surtout, furent des modèles d’entrega, de dominio, ornées de beaux détails comme de magnifiques trincherillas, des kirikikis, des changements de mains inattendus et même des naturelles de face données pieds joints. Tout cela est allègre, bien construit, exécuté avec aisance. Il a très bien tué le premier, au second il pincha une premier fois mais posa une entière en se mouillant les doigts qui lui valut cette sortie triomphale tant désirée.

Beaucoup d’iniquité envers Roca Rey de la part d’un certain secteur du public qui le proteste quelque soient les circonstances. Il en est ainsi de tous les numéros uns c’est vrai ; faut-il s’en réjouir ?  Le péruvien tomba sur un lot impossible. Personne ne fit cas de son premier passage tant l’amertume des malheurs de Borja dominait l’arène Il fit peut piquer son second, manso perdido, le conduisit avec son autorité habituelle dans une première série prometteuse mais ce n’était qu’illusion : le toro partit aux planches. Il tua ses deux adversaires comme un canon de deux estoconazos.

Ainsi la Puerta Grande de cette San Isidro 2024 n’est plus vierge. Un jeune homme encore assujetti au banquillo il y a peu l’aura franchie en triomphe après bien des difficultés. Tous les espoirs sont donc permis. Belle leçon que celle de Borja !

Pierre Vidal

Madrid: Des éclairs sous la pluie


Madrid, 6 juin. Plus de trois quarts d’arènes. Pluie intense à partir du quatrième.
6 toros d’Adolfo Martín, très armés, certains trop grands, les trois premiers avisés et sans charges, sifflés à l’arrastre, les trois derniers plus nobles mais faibles.
Antonio Ferrera silence et salut après avis.
Manuel Escribano salut et vuelta après forte pétition. Bronca à la présidence.
José Garrido silence et salut.


Il aura fallu attendre le quatrième et la pluie pour qu’on puisse voir des éclairs et beaucoup d’engagement. On n’avait rien vu jusqu’alors, à l’exception d’une très bonne estocade de Manuel Escribano, car les toros d’Adolfo Martín, vite avisés, coupaient leurs charges, et même si le danger était là, le public s’ennuyait. Mais sous la pluie, après une chaleur torride, des éclairs dans l’arène. Comme avec Antonio Ferrera, face à un Adolfo avec une certaine noblesse mais qui s’écroula à plusieurs reprises. Devant un public clairsemé (les gens étaient partis se réfugier à l’intérieur des arènes ou dans
les places vides des « gradas » et « andanadas » ) et avec un tendido 7 moins omniprésent, Antonio parvint à mettre en confiance le toro. Vinrent quelques passes droitières enchaînées de très bon goût et surtout une série de naturelles d’un relâchement absolu, non forcé et naturel. Superbes ! S’il l’avait tué, il aurait peut-être coupé une oreille. Le toro, comme les trois précédents, fut sifflé à l’arrastre.


Manuel Escribano accueillit ses deux toros à genoux, « a porta gayola ». Chapeau pour le risque encouru, d’aurant plus au cinquième vues les conditions de la piste et ce qui l’attendait dans les torils : un toro extrêmement armé mais qui lui aussi cachait une certaine noblesse. Manuel le banderilla, comme à son premier, avec assurance et éclat. Sous l’orage, le toro s’affala en tout début de faena mais son matador sut très bien calculer les distances et trouver les hauteurs. Après une très belle naturelle où Escribano s’était senti « a gusto », le toro, inopinément, l’attrapa. Sans l’encorner. Des instants dramatiques, surtout quand il se retrouva à terre et le toro le cherchait. Un miracle qu’il en soit sorti sans la moindre égratignure. La faena fut vécue dès lors avec beaucoup d’émotion et Manuel instrumenta des passes de belle facture et surtout il remata sa prestation d’une très bonne estocade. De manière incompréhensible, le président ne lui accorda pas l’oreille alors que la pétition était largement majoritaire. Un manque de sensibilité de sa part et probablement d’aficion.


Le dernier Adolfo, excessivement haut et pesant plus de six cents kilos, montra parfois, lui aussi, une certaine noblesse. Garrido le toréa avec toreria à la cape, lui endossant de superbes véroniques. Faena inégale à la muleta, surtout du fait que le toro n’humiliait pas vraiment, où le matador parvint à enchaîner des passes des deux côtés. Prestation de torero mûr, technique et sûr de lui, mais mal conclue à l’épée avec un bajonazo très laid.
Antonio Arévalo

Madrid: l’événement tourna en “eau de boudin”

Plaza de toros de Las Ventas. 23ème corrida de la Feria de San Isidro. Lleno de ‘no hay billetes’. 23 000 spectateurs. Corrida de la Prensa.

 Toros de Victorino Martín,

PACO UREÑAsilence après deux avis, vuelta al ruedo après avis et silence après avis.

BORJA JIMÉNEZ, silence après avis, silence et silence.

Le roi, Felipe VI présidait la corrida en compagnie de Francisco Rivera Ordóñez assesseur artistique.

L’incertitude est une des caractéristiques de la corrida en cela elle est radicalement différente des autres spectacles où se répète –plus ou moins bien- une trame écrite. La tauromachie dépend de l’animal et l’animal est imprévisible dans sa nature à moins de lui prêter des sentiments humains comme le fait Walt Disney. Ainsi un grand événement comme cette corrida de la presse animé par des toros au nom consacré et des hommes motivés peut tourner en… eau de boudin comme ce fut le cas hier soir.

Certes les Victorino avaient fières allures armés jusqu’aux dents de poignards étincelants dans le ruedo madrilène. Mais cette carrosserie de luxe masquait un  manque de race général et le manque d’appétence de l’ensemble pour les piques comme pour les capes et muletas. Le premier una alimaña, le second d’une noblesse limitée, le troisième sans rompre, le quatrième soso, le cinquième cherchant les planches, le dernier meilleur sous le peto mais vite éteint. Le bilan on le voit n’est pas terrible. Il y a de mauvaises corridas chez Victorino aussi. Je dis mauvais non pas parce qu’elle n’a pas “servie” mais parce qu’elle a manqué de race; défaut rédhibitoire.

Paco Ureña était décidé c’est un des chéris du 7 et de la capitale en général. Il a payé pour cela et on rend lui rend bien la monnaie de ses souffrances ici. Il s’est mis en danger dès l’entrée en matière face à un premier Victorino qui l’attendait immobile décochant ses coups au passage. Il se fit bousculer à plusieurs reprises et arracher les machos. L’engagement ne payant pas il partit chercher l’épée puis le verdugo qu’il mania laborieusement. Son second patapouf sans force ni race ne lui donna aucune opportunité de briller. Le « chevalier à la triste figure » comme dirait Cervantes accueillit le cinquième avec un capote qui donnait espoir. Il conduisit l’animal au centre mais jamais celui-ci ne se livra regardant les planches entre chaque passe. Paco coupa court à ces manières désobligeantes et connut de nouvelles difficultés à l’épée.

Belle opportunité pour Borja Jimenez un jeune homme plein d’ambition que cette corrida de la prensa. Il tomba sur le seul toro de la tarde que l’on puisse « sauver ». Il le fit peu piquer et l’animal se manifesta par des arrancadas violentes qu’il conduisit avec difficultés lors des premières séries ; mais l’affaire ne dura pas, le toro baissa rapidement et Borja le tua d’une entière desprendida. Le suivant avait moins de caste encore que ses prédécesseurs et Borja malgré ses désirs dut écourter. Le dernier donnait de l’espoir mais il fut durement châtié par El Espartaco (le picador), la lidia de Vicente Varela qui s’en suivit fut mal menée, les capotazos se multipliant, le tiers de banderilles escamoté. En conséquence (?) le toro arrêté, ne se livra jamais et Borja ne put s’accorder avec lui. Deux tiers de lame tombée eurent raison de son adversaire. Tout cela sous les sifflets de despedida et jets de coussins inoportuns.

Otro dia sera !

Pierre Vidal

L’INTERDICTION D’ACCÈS DES MINEURS À LA CORRIDA AUX BALÉARES EST LEVÉE

Ce mardi 4 juin, la proposition présentée à l’initiative de Vox visant à modifier la législation actuelle qui permettra aux mineurs d’accéder à la tauromachie dans les îles Baléares a été approuvée au Parlement des Baléares .

Après avoir pris en considération et le débat qui en a résulté, la loi de modification de l’ article 12 de la loi 9/2017 du 3 août relative à la réglementation de la corrida et à la protection des animaux dans les îles
Baléares , nous avons procédé au vote qui a eu soutien du PP, avec le résultat final de 29 voix pour, 17 contre et une abstention. Le processus normal de modification législative commence maintenant.
S’ouvrira une période d’amendements, puis de présentation, de commission et enfin d’approbation en séance plénière.
Dans un premier temps, il est prévu que cette loi n’entre en vigueur qu’en septembre, soit le lendemain de sa publication au Journal Officiel des Îles Baléares.

Madrid : ternes Escolar

Plaza de Toros de Las Ventas, Madrid. 22e corrida de la Feria de San Isidro 2024. Environ trois quarts de plaza.

Les taureaux de José Escolar, bien présentés, sérieux, astifinos, bien qu’inégaux . Un ensemble terne . Les trois derniers très compliqués.

FERNANDO ROBLEÑO, palmas après deux avis et silence. 

DAMIÁN CASTAÑO, ovation et ovation. 

 GÓMEZ DEL PILAR, ovation après avis et silence. 

Le picador Alberto Sandoval a été ovationné au second toro.

Le banderillero Raúl Ruiz a salué au quatrième.

Madrid: DE L’ENNUI A LA TRAGEDIE



MADRID – 2/06/2024- 21° acte taurin de la San Isidro 2024.

25°, pas de vent. 2/3 d’arène.

Toros de PEDRAZA DE YELTES et TORRESTRELLA (6°)
545,540,531,560,580,573 Kg, tous de 4 ans et demi sauf le 6° de 5 ans et demi.

Le 2° juste de force et souffrant d’une vuelta de campana à la cape de réception remplacé par un sobrero de la ganaderia de CHAMACO (provenance Jp Domecq et Jantilla) de 590 kg, 5 ans et demi.

 Pour :

JUAN LEAL, rose bonbon et or, silence et silence.

FRANCISCO JOSE ESPADA, blanc et or, silence et blessure.

ISAAC FONSECA, vert olive et or, une oreille et blessure.

Salut des banderilleros   JUAN CARLOS REY et JESUS ROBLEDO au 3° toro et de MARCO LEAL au 4°

A l’heure où nous écrivons ces lignes nous ne connaissons pas la gravité des blessures subies par Francisco José Espada au 5° toro, de Pedraza de Yeltes, et Isaac Fonseca au 6°, de Torrestrella, tous deux pris par leur toro respectif mais de façon différente.

Espada renversé par une patte du toro à l’issue d’une passe, pris au sol et envoyé deux fois en l’air dans le berceau des cornes de façon très effrayante, tombant inanimé au sol, mais apparemment sans coup de corne reçue. Il a été transféré dans une clinique pour une évaluation des traumatismes.

Au toro suivant, un Torrestralla doté d’un berceau de corne phénoménal, agé de cinq ans et demi, Fonseca, qui a coupé très justement une oreille à son premier toro, veut forcer le destin en coupant une seconde oreille, lui assurant ainsi une sortie des arènes par la grande porte.

Mais ce toro est (trop ?) âgé et est doté d’une corne droite assassine. A la sortie d’une passe de poitrine suivant une série de naturelles le taureau lui met cette corne dans le dos et le corps du torero monte en l’air d’une façon effrayante nous rappelant la tragédie du YIYO.

Heureusement, à notre vue, la corne est plutôt rentrée en bas du dos et n’a donc pas pénétrer la région du cœur. Après avoir été évacué très souffrant à l’infirmerie, c’est à nouveau à Juan Leal d’occire ce sixième toro, son quatrième toro donc à estoquer en son après-midi de chef de lidia dont il va se rappeler toute sa vie.

A noter que Juan Léal lui aussi avait été renversé par une patte de son premier toro mais s’était heureusement relevé sans dégât malgré la charge du toro voulant le prendre au sol.

Importance des cuadrillas venant au quite pour chacun des toreros, quite tardif car les deux blessés étaient en train de toréer au centre du ruedo de Las Ventas, très éloigné des burladeros, alors que Juan Léal était près de la barrière, permettant ainsi aux peones d’intervenir très rapidement pour mettre leur cape sous le muffle du toro.

Voilà, c’est comme cela que cette corrida débutée ennuyeuse la faute aux toros est devenue tragique la faute également aux toros.

Comment se fait-il que les Pedraza de Yeltes que nous avions vu si brillants à Azpeitia puis à Dax dans les années 2010 soient devenus à Madrid en 2024 fades, sans force, sans race, protestés, tous sauf le 3°, le plus léger, ne permettant pas aux toreros de toréer avec succès, et n’offrant aucun tercio de  pique sérieux, ce qui était leur point fort en terre française.

Que dire de plus ?

Que Juan Leal a été mal servi, c’est sûr, ainsi que Espada par le toro de remplacement, de la ganaderia de Chamaco, aussi mauvais si ce n’est plus que les Pedraza.

Qu’Isaac Fonseca a été très bon au troisième toro de l’après-midi, le seul vraiment acceptable, toréant de façon classique, ce qui est nouveau chez lui, par des séries authentiques de la droite et de la gauche précédant une grande estocade libérant une oreille réclamée ardemment par le public.

Que la sortie des trois cuadrillas groupées autour de Juan Léal, le seul matador rescapé, a été très émouvante.

EXIR

PS nous apprenons à l’instant que Fonseca souffre d’une cornada de 20cm dans le thorax et qu’Espada souffre d’un traumatisme crânien. Souhaitons-leur le meilleur et un prompt rétablissement.

Captieux : Tristan Barroso se distingue

Captieux, dimanche 2 juin. Lleno sur les gradins. Trois premiers novillos de La Golosina, de petit format, nobles, surtout le second, mais faibles et trois de Jalabert, avec plus de volume mais manquant de race.

Jarocho : oreille sans à peine pétition et salut.

Tristan Barroso : oreille et silence après avis.

Tomás Bastos : silence et silence.

Sur le papier, il aurait pu y avoir une belle rivalité entre trois des novilleros les plus intéressants de l’actualité. Mais malheureusement et malgré l’idée originale de confronter les deux fers de la famille Jalabert, celui de Juan Bautista, « La Golosina » et celui de son oncle Marc, « Jalabert », les toros n’ont pas permis aux novilleros de pouvoir vraiment s’exprimer. Plus nobles ceux de La Golosina, en particulier le second qui fut un bon novillo mais faible sur ses pattes, et manquants de fougue, de piquant, de bravoure ceux de Jalabert.

Malgré tout on a pu voir un novillero se distinguer : Tristan Barroso. Par sa conception de la tauromachie, sans doute influencée par son mentor Emilio de Justo, par la profondeur de certaines ses passes, par son engagement et son enthousiasme juvenil. Il y eut de beaux passages et s’il était parvenu à bien tuer, il serait sorti en triomphe.

Petite déception avec Jarocho, dont on attendait beaucoup après son triomphe madrilène. Quelconque devant son premier, trop frileux, s’il est vrai qu’il parvenait parfois à enchaîner les passes, son toreo était toujours à distance, avec trop de précautions. Il réussit à intéresser par moments son novillo de Jalabert mais sans trop d’écho sur les gradins.

Tomás Bastos aura laissé une meilleur impression au dernier de la novillada, où il s’est  montré tenace et a réussi à conecter avec le public lors des deux séries finales.

Signalons pour finir la très belle entrée, le « lleno » dans ces belles petites arènes girondines.

Gallerie Photos Bruno Lasnier

Le matin, novillada non piquée, et présentation en habit de lumières de Léo Pallatier, fils du peintre Loren. Très vert, il a quand même réussi à dessiner quelques naturelles de bon aloi. Plus intéressante a été la prestation du novillero de l’école de Badajoz, Julio Mendez, qui a déjà un certain bagage, une esthétique variée mais auquel il manque encore de l’engament, il faudrait qu’il s’arrime un peu plus. Novillos du fer français « La Espera », corrects de présentation, nobles mais faibles. Il y eut un tour de piste excessif au troisième et dernier novillo. 

Julio Mendez

Léo Pallatier

Texte Antonio Arévalo et photographies Bruno Lasnier

Sanlucar: bonheur sans mélange

Photo M Ruiz Berlanga

Plaza de toros de Sanlúcar de Barrameda, Cádiz. Corrida de Toros. Lleno.

Toros de Torrealta

ROCA REYdeux oreilles et oreille.

PABLO AGUADO, ovation et deux oreilles.

Photo M Ruiz Berlanga

GERMÁN VIDAL ‘EL MELLI’qui prenait l’alternative, ovation et deux oreilles.

Diego Ramón Jiménez au second et Francisco Javier Durán ‘Viruta’ au troisième

Le toro d’alternative s’appelait Brujito, n°45, 545 kilos né le 11/19.

La brise qui soufflait légère de la Marisma sur le coso du Pino plein comme une bonbonnière a inspiré les protagonistes du jour et le public subjugué a vibré sans couper les cheveux en quatre, dans sa simplicité populaire. Car ici nous sommes loin des ors de Séville ou du rigorisme de Madrid ; Sanlucar est une ville populaire et pauvre et son aficion est à son image : elle cherche la joie et la simplicité elle vit son aficion de génération en génération avec un enthousiasme bon enfant. De ce point de vue la corrida d’hier est une réussite de plus à mettre au crédit de Carmelo l’empresa de la plaza qui sait parfaitement ce qui plait à ses paisanos. Ne sommes-nous pas là pour donner du bonheur aux gens ?

Le lot de Torrealta bien présenté, lourd, trapu, bas de caisse et varié de capa –un beau jabonero sucio sorti en 4ème–  était commode de défenses. Il a été noble dans l’ensemble, parfois manquant de transmission et il a fait le job sous le cheval, le premier provoquant une chute de la pièce montée. Nous au pays de la mono pique rappelons-le. Le sixième fut le meilleur du lot : le plus allègre, humiliant et durant.

Photo M. Ruiz Berlanga

Très attendu, Roca Rey a marqué les esprits même les plus chagrins devront en convenir. Discret à la cape mise à part un quite spectaculaire, il attendit le premier Torrealta par muletazos por lo alto, donnés pieds joints. Dès la première charge le toro l’accrocha sèchement lui déchirant la taleguilla. Séché, se ressentant de ce coup violent le péruvien revint dans l’émotion générale pour construire un trasteo varié toujours engagé, donné avec lenteur et construit intelligemment de menos à màs. Une entier d’effet rapide et deux oreilles. A son second passage Andrés changea ses plans, toréant sur une ligne plus classique qui eut ses bons moments mais qui porta moins sur le public. Il tua comme un canon et obtint ainsi un nouveau trophée. Bonne journée du Péruvien à qui il faudra arrêter de chercher des poux sur la tête. Il plaît est-ce là un défaut ?

Pablo Aguado est chez lui dans ces arènes où il s’entraine tous les jours. On le vit peu à la cape qui est pourtant son point fort. Mais il se distingua dans ses deux faenas de muleta par son sens du temple avant toute chose, son bon goût, ses détails élégants. Son toreo est original en même temps il repose sur ce qu’il y a de meilleur dans la tauromachie andalouse : une recherche permanente de la fluidité, au détriment parfois de la construction d’un ensemble cohérent. Malheureux à la mort au premier il tua de 2/3 de lame en place le second et coupas deux oreilles (pour l’ensemble de son œuvre).

Alternative réussie pour German Vidal « El Melli » qui sans doute très tendu connut quelques désagréments avec le premier, le moins commode du lot. Du moins le jeune Sanluqueño aguanta les charges intempestives de l’opposant avec clame, montrant ainsi ses facultés. Il fut à la peine avec l’épée. On le retrouva totalement serein face au sixième excellent toro qu’il débuta genoux en terre avec brio. Faena marqué par un réel dominio du jeune matador qui conduisit bien les charges du meilleur de l’envoi de torrealta.

Une bonne entière d’effet rapide et deux oreilles accordées dans la ferveur du peuple de sanlucar qui après Paco Ojeda, Marismeño et Limeño et tant d’autres gloires possède désormais un nouveau matador de toros.

Pierre Vidal

PS Une pensée pour le banderillero Sanluqueño Eloy Hilario homme de confiance du Melli qui n’a pas pu toréer la corrida pour des raisons administratives.

Grenade : Perera et Ortega triomphent.

Plaza de toros de Grenade. Troisieme de la Feria de Corpus 2024. Plus d’une d’une 1/2 arène.

Toros de Álvaro Núñez pour

Miguel Angel Perera oreille, oreille

Alejandro Talavante saluts, oreille 

Juan Ortega oreille, oreille

Grenade fêtait ce soir le souvenir de Frédérico Garcia Lorca qui avait été annulé en 2023 pour cause d’élections. Morante de la Puebla qui devait être chef de lidia avait déclaré forfait soit disant pour un litige financier avec l’empresa. C’est Miguel Angel Perera qui le remplaçait.
Les toros d’Alvaro Nunez, du trapio conforme au Nunez del Cuvillo dont ils sont originaires, de poids léger (autour de 470 kg) ont eu un comportement inégal: les 3 premiers, distraits chargeant tout ce qui bougeait, mais avec une embestida hésitante et ne durant pas plus de 3 séries avant de se réserver. les 3 derniers meilleurs, plus allants notamment le 4.

Perera, en grand torero dominateur a remarquablement lidié ses deux toros avec un quite superbe au premier et des circulaires sur 720 degrés. A son second, qui avait plus de fixité, 2 grandes séries à droite et encore des circulaires dominatrices: du grand Perera. La demie épée sera retirée et une grande estocade couchera le toro sin puntilla. La présidente subira une bronca des généreuses arènes de Grenade pour n’avoir pas accordé la deuxième oreille.

Talavante à son premier touche un toro qui ne charge pas malgré une soseria apparente. La faena difficile se conclura par un échec à l’épée. A son second, très encasté qui charge tout ce qui bouge, Talavante le fixe dans la muleta et lui impose une faena malgré ses derrotes obtenant une oreille.

Ortega, touche son premier dont la sortie abanto avait laissé quelque espoir, mais qui se réserve après la 3 ème série. Il entame une faena par doblones de très bon goût et qui incitent le toro à humilier malgré ses derrotes. Grande estocade entière en place et oreille. A son second, pris en mains par une grande série de véroniques, et qui chargera successivement les deux picadors, il mène une faena efficace après les doblones d’entrée avant que le toro ne s’échappe vers le toril où l’estocade entière légèrement desprendida sera foudroyante. Nouvelle oreille pour le maestro.




Jean-Yves Blouin. Texte et photos

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