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JOURNÉE AU CAMPO AVEC LE CTN

Samedi 13 avril, le Centre de Tauromachie de Nîmes a organisé une fiesta campera à la ganaderia du Scamandre. Pour l occasion nous avions convié nos partenaires ainsi que nos amis du CT Palmas y Pitos avec son dynamique président, CHRISTOPHE DUMOND.

Au programme, en matinée 2 becerras pour nos élèves et le Novillero Albin, nous soulignerons les énormes progrès d Elias et les premiers pas d’Imran devant du bétail avec les précieux conseils du Maestro SOLALITO.

Après un repas pris en commun, retour autour de la placita du mas de Madame, pour la lidia complète d un toro de 5 ans pour SOLALITO.
Nous avons pu admirer la technique et l entrega de Solal, les aficionados présents se sont regalés du travail sans faille du Maestro.

Ensuite 2 novillos aussi en lidia complète pour le Novillero TOMAS GONZALES de Teruel, en préparation de son futur passage en piquée. En somme une très bonne journée sous le signe du toro.

Nous remercions chaleureusement le Maestro Solalito, le ganadero Olivier Riboulet pour l excellence de son bétail.

(communiqué)

Les “vaillants”

Photo JY Blouin

L’héroïsme, la mise en avant de son courage, comme il en a été hier, avec Manuel Escribano dans le coso du Baratillo de manière magnifique, c’est la base de la tauromachie, sa justification ultime. Le sacrifice gratuit d’une vie humaine ou de son intégrité physique accompagne ainsi celui d’un animal. Il y a là une sorte d’équivalence. Cette juste réparation (potentielle) fonde ce rituel dramatique qui n’a rien à voir avec une sorte de jeu ou de démonstration d’habileté.

L’opposition entre une bête féroce et la froide détermination d’un individu voilà ce qui justifie la tauromachie : cet art millénaire. Il n’y a pas d’activité plus humaine si on la considère du point de vue de l’Histoire de l’Humanité que cette confrontation.

Hier le sympathique torero de Gerena qui a eu tant de mal à s’imposer a fait une démonstration éclatante de cette vérité : la qualité première, essentielle, fondamentale du combattant c’est le courage. Arrive ce qui arrive faits ce que doits : c’est le Nec Plus Ultra. Les jeunes gens qui de plus en plus nombreux se lancent dans la carrière taurine ont-ils bien mesuré cette devise ultime ? Savent-ils ce qu’ils portent, ce qu’ils risquent ? Le formatage de ces écoles incline-t-il à cette acceptation du sacrifice ? Il y a une inclinaison dans le toreo moderne à l’esthétisme, au bon goût qui va à l’encontre de cette vérité et quand un homme comme Ecribano remet les pendules à l’heure le spectacle prend alors une dimension quasi mystique.

On les appelle les vaillants ; Escribano est en tête de cette cohorte de toreros, qui portent ces valeurs tous les dimanches parfois dans des arènes portatives, modestes, devant un public souvent festif et peu au fait des dangers qu’ils encourent. Je pense à Padilla, à Pepin Liria, à Lopez Chavez pour évoquer un passé récent. Les vaillants (ou vaillantasses) ce terme dépréciatif, inique est à bannir désormais du vocabulaire taurin, car les vaillants sont les courageux.

Pierre Vidal

Seville : héroïque Escribano

Photo J.Y Blouin

Je sors à l’instant de la real Maestranza de Séville et suis encore dans un état étrange de confusion et de peur mêlées.

Je ne sais plus trop que penser de ce que j’ai vu et vécu durant trois heures d’une tauromachie dirigée à la pointe des cornes des pupilles de  Victorino Martin. Le vieux sorcier de Galapagar a bien transmis ses sorcelleries taurines à son fils. Je vais essayer de te raconter cela sans trop entrer dans les détails  qui ne te feront aucun effet.  Qu’aurais tu à faire d’apprendre qua’u troisième toro il y a eu deux ou trois choses sur la corne droite et autant sur la gauche, alors que dès le départ l’atmosphère fut plombée par la blessure du chef de lidia, Manuel Escribano , magnifiquement vêtu de brun très sombre et or.  Ce torero habitué aux Miura et aux Victorino n’allait pas manquer à ses bonnes et courageuses manières : il est allé à la porte du toril recevoir son premier toro.

Photo J.Y Blouin

Sortie hésitante , passage sur le côté, deux , trois quatre lances et le bicho attrape le torero au cinquième passage de Sainte Véronique ! on peut craindre le pire, le maestro se relève , boitille, une cornada dans la jambe droite qui le conduit à l’infirmerie pour , pense t on un long moment.

Photo J.Y Blouin

Borja Jimenez  second de la terna de ce soir prend les outils, s’attaque au toro malfaisant et en tire un assez bon parti. Il salue.

En troisième la figura numero un va devoir affronter toute la soirée la froideur et les sifflets de quelques imbéciles incapables de voir la faena complète que le péruvien a offerte au quatrième, qui méritait une oreille et ne connut même pas une pétition. 

Au toro précédent Borja Jimenez  avait coupé, lui un pavillon bien gagné par deux grandes séries de naturelles lentes et dominatrices  enchainées par des droitières plus rapides sur la course du toro. Ne l’oublions pas, grand toro, grande faena, Borja Jimenez a la trempe d’une lidiador de grande valeur, une envie sans limite, et du courage à revendre.

Photo J.Y Blouin

L’ennui, vois tu, avec ce genre de corrida, c’est la peur qui nous étreint en permanence et le vice de la “mirada” de ces toros gris qui feraient peur aux plus braves.  Décidé à ne pas se laisser impressionner , alors même qu’il torée des Victorinos pour la première fois, Andrès ROCA REY va se taper (pardonne la trivialité du terme) le quatrième qui galope comme un fou, va planter ses pitons dans les planches, 535 kgs et 5ans de force brute.  Roca l’emmène au centre, aux pique  le toro met les reins.  Roca nous offre un quite superbe par chicuelinas ajustées et conclu par une demie de grand style.  Borja répond par un autre quite mais le bicho a vite compris et se retourne plus vite que prévu, danger..Brindis à J A Campuzano, et début d’une belle belle belle ( trois fois exprès! ) faena surtout par doblones très élégants et passes par le bas qui obligent le toro à humilier.  Exercice de dominio parfait  et grande épée. Une ovation sans suite, pas de pétition, et même quatre ou cinq imbéciles sifflent. Sont ils de Gerena? Quel motif les guident t ils ?  

Figure toi que le bruit  a couru , puis l’annonce en a été faite au micro : Escribano va sortir de l’infirmerie avec sa cornada de 10 cm dans la jambe , pour toreer le sixième.

Ambience, tumulte et applaudissements. Manuel revient, en chemise et gilet et demi pantalon coupé aux genoux. Devine ce qu’il fait le bougre ?  Il fait signe au torilero qu’il va aller attendre le fauve à la porte des chiqueros, comme au premier!

Et il y va, s’agenouille, ce beau spécimen fait son boulot de toro agressif et dnas sa petite tête de souris santa coloma brillent deux yeux à vous clouer sur place. Bonne réception au capote, deux paires de banderilles ( Manuel décline la troisième paire, douleur oblige) puis le brindis  à José Luis Moreno déclenche les larmes chez son ancien apoderado, du coup son voisin El Cid pleure aussi.. Tu vois , si la vie n’était pas réellement en jeu, cela tiendrait un peu du melo, mais non , l’heure est grave, pleine d’incertitude, le toro cherche les chevilles,  ce toro est collant se retourne en 1 seconde et Escribano ne peut pas courir.. La Faena sera courte, L’épée entière déclenche le tonnerre, fait perdre la raison a ce bon Fernandez Rey au palco qui sort les deux mouchoirs sans hésiter.

Olé, Roca rey?   qui est ce?  Borja Jimenez, ah oui  une oreille, Escribano : deux oreilles pour l’émotion et l’héroisme.

Tu vois Georges, ya des jours, je sais pas pourquoi, j’ai l’impressions de ne plus rien comprendre , ou alors de trop bien  comprendre.

Ton vieil ami,

Jean François Nevière

Pour mépoire : Escribano  brun soudanais et or, Borja Jimenez Pervenche et or, Roca Rey coq de roche et blanc nacré. 

Lleno de no hay billetes, grand beau temps.

Lanternes et vessies…

Il est toujours facile de dire: c’était mieux avant. Il y a quand même un fond de vérité dans ce regard nostalgique sur le passé. La Maestranza, temple adoré, référence mondiale du toreo, manque dans ce début de feria du sérieux qui l’honorait. Ce n’est pas Madrid mais tout de même nous sommes dans une arène de première catégorie et la présentation des corridas de Juan Pedro Domecq et Nuñez del Cuvillo, de jeudi et vendredi, lots pour vedettes, laissait à désirer. Sans doute va-t-on redresser la barre avec Victorino ce soir. A vaincre sans péril on triomphe sans gloire faut-il le rappeler.

L’absence de critères sérieux et surtout homogènes du palco laisse l’observateur perplexe. Ainsi cette seconde oreille avec par conséquent une Puerta del Principe à la clé; cédée à Luque après une fanea encimista et sans profondeur réelle. Je ne chicanerai pas les mérites du torero de Gerena, sa technique, son sens du spectacle et son aguante, mais ce triomphe valait-il celui de Perera durement acquis deux jours plus tôt ?

On me dira et c’est vrai, le public a fait une grosse pression pour cette double récompense. Justement le président décide de cette récompense suprême, il est là pour tempérer l’ardeur populaire. Il ne doit pas lui céder. Le public de la Maestranza a beaucoup changé. Il est composé de nombreux touristes et d’aficionados récents ; ce n’est le public savant et mesuré d’antan. C’est tant mieux d’un côté que l’arrivée de ces nouveaux venus. Qu’ils ne prennent pas cependant cependant les vessies pour des lanternes.

Pierre Vidal

Seville: Porte du Prince pour un Daniel Luque émouvant. 

Luque en triomphe (photo JY Blouin)

Real Maestranza de Sevilla, 6eme corrida d’abono. Temps beau et chaud, arènes pleines sauf une petite partie au soleil. Corrida de Nuñez del Cuvillo, moyennement présentée, de comportements variés. 

Mansos 3 sur 6 plus braves avec de la caste les  3,5 et 6ème. Poids moyen 520kgs, deux noirs, deux colorados, un melocoton et un jabonero. 

Diego Urdiales, de noir et or. Oreille et salut au tiers. 

Alejandro Talavante, de tabac et or. Oreille et salut au tiers. 

Daniel Luque de nazareno et or. Une oreille et deux oreilles, Puerta del Principe. 

Photo JY Blouin

Je vais encore me faire des amis en disant que l’oreille, au demeurant méritée du premier toro fade et sur la défensive qu’eut à lidier Urdiales, est une oreille sans grande catégorie, dûe à l’application du torero d’Arnedo et à sa grande estocade.  Public enchanté par la mécanique bien huilée , deux séries droitières identiques, une série de natuelles, et re série droitière en fin de faena. Sans beaucoup de variété, sans génie, mais c’était bien fait, sérieux, classique  et l’épée fut grande et en place, sin puntilla. OREILLE donc. 

Photo JY Blouin

A son second un colorado qui prend les deux piques règlementaires  il sera impossible au vétéran d’Arnedo de lier, ce fut passe après passe  une faena sans entrain, à toro presque parado. 

Un pinchazo et une entière fulminante, Salut au tiers. Rappelons que pour son premier toro, sur la défensive, le matador a su mettre en valeur les qualités qu’il avait au fond de lui et in fine, on vit  trois passes par le bas qui valaient un coup de chapeau. On entendit certains commentateurs parler de faenon… et puis quoi encore? 

Photo JY Blouin

Alejandro Talavante  est un très grand torero et quand il veut il le démontre! Ce qu’il fit ce soir avec son premier adversaire, un petit noir plus nerveux que le premier. 

Bonne réception par veronicas et un bon deuxième puyazo.  Il est à remarquer que les ordres avaient été donnés aux lanciers de ne pas épuiser les toros qui n’auraient pas supporté de piques appuyées. Daniel Luque alla au quite par chicuelinas très ajustées.  Javier Ambel posa une belle paire de banderilles sans pour autant  saluer… Ce deuxième toro sort seul de la pique et tombe, puis retombe aussitôt après la première paire de banderilles.  Faiblesse impardonnable dans une arène comme Séville, d’autant que les piques n’ont jamais été dures, plutôt des picotazos. 

Muleta en main Talavante montre qui il est , ce qu’il sait faire et surtout être, son toreo est ce qu’il cache dans son âme et non une copie de bon élève. Classe , inspiration, rythme, variété, la faena comme le toro vont a mas. Par-dessus le marché une superbe épée, OREILLE de grand poids. 

Photo JY Blouin

Au cinquième, noblesse oblige  Talavante reçoit ce toro melocoton par trois faroles  qui font monter le toro cornes très haut. Une telle réception au capote est assez rare pour être soulignée. Aux banderilles Alvaro Montes  est appelé à saluer. Et ce qui devait normalement se terminer par une récompense majeure commence: brindis au public, début aux medios à genoux, trois passes rematées par un pecho debout. Une grande partie de la faena se fera sur la corne gauche.

Photo J.Y Blouin

Hélas un pinchazo   remet tout en cause et l’épée entière mais trasera qui suit prive l’expremeño de l’oreille . Salut au tiers sous une grande ovation. 

Daniel LUQUE a fait se lever le public à de nombreuses reprises tant à son premier, un colorado assez vif et mobile. 

Urdiales va au quite  par chicuelinas approximatives, Luque lui répond par des  cordobinas affolantes, les gradins n’ont pas le temps de se refroidir tant que les derrières sont relevés. Grande paire d’Ivan Garcia qui doit saluer. 

Et le brindis de Daniel à son père malade absent des arènes où il l’a toujours accompagné:” papa, ce toro est pour toi puique que n’es pas là ce soir mais tu peux me voir…”. 

Photo JY Blouin

Le toro s’attarde un peu comme s’il avait envie de foncer mais se retenait pour plus tard.  Daniel Luque oblige cet animal à se livrer, et ici la musique démarre à juste titre, le chef  décide seul en grand aficionado! A Gauche les naturelles sont superbes mais le toro a de moins en moins de fond . Epée parfaitement placée, immédiate d’effet, sans puntilla, et OREILLE. 

Daniel Luque sait désormais qu’il aura le toro le plus clair , du moins par la couleur( jabonero) mais aussi par le caractère, trempé mais noble, qui dure et redemande du tissu sous son mufle baissé. 

Photo JY Blouin

Daniel  sait , pressent, sent que c’est maintenant ou jamais qu’il doit se jouer la vie. 

Ce toro s’appelle CONTENTO, feliz, heureux , comme nous tous qui avons vu jusqu’au bout une aventure risquée mais si belle. Il y a des desplante qui ont du sens. Et je vous assure que après des luquesinas impensables deux minutes avant l’épée jetée loin de lui, toréant dans 50 cm2, finir entre les cornes, une main empoigant la droite puis la lâchant et ouvrant la chaquetilla entre les deux pitons, si vous n’avez pas au choix, ou tout cela à la fois, admiration, chair de poule, frayeur ou contentement, c’est que vous ne devez pas vraiment aimer l’art de Cuchares. 

Photo J.Y Blouin

DEUX OREILLES, et son corollaire (total de trois) PORTE DU PRINCE  

Le brindis était pour nous tous : merci Daniel Luque, ce fut un grand soir ! 

Jean François NEVIERE 

PS: le président TERUEL qui avait refusé en se justifiant partiellement la vuelta au toro de Santiago Domecq avant hier a  su voir , même si l’épée du 6émé était un tantinet trasera, l’entrega totale du maestro de Gerena. ET en plus  la pétition de la deuxième n’était pas près de s’arrête 

SEVILLE, CORRIDA ATTENDUE. ESPOIRS PERDUS.

Photo J.Y Blouin


SEVILLE 3° corrida de la Feria d’avril. Arène pleine jusqu’au drapeau. Ciel azur. 28°.
6 toros de Juan Pedro Domecq, agés de quatre ans, infumables sauf le premier pour :


Jose Antonio Morante de la Puebla, rose et noir, cravate et ceinture bleues : 1 épée tombée, Ovation. Silence et sifflets au toro.


Jose Maria Manzanares, rubis et or : 1 épée, 1 descabello, Silence. 2 épées, 3 descabellos. Silence et sifflets au toro.


Pablo Aguado, rouge et or : 3 épées, Silence. 1 épée. Silence et sifflets au toro.
Salut du banderillero Curro Javier au premier toro.
Pas un brindis, pas une vuelta.
Jets de coussins de déception sur la piste à l’issue de la corrida.

Photo J.Y Blouin

Que dire d’une corrida si attendue à Séville lorsque les toros ne sont pas au rendez-vous ?
Morante, lui, a été présent au rendez-vous. Décidé, sortant de chez le coiffeur, souriant, il a fait du Morante au premier toro de l’après-midi, le seul toro permettant le succès. C’est-à-dire, tant à la cape qu’à la muleta, du toreo essentiel et inspiré, depuis les véroniques de réception jusqu’àu pecho final. Dommage qu’une épée trop tombée l’ait privé d’une oreille demandée par une partieminoritaire du public.

Photo J.Y Blouin

Manzanares, lui aussi était présent, comme on a pu le voir à la réception du deuxième toro par des
passes de cape dominatrices puis artistiques, mais aucun de ses deux toros ne lui permirent la
moindre option de triomphe.

Photo J.Y Blouin


Pablo Aguado, dans son jardin, était lui plus que présent avec un jeu de cape enthousiasmant à ses deux toros. Sept Véroniques de réception allurées, une demi templée merveilleuse, des chicuelinas marchées mains basses au troisième toro puis à nouveau des véroniques templées et une rebolera de gala au sixième. Une démonstration de chic andalou qui a elle seule méritait l’achat d’un billet.


Et puis rien de plus pour les faenas de muleta, les toros de Juan Pedro Domecq du jour étant mansos, fuyards, ennuyeux, distraits, sans race.
Le retour sur le sable des arènes du toro de quatre ans va-t-il nous faire regretter le toro de cinq ans post covid doté de caractère ?

EXIR

Seville  : Sensationnel Perera sortie par la puerta del Principe

Photo J.Y Blouin

Séville, jeudi 10 avril. Temps agréable, peu de vent. Une demie arène, public très clairsemé au soleil.

6 toros de El Parralejo, très bien présentés, dans le « tipo », tous très mobiles, nobles dans l’ensemble, le quatrième, « Oloroso », fut récompensé avec un tour de piste.

Miguel Angel Perera oreille et deux oreilles. Sortie par la Puerta del Principe.

Paco Ureña saluts après pétition et silence.

Borja Jiménez oreille et saluts.

Photo J.Y Blouin
Photo J.Y Blouin

Perera nous a ravis. Dès le départ, avec un toro mobile mais à la fois très exigeant, qui n’admettait pas la moindre erreur et où la muleta de Miguel Angel Perera fut d’une puissance redoutable, sans aucune hésitation, sans aucun accrochage. Du toreo avec du corps, captivant l’animal dans chaque muletazo : fascinant. Il coupa une seule oreille et aurait mérité les deux, qu’on lui aurait sans doute accordées à Madrid ou à Bilbao.

Mais il le fit au quatrième, dans une faena d’un autre registre, d’une douceur extrême. Initiée à genoux au centre de l’arène avec des passes longues et d’une lenteur sidérante. La faena fut du top niveau, soyeuse, profonde, au ralenti, surtout de la main droite, elle provoqua des frissons parmi les aficionados. Quel torero ! Espérons qu’on puisse le voir plus souvent en France, ce qui est plutôt rare ces derniers temps. 20 ans d’alternative cette année 2024 pour Perera et sa première sortie par la Porte du Prince. Soulignons également ses deux excellentes estocades et ses quites à la cape, en particulier un bref mais très beau par gaoneras.

Photo J.Y Blouin
Photo J.Y Blouin

Borja Jiménez coupa une oreille et il eut le public avec lui. Bonne prestation à son premier, un toro très noble où il séduisit les sévillans aussi bien à la cape qu’à la muleta. Son toreo est parfumé et vrai à la fois, avec beaucoup de « ligazón » et cette fraîcheur que l’on ressent en voyant les nouveaux talents. A l’épée, qui est son talon d’Achille, il se montra efficace, sans plus. Sa faena au dernier n’arriva pas à décoller. malgré quelques belles passes, dont une série pleine de « sentimento » de naturelles de face regorgeant de saveur et de toreria. 

Paco Ureña réussit une fort belle prestation à son premier qui passa inaperçue auprès du public. Bonne faena, avec du goût, surtout dans ses premières séries. Elle baissa d’intensité par la suite, mais elle remonta la pente par la suite avec un final exquis, le genou fléchi et par le bas. Conclue par une superbe estocade qui à elle seule méritait l’oreille. La pétition fut minoritaire, ce qui fut surprenant.

Peut-être déçu par l’attitude du public, la prestation d’Ureña au cinquième fut grise, sans âme, le toro lui aussi en manquait. Mais bon, l’important c’est ce triomphe de Perera, la plénitude qu’il a pu partager avec nous. Enhorabuena MAESTRO !

Antonio Arevalo

Peña taurine des Graves

Seville  : grande corrida de Santiago Domecq

On savait l’éleveur jérézano dans un grand moment, la corrida du jour de SEVILLE l’a confirmé. Si la Réal Maestranza n’avait pas fait le plein c’est quand même une belle assistance qui était venue pour cette troisième corrida d’abono de la féria sévillane.

Six toros de SANTIAGO DOMECQ, biens présentés d’un moral d’acier, forts, nobles et braves le cinquième pétition d indulto.

Jose GARRIDO une oreille et ovation après avis

David de MIRANDA salut après avis et deux oreilles

Leo VALADEZ silence et silence

Photo Jean-Yves BLOUIN
Photo Jean-Yves BLOUIN

Jose GARRIDO avait décidé d’entrer fort dans cette féria d’Avril et c’est à puerta gayola qu’il attend son premier toro qui s’avère rapidement un brave mettant la tête dans son capote. Si le tiers de pique est un peu désordonné la première se donnant dés la sortie du cheval en piste, il n’en reste pas moins que l’animal révèle ses qualités. GARRIDO est bien décidé à ne pas passer à côté. La faena est puissante et dominatrice mais aussi très artistique en longs muletazos sur les deux bords harmonieusement ourlés. Le public ne s’y trompe pas mais déguste avec une certaine fraîcheur. L’estocade en décomposant les temps est efficace et permet à GARRIDO de couper la première oreille, Le toro lui est applaudi à l’arastre.

Son deuxième adversaire est aussi brave que le premier mais probablement plus encasté et de ce fait beaucoup plus exigent. La faena fut en dessous de ce que méritait l’animal toréé peut être dans le mauvais terrain mais certainement comme il aurait fallu même si les séries à gauche furent de qualité. L’estocade après avis laissa Garrido sans le deuxième trophées que pourtant l’animal aurait pu lui offrir.

Photo Jean-Yves BLOUIN
Photo Jean-Yves BLOUIN
Photo Jean-Yves BLOUIN

David de MIRANDA faisait sa présentation en temps que matador de toros dans la plaza sévillane, une opportunité à côté de laquelle il ne faut pas passer. Son premier offre toutes les qualités nécessaires pour un un triomphe. La faena est enlevée d’une grand sobriété mais emplie de profondeur souvent dans un terrain réduit malgré la force de l’animal qui comme tous ses congénères de ce soir mourra la bouche fermée. David de MIRANDA canalise parfaitement la fougue de son toro qui jamais ne touche la toile tout en l’effleurant. L’estocade est d’école sans son exécution mais contraire et donc peu efficace et au descabello l’affaire est ardue. De MIRANDA se contentera d’un salut alors qu’il tenait l’oreille au bout de son épée .

Son deuxième Santi Domecq est un tio, certainement le meilleur de cette tarde importante. Il a tout ce que l’on attend d’un toro de combat, bravoure noblesse caste et présence en piste. Ce coup ci David de MIRANDA ne passera pas à côté. Jamais le toro ne se lassera de charger une muleta tenue la main basse avec une ferme douceur. Une faena toute en profondeur et en sincérité qui fait monter la pétition d’indulto mais la présidence ne cède pas. La « Sevilla » n’est pas un quelconque pueblo d’Andalousie : ici on ne brade pas. Malgré un pinchazo il coupe les deux pavillons.

Leo VALADEZ lui restera en demi-teinte. Il faisait lui aussi sa présentation ici en temps que matador mais son alternative est peut être encore une peu fraîche pour venir à bout des grands toros qui lui étaient opposés. Son passage ne marquera pas l’histoire et ses deux ouvrages finiront dans un silence respectueux.

J.DUPIN

Ce week-end dans les arènes

Arènes de Ricla (Saragosse). Trois quarts d’entrées; toros de Toros de la Plata,

  • JUAN MORA, deux oreilles.
  • PABLO AGUADO, deux oreilles.
  • TOMÁS RUFO, deux oreilles et une queue.
  • le torero CRISTIANO TORRES, deux oreilles et une queue.
  • AARON PALACIO, deux oreilles et queue

Bocairent, Castellón – Novillos de Polo Saiz pour
Marco Pérez ; oreille, oreille et deux oreilles

Bruno Gimeno ; oreille, deux oreilles et deux oreilles et queue.

Valdepeñas toros Rocío de la Cámara et Cortijo de la Sierra, les meilleurs quatrième et cinquième.
Aaron Infantes , oreille après avertissement et deux oreilles

Javier Zulueta , oreille et deux oreilles

Texcoco Mexique toros de San Marcos et Vistahermosa (7ème, cadeau), bien présentés. Applaudissements pour le deuxième taureau et traînée lente au septième.

Emiliano Gamero , vuelta après deux avertissements et oreille
; Cuauhtémoc Ayala , applaudissements après deux avertissements, et vuelta et appaudissements pour le toro de regalo ;

Fauro Aloi , de retour après deux avertissements et vuelta.

Hopelchén (Campeche, Mexique)

Première de la féria. Plein. Taureaux de Puerta Grande.

Ernesto Javier « Calita » , oreille et deux oreilles ;

Alejandro Lima “El Mojito”, silence après deux avertissements et silence.

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