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Décès de Dominique Lapierre

Nous avons appris de décès du grand journaliste écrivain, Dominique Lapierre auteur entre autres bests sellers géniaux de “Ou tu porteras mon deuil” avec Larry Collins et le soutien actif du grand éditeur Robert Laffont qui a cru tout de suite au projet. Il s’agit du livre taurin le plus lu au monde. C’est aussi son premier succès littéraire qui eut un retentissement mondial. Sans doute il aura beaucoup fait pour bâtir la légende du quatrième Calife de Cordoue “El Cordobes”, le torero le plus populaire de l’Histoire avec Manolete.

C’est un récit vif, inscrit dans la réalité de la dictature Franquiste, qui saisit bien l’âme tourmentée de Manolo, jeune homme pauvre, tenaillé par la faim, révolté par l’iniquité d’un système injuste et prêt à tout pour en sortir. C’est un livre qui a contribué à la popularité de la corrida et à son ouverture sur le monde. Manuel Diaz qui avait bien compris les objectifs des deux journalistes, néophytes pourtant au début de leurs investigations, avait su batir avec eux des relations de confiance, intimes qui sont à la base de la qualité exceptionnelle de ce récit.

Dominique Lapierre que j’ai eu le privilège de rencontrer à plusieurs reprises était un homme simple et affable, qui ne méprisait pas les débutants et qui parlait de son expérience tauromachique avec facilité et fierté. Il mit plusieurs années de travail acharné pour aboutir à écrire son ouvrage qui se vendra à plusieurs millions d’exemplaire sur toute la planète. Il eut longtemps des contacts directs avec Manolo qu’il appelait facilement sur son téléphone portable. A-t-il gardé des liens avec le monde des toros ? Je ne peux y répondre bien que je ne l’ai jamais rencontré dans ce cadre. Il conservait en tout cas de cette expérience professionnel de très bons souvenirs.

Dominique Lapierre était aussi un philanthrope auteur notamment de la “Cité de la joie”. Selon le Figaro: “En 2005, l’auteur se félicitait du fait que, grâce à ses droits d’auteur, des dons de lecteurs et les gains de conférences prononcées dans le monde entier, son action humanitaire «avait permis de guérir en 24 ans un million de tuberculeux, soigner 9000 enfants lépreux, construire 540 puits d’eau potable et armer quatre bateaux hôpitaux sur le delta du Gange en Inde».

Pierre Vidal

Calvillo (Mexique), Luis David obtient la grace de “Calvillense”

Calvillo, Ags.- Lienzo charro “Mariano Ramos”. Pemière corrida de feria. 1/2 entrée.

Six toros de Fernando de la Mora,  Luis David indulta le 3ème toro de nom “Calvillense”.

Le rejoneador Emiliano Gamero: Ovation et ovation après trois avis.

Gerardo Adame: Oreille et ovation.

Luis David: Indulto et ovation

 Emiliano Gamero est tombé de cheval lors de la lidia du second toro de son lot, il s’est planté une banderille dans la cuisse droite. Malgré la blessure il est revenu pour combattre son toro et il a entendu les trois avis.

Au Mexique ce week-end

Xmatkuil (Mérida) Yuc.- Plaza “La Esperanza”. Deuxième course de la féria. Trois quarts d’entrée parun agréable après-midi. Quatre taureaux Fernando Lomelí, bien présentés et avec peu de jeu en général. Poids : 490, 505, 520 et 500 kilos.

Antonio García “El Chihuahua”: Silence et oreille.
Jesús Enrique Colombo : Ovation et ovation après avertissement.

Guadalajara, Jal.- Plaza “Nuevo Progreso”. Cinquième et dernière de la saison. Entrée moyenne par un après-midi agréable. Deux taureaux de La Venta del Refugio pour rejones (1er et 4e) et cinq de San Constantino (7e en cadeau), bien présentés, le 7., ce dernier récompensé par une traînée lente après une forte demande de grâce qui n’a pas été accordée. Poids : 465, 505, 500, 510, 505, 490 et 500 kilos.
Le rejoneador Diego Ventura : Ovation et ovation.

Arturo Macias et le ganadero en triomphe (photo EM)

Arturo Macías (mauve et or): Oreille, ovation et deux oreilles au toro de regalo.

Diego San Román (bleu paon et or) : Ovation et oreille.

Guadalajara, Jal.- Cortijo “Los Fernández”. Fête taurine pour les 25 ans de l’hacienda. Trois quarts d’entrée par un agréable après-midi.

Novillos de différents élevages par ordre d’apparition : San Isidro, Chinampas, San Constantino, San Isidro Paviche et Lalo Santa Cruz (6e, en cadeau) de comportement varié parmi lesquels le 2e s’est démarqué. il a beneficié une traînée lente.

José Antonio Ramírez “El Capitán”: Oreille.
Antonio Ferrera : Deux oreilles.
Léo Valadez : Ovation.

Héctor Gutiérrez : Ovation et ovation au toro de regalo.

.San Luis Potosí, SLP.- Plaza “El Paseo-Fermín Rivera”. Corrida 1 tiers d ‘entrée, l’agréable soitée. Sept taureaux colorados (7e, en cadeau), bien présentés, vec un jeu varié, dont le 4e s’est démarqué. et 5e., celui-ci a béneficié d’ une traînée lente.
Jorge Hernández Gárate : Ovation et deux oreilles.
Diego Ventura : Ovation et deux oreilles.
Fauro Aloi : Retour, ovation et oreille en cadeau

La (belle) vie continue à Saint-Laurent d’Aigouze

Festival Tore’Art entretenu pour le baisser de rideau de la temporada 2022…

Beau temps pour la saison, arènes pleines. Trois novillos de Gallon frères puis deux de Fernay.

La course a été précédée par une minute de silence en hommage à Xavier Guillot, du domaine et la manade de Méjanes, récemment décédé.

Javier Conde : saluts.

Octavio Chacón : deux oreilles.

Carlos Olsina : oreille.

Lalo de María : deux oreilles.

Joachim Cadenas : deux oreilles.

Ce que l’on retiendra en premier lieu de ce festival, c’est l’excellent état d’esprit qui l’a animé, les aficionados étant venus en nombre pour passer un moment d’aficion festif, histoire de savourer au grand air le ballon d’oxygène salutaire venu récemment de la capitale…

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Javier Conde a ouvert le bal, sans danser avec la plus belle. Certainement trop piqué, son novillo eut plus tard du mal à s’employer, la faena brindée à Romain Pérez tardant dès lors à prendre de la hauteur. Quelques pinceladas de bon goût toutefois, avant que Javier ne passe le témoin à un jeune Malagueño, Fran Jérez, venu dans ses bagages. 

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Octavio Chacón s’illustra au capote avant de faire préserver son opposant à la pique. Bien lui en a pris et après un début par le haut, plusieurs tandas bien liées et ajustées lui ont valu l’assentiment des gradins. La suite s’avéra plus encimista, Octavio concluant l’affaire par entière. Double récompense méritée et chaleureusement fêtée.

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Carlos Olsina se distingua au capote avant de faire peu piquer à son tour son adversaire. Bonnes séries conclues par un sympathique geste de compañerismo envers Javier Conde, le Biterrois l’invitant à prendre le relais, ce qu’il a fait dans son style si personnel, en étalant une race torera qui le caractérise. Carlos répliqua ensuite en terminant de bien belle façon par un superbe remate avec… son sombrero ! Conclusion en deux envois.

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Lalo de María se signala d’emblée, face à son Fernay, par son allure et son style si personnels, se faisant ovationner à la muleta pour une gestuelle et une entrega générant une bonne connexion avec les étagères. Une sortie réussie sous les yeux de son mentor José Antonio Campuzano avec à la clé deux trophées mérités.

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Joachim Cadenas a fermé la marche avec succès. Cet as du crochet s’était déjà fait connaitre l’an dernier au même endroit et une nouvelle fois, il s’en est sorti avec les honneurs, mettant beaucoup de conviction dans ce qu’il entreprenait, y compris aux banderilles qu’il partagea avec Chacón et Lalo. Quelques bonnes séquences avec la flanelle sont venues mettre fin à cette tarde, non sans que l’aspirant du CFT Clovis Germain ait eu l’occasion d’étaler son envie et son savoir-faire avant le coup de sifflet final ! 

Enhorabuena à tous les participants, aux organisateurs, à commencer par José Gomez et à tous ceux qui par leur implication à divers titres, ont contribué au succès de l’opération…

Paul Hermé www.torofiesta.com

Voir la vidéo de Feria TV :

https://feria.tv/video/4231/toreart-2022/?fbclid=IwAR3Z6fz5I23kv6Na6n2qyJihjUzy2t6NNrgOH4Xy2pUBHs20hvgps_CCusY

Niebla: FIN DE SAISON DES NOVILLADAS NON PIQUEES EN ANDALOUSIE



Niebla dimanche plus de ½ arène.

Erales de COUTO DE FOURNILHO et le dernier de SANTA TERESA bien présentés dans l’ensemble, excellents les premier et cinquièmes plus compliqués les autres
pour :

Gonzalo CAPDEVILLA de l’école taurine la Galosina du PUERTO DE SANTA MARIA vert et or, une oreille

Julio ROMERO école taurine d’ECIJA vieux rose et or, deux oreilles

MOLI DE RONDA école taurine de RONDA gris et azabache ,silence

EL CUMBRENO école taurine de SAN FERNANDO rouge et or, deux oreilles

Enrique TORO école taurine de HUELVA bleu marie et or, deux oreilles

Ortiz MONTES école taurine d’ECIJA bleu ciel et or, une oreille


Cette année plus que jamais la gouvernement Andalou, par l’intermédiaire de la Chaîne régionale CANAL SUR , a promu la novillada sans picador. Les présentateurs vedettes Enrique ROMERO  et le maestro RUIS MIGUEL  étaient encore de service en cette fraîche soirée de fin novembre pour commenter un spectacle que d’aucuns appellent mineur et qui pourtant est essentiel pour l’avenir de la tauromachie.

Les coquettes arènes de NIEBLA servirent de cadre à cet ultime spectacle.

Le premier eral de COUTO de FOURNILHO, élevage portugais d’encaste Conde de la Corte et Atanasio Fernandez, charge et répète sans relâche dans le capote de Gonzalo CAPDEVILLA qui cependant se fait un peu accrocher ayant semble-t-il du mal à s’adapter à la fougue de l’animal le quite de Julio Romero est conclu d’une magistrale demi et dans sa réplique par chicuelina terminée d’une serpentina Gonzalo trouve la mesure de son adversaire. Il brinde à RUIZ MIGUEL et entame sa faena par le haut le novillo montre toutes ses qualités, les enchainements de circulaire ne font qu’une seule passe avec temple. Noblesse et bravoure sont au rendez-vous. L’animal ne semble pas vouloir arrêter sa charge, et sa fougue fait paraitre le novillero un peu brouillon. La mise à mort sera compliquée une entière doit être retirée après un avis un pinchazo et une deuxième entière ne suffirent pas non plus à faire fléchir l’animal deux descabellos infructueux plus loin le brave se décide enfin à plier les genoux ; une oreille généreuse suite à une pétition minoritaire et à la lenteur de l’arrivée des mules.

Julio ROMERO avait montré dans son quite au précédent son envie de bien faire. Il poursuit au capote avec son toro qu’il accueille par une larga de rodillas puis il le mène au centre par véroniques. Le MOLI DE RONDA donne un quite varié par chicuelinas et tafaleras terminé n’une serpentine. Julio brinde à la chaîne de télé en remerciement de l’appui fait au novilleros. Son toro n’a pas la classe du précédent mais permet un bon toreo des deux mains. Peu à peu les passes ne peuvent plus s’enchaîner qu’une à une et le novillero apparait bien au-dessus de son adversaire. Avant la mise en suerte de mort il enroule trois manoletinas volées à son novillo en bout de course. La mise à mort se fait en deux temps un pinchazo et une entière fulminante. Deux oreilles viennent justement récompenser le jeune homme.

Moli DE RONDA a un peu raté sa dernière sortie de la saison, certes son opposant fut le plus compliqué du lot pour ne pas dire franchement manso. Distrait par le moindre mouvement dans les tendidos farouchement attiré par les planches il avait décidé de compliquer la tâche au jeune rondeno. Poutant à force de volonté Moli réussit à l’intéresser un peu à la flanelle et à tirer quelques passes méritoires. On a même cru à un moment qu’il pourrait triompher, las la mise en suerte de mort fut plus que laborieuse la distraction et le mansedumbre de l’animal n’y état pas pour rien. Un avis une série de pinchazo et deux descabellos on put dans le silence passer à autre chose.

El CUMBRENO ouvre les débats au capote menant son adversaire au centre par véroniques gagnant du terrain à chaque passe. Son début de faena par le haut puis une première série à droite laisse augurer d’un bon moment et nous ne sommes pas déçus. El CUMBRENO  résout un à un tous les problèmes posés par son adversaire et offre une faena agréable sur les deux bords conclue d’une entière desprendida au premier essai le tout récompensé de deux oreilles.

Enrique TORO  joue à domicile,  il est bien décidé à ne pas s’en laisser compter. Son adversaire est le plus sérieux du lot, bien fait en ATANASIO FERNANDEZ avec une large envergure de tête. Le jeune de HUELVA qui porte dans le dos de sa jaqueta les armes de sa ville ouvre par une série de véroniques templées. A la muleta il entame par des passes par le bas. Son adversaire à de la classe, si certes ses charges ne sont pas aussi  longues que celles de son frère sorti en premier sa noblesse ne fait aucun doute. Enrique en profite et lui offre des séries templées. Il déroule un toreo classique d’une grande pureté. Il exploite à souhait les deux cornes de l’animal aussi bonnes l’une que l’autre ; son œuvre porte sur les tendidos qui se réchauffent dans la nuit andalouse un peu frisquette. Pour conclure son épilogue par manoletina conclues d’un immense pecho soulève l’enthousiasme qui ne retombera pas malgré une conclusion aux aciers que l’on eut souhaitée meilleure. Enrique coupe deux oreilles et s’ouvre lui aussi la grande porte.

ORTIZ MONTEZ  est bien vert et demain matin il comptera ses tumades comme on dit dans le monde de la course landaise. Son adversaire était bien trop compliqué pour lui il se fait accrocher et renverser à plusieures reprises, mais ne manque pas de courage et revient toujours au combat. La mise à mort est difficile et gageons que l’oreille qui lui fût accordée participera à panser ses douleurs.

En résumé pour le coup je pense que c’est bien la dernière de cette longue et passionnante saison andalouse nous allons entrer dans celle des festivals et des tientas publiques mais aussi des ces soirées ou nous referons sinon le monde, du moins toutes ces tarde d’une riche temporada.

Jean Dupin

Midi Libre: “Caron l’arnaqueur citoyen”

Dans son “Poivre & Sel” dominical, le directeur de la rédaction de Midi Libre Olivier Biscaye s’interroge sur les intentions parlementaires du député LFI Aymeric Caron au lendemain de sa pantalonnade sur la corrida.  

“Si la bouffonnerie avait un prénom, elle porterait celui d’Aymeric. Si la non-exemplarité avait un nom, elle s’appellerait Caron. Oui, c’est ça, l’escroquerie en politique aurait pour définition Aymeric Caron, député LFI de son état et arnaqueur citoyen.

L’élu des plateaux télé s’est vautré dans le mépris

On a une pensée émue pour toutes celles et tous ceux qui ont imaginé un instant pouvoir lui faire confiance, en particulier ses collègues parlementaires investis sur le dossier de bonne foi. Dans son combat contre la corrida, l’élu des plateaux télé s’est vautré dans le mépris, laissant en rase campagne des milliers de bénévoles et d’associations mobilisés sur le terrain. Quoi qu’on en pense, c’est moche.

Député-spectacle en buzz permanent

” Quand on a décidé d’aller au combat on y va jusqu’au bout, quoi qu’il arrive “. C’est pas moi qui le dis mais Claire Starozinski, la présidente de l’Alliance anticorrida, Gardoise de cœur, aussi consternée que déçue après le retrait du texte porté par Caron à l’Assemblée nationale, prétextant l’obstruction de ses opposants.

Cette pantalonnade nous surprendrait-elle ? Pas le moins du monde ! Elle illustre bien la dérive à laquelle nous assistons depuis des mois maintenant, une Assemblée où l’on préfère les clowneries et l’invective aux échanges de fond et au respect de la parole donnée.

Aymeric Caron est l’archétype du député-spectacle en buzz permanent. Il fait du bruit, s’agite mais ne produit rien de sérieux. La cause défendue ? Un faire-valoir ? Les électeurs ? Un prétexte. Et l’honnêteté dans tout cela ? A géométrie variable. Résultat ? Détestable”. 

MIDI LIBRE

Jean-François Nevière : “Un combat contre l’art”

Photo Sud-Ouest

C’est fait, disent-ils, la corrida est sauvée.

Ah bon? La reculade minable et sournoise de l’antispéciste Caron( Caron de Bon marché comme on dit à Séville, où on se barbe moins qu’ici!)ne nous met pas à l’abri de tous ces soi-disant débats pour ou contre la corrida et le dernier exemple en date,  et non le moindre, est l’émission de Cyril Hanouna voici trois jours à laquelle étaient conviés deux”pour”, Yannis Ezziadi, journaliste à Causeur et Marc Serrano  matador , opposés à la militante animaliste Solveig Halloin.

De débat il n’y eut point. La dame en question s’était barbouillé la main et l’avant bras qu’elle tint au dessus de sa tête , doigts dressés comme des cornes , hurlant sans discontinuer pendant un bon quart d’heure, empêchant ses ‘interlocuteurs de placer la moindre phrase tant la logorrhée de l’animaliste , son irrespect et sa haine occultaient tout débat.

Mais  si ce n’avait été que cela.  Ce fut plus grave , beaucoup plus.

Marc Serrano finit , de guerre lasse par quitter le plateau .La donzelle hurla de plus belle que Philippe Caubère qui défend la corrida est un violeur qui( sic) se branle devant la SHOA des animaux( sic)qu’il faut d’urgence descendre dans les arène pour tuer les toreros, leur arracher les oreilles et la queue( sic), égorger deux qui assassinent les petits veaux(sic..,?).

J’arrète là. Le buzz n’a pu que satisfaire le sieur Hanouna, mais les choses peuvent elles en rester là ? Accusations de viol, appel au meurtre, diffamations en tout genre…cette femme , qu’elle soit folle ou non ne peut continuer impunément son cirque. Caron, Solveig Halloin, et tant d’autres  livrent le même combat contre l’art.

A Montherlant qui parlait du culte mithraique à propos de son évolution vers la corrida espagnole, quelqu’un interrogea: Vous avez dit mithraique, qu’est ce que c’est ? Alors l’écrivain expliqua qui était Mithra, et l’autre de lui répondre“: c’est trop vieux, on s’en fout“. Et Montherlant de répondre “vous avez bien raison vous vous sentez plus léger en ne sachant rien”.

Je suis aficionado a los toros, de plus en plus, et fier de l’être.

Jean François Nevière

Président de Mexico Aztecas y Toros

le 26 11 2022

L’ éclairage esentiel du philosophe Jean-Claude Michéa sur “l’affaire Caron”.

Le philosophe Jean-Claude Michéa, landais d’adoption, qui compte des lecteurs fervents parmi la jeunesse, et qui apparaît rarement dans les médias vient de donner au Figaro un interview essentiel pour comprendre ce qui vient de se passer avec l’épisode Caron. Il s’agit de notre point de vue d’une des analyses les plus pertinentes de ces récents événements bien qu’elle soit passée un peu inaperçue qui nous a été signalée par un ami fidèle. Pour que l’on ne risque pas de “passer à côté” nous la reproduisons ici:

PROPOS RECUEILLIS PAR eugénie bastié

LE FIGARO. – Cette semaine ont eu lieu d’intenses débats sur la corrida après l’inscription à l’ordre du jour d’une proposition de loi du député LFI Aymeric Caron – finalement retirée -visant à l’interdire. Vous vivez dans les Landes, pays de tauromachie… Que vous ont inspiré ces débats ?

Jean-Claude MICHÉA. – Ayant passé l’essentiel de ma vie à Montpellier (les choses auraient sans doute été différentes si j’étais né à Nîmes ou Béziers), l’univers de la corrida – et, d’une façon générale, celui de la culture taurine – m’est, au départ, tout à fait étranger. Même si, bien sûr, l’incroyable étroitesse d’esprit dont font preuve la plupart des opposants à la corrida (de même que leur sidérante indifférence à l’histoire et à l’anthropologie) me frappait déjà à l’époque. Vous aurez certainement remarqué, en effet, que si l’aficionado tient généralement à rappeler qu’il comprend parfaitement, pour sa part, qu’on puisse détester la corrida, la réciproque, en revanche, ne peut jamais être vraie. C’est qu’un (ou une) « anti-corrida » vit précisément toujours, par définition, son propre refus de chercher à comprendre qu’on puisse trouver la moindre valeur à un spectacle aussi « barbare », comme un signe supplémentaire de sa supériorité morale et humaine. Attitude typiquement néocoloniale, en somme, et contre laquelle Lévi-Strauss nous avait pourtant mis en garde dans Race et histoire : « Le barbare, y observait-il (Montaigne disait d’ailleurs la même chose quatre siècles plus tôt), c’est d’abord l’homme qui croit à la barbarie. »

Que répondez-vous à ceux qui affirment que la corrida est tout simplement un acte de torture ?

Que c’est bien sûr une absurdité ! Un torero risque sa vie (ou du moins de graves blessures) chaque fois qu’il affronte un taureau de combat. Klaus Barbie, lui, ne risquait rien chaque fois qu’il torturait Jean Moulin ! Et si on cherchait l’exemple d’une mort particulièrement atroce infligée à une bête incapable de se défendre, on devrait plutôt songer, au passage, aux milliers de brebis égorgées chaque année par ces loups que les amis d’Aymeric Caron semblent pourtant prendre le plus grand plaisir à réintroduire auprès des derniers bergers. Notre village célébrant chaque été le passage de la transhumance, c’est là un type de « souffrance animale » auquel je suis forcément très sensible !

La volonté d’abolir la corrida ne va-t-elle pas dans le sens de l’histoire, celle d’une proximité plus grande avec la souffrance animale ?

J’avoue ne pas trop savoir ce que signifie le « sens de l’histoire » (sauf à le confondre avec les progrès planétaires de la logique libérale et du capitalisme !). Et quand, par ailleurs, vous vivez quotidiennement comme c’est maintenant mon cas depuis maintenant plus de six ans – entouré de renards tournant sans cesse autour de vos poules et de vos canards ou de sangliers qui menacent en permanence vos cultures et vos chiens, vous apprenez très vite à ne plus vous en remettre à la vision Walt Disney (autrement dit métropolitaine) de l’animalité. C’est que la mort animale est ici une réalité quotidienne, le plus souvent causée, d’ailleurs, par d’autres animaux (et parfois même de la même espèce). Le problème est que c’est aussi une réalité à laquelle les habitants des grandes métropoles sont devenus presque structurellement étrangers. Dans leur monde aseptisé, simplifié, et coupé de tout lien véritable avec la nature, la mort (y compris celle des humains) se voit en effet méthodiquement tenue à distance, la société « inclusive » (synonyme aujourd’hui de libéralisme intégral) devant désormais être conçue – sur le modèle des campus de l’Amérique woke – comme un immense safe space (ou un immense parc Disney).

Vous avez souvent écrit que le « progressisme » sociétal contribuait à la destruction des cultures populaires, faisant, in fine, le jeu du capitalisme. Est-ce là aussi le cas ?

C’est bien la clé ultime de tout ce psychodrame. Le grand historien marxiste anglais E. P. Thompson a effectivement mis en lumière – comme d’ailleurs Gramsci avant lui – le rôle absolument déterminant que jouent la plupart des traditions populaires dans la résistance des « gens ordinaires » à l’uniformisation capitaliste de leur vie quotidienne par le Droit et le Marché. Et, de fait, dès que vous commencez à vivre dans les Landes, vous découvrez très vite que la corrida – au même titre que la chasse à la palombe ou le rugby – contribue en effet de façon décisive à maintenir et protéger cette sociabilité populaire (notamment dans les communes rurales) qui repose encore de façon massive sur les rapports d’entraide et la logique du don (ou, si on préfère le langage orwellien, sur la commondecency). Il suffit d’ailleurs de participer chaque année aux fêtes de la Madeleine de Mont-de-Marsan (ou, plus simplement encore, à n’importe quel repas organisé par le foyer rural) pour s’en rendre compte sur le champ. Mais c’est, ici encore, une réalité dont les habitants des grandes métropoles ont généralement perdu jusqu’au souvenir, au point que leurs « sociologues » de métier ont sincèrement fini par croire qu’elle a partout totalement disparu d’où, entre autres, leur mépris moutonnier à l’endroit des travaux de Christophe Guilluy (géographe révélé au grand public par ses livres sur la France périphérique, NDLR). L’actuelle croisade de classe contre la corrida – dont le pauvre Aymeric Caron n’est que l’idiot utile (un rôle dans lequel, cela dit, il est toujours parfait !) ne peut donc être entièrement comprise que si on la réinscrit d’abord dans un projet politique beaucoup plus général : celui d’éradiquer définitivement tous les obstacles culturels (au premier rang desquels, naturellement, la plupart des traditions populaires encore vivantes) au développement sans réplique (ou « sans la moindre limite morale ou naturelle », comme l’écrivait Marx) du Marché « autorégulé » et uniformisateur. Il ne faut donc pas se leurrer. Cette offensive en règle contre la corrida n’est en réalité que la première étape – ou le galop d’essai – d’un processus « néolibéral » visant à « déconstruire », à terme, toutes les formes d’autonomie et de culture populaire. Il n’est donc pas nécessaire d’être soi-même un amoureux de la corrida pour comprendre tout ce qui est en jeu dans cette croisade de classes.

Faut-il voir dans cette volonté d’abolir la corrida un symptôme du clivage profond entre France des métropoles et France périphérique ?

Sans aucun doute ! Il faut bien comprendre, en effet, que la révolte des « gilets jaunes » a montré aux élites dirigeantes françaises – qu’elles soient économiques, politiques ou « culturelles » – le danger mortel que représentait pour leur système de privilèges une révolte populaire dont le point de départ géographique ne serait plus le monde métropolitain (à l’image de l’inoffensif Nuit debout) mais bel et bien la « France périphérique » (celle des « ronds-points »). Or, la corrida constituant pour des raisons historiques évidentes une tradition essentiellement sudiste, ces élites tenaient donc là une occasion rêvée de diviser les classes populaires de cette France périphérique en exploitant cyniquement les différences culturelles qui existent inévitablement entre les classes populaires du « Nord » – par définition entièrement ignorantes de tout ce qui se joue réellement dans une corrida – et celles du « Sud ». De la même façon, en somme, qu’elles n’hésitent jamais à instrumentaliser les différences hommes-femmes, « Blancs »-« racisés » ou même générationnelles dans le but d’« invisibiliser » les antagonismes de classe réels sur lesquels repose la société capitaliste.

Que dit cette nouvelle « conquête » sociétale de l’évolution de la gauche ?

Elle en dit assurément très long sur le processus d’américanisation culturelle de la gauche française. Et notamment de LFI, passée en quelques années de la ligne de Front populaire incarnée par François Ruffin à celle libérale-woke (que symbolisent désormais Aymeric Caron et Mathilde Panot). Le recours croissant de LFI à une rhétorique « gauchiste » à l’ancienne ne doit donc pas nous induire en erreur. Elle est essentiellement destinée à masquer, en réalité, le ralliement effectif de cette formation à la stratégie que définissait en 2011 la célèbre note de Terra Nova. C’est-à-dire au principe d’une alliance privilégiée entre les nouvelles classes moyennes des grands centres métropolitains et les différentes « minorités » sexuelles, ethniques ou autres. Il est clair que ni la corrida ni la France populaire périphérique dans son ensemble ne sauraient avoir de véritable place dans cette alliance netflixienne (et logiquement contradictoire) entre le burkini et la trottinette électrique ! ■

* Dernier ouvrage paru : « Le Loup dans la bergerie. Droit, libéralisme et vie commune » (Flammarion)

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Les éleveurs de toros: “restons mobilisés”

Communiqué de Presse
A l’occasion du débat prévu hier à l’Assemblée Nationale dans le cadre de la proposition de loi déposée par le député de la 18ième circonscription de Paris, M. Aymeric CARON, visant à interdire la corrida en France, le président Virgile ALEXANDRE, mais aussi Madame Dominique CUILLE et Monsieur Mathieu
VANGELISTI étaient présents aux côtés de l’Association des Matadors de Toros Français, de l’Union Jeunes de Provence et du Languedoc pour la défense de nos traditions, de Messieurs Benjamin CUILLE et Renaud VINUESA, mais aussi de députés engagés contre cette proposition.

Le député Aymeric CARON a retiré sa proposition de loi avant qu’elle ne soit débattue.

Le retrait de cette proposition de loi conforte la légitimité de la corrida dans les régions de traditions taurines mais il est important de rester mobilisés.

La délégation présente hier continuera d’œuvrer pour la sauvegarde de notre culture, de nos élevages, de nos corridas en collaboration avec les députés, l’Association des Matadors de Toros Français, l’Union Jeunes de Provence et du Languedoc pour la défense de nos traditions, Messieurs Benjamin CUILLE et
Renaud VINUESA.
Restons mobilisés et vigilants


Yves Lebas: «Pourquoi j’apprends aux jeunes à devenir torero»

FIGAROVOX/TRIBUNE – Président de l’école taurine du Pays d’Arles, Yves Lebas défend la corrida et revient sur sa signification. En se saisissant de cet art, le toréro apprend la maîtrise du corps, la rigueur des règles, la nécessité de l’effort et l’importance du courage, explique-t-il.

Depuis que la corrida apparaît dans l’Espagne du XVsiècle, les controverses passionnées entre «pour» et «contre» scandent son évolution. Déjà le confesseur d’Isabelle la Catholique l’exhortait à l’interdire. Le pape Pie V, en 1567, signe une bulle d’excommunication des participants ou organisateurs des courses de taureaux. Plus tard, Charles III dissuade les nobles de combattre les taureaux à cheval, espérant ainsi la faire disparaître. Mais le peuple espagnol refuse ces interdits venus d’en haut et transforme progressivement la corrida en un objet culturel unique.

La pratique s’étend en France au cours du XIXe dans les régions qui célèbrent déjà, à travers leurs propres jeux taurins, le même culte du taureau. Passionnant processus qui intègre et fait sienne une culture «venue d’ailleurs». L’enracinement populaire et territorial de la tauromachie est sa force. La foule de Provençaux réunis à Nîmes en 1894, lors de la «course de la contestation» présidée par Frédéric Mistral, entraînera une interprétation différenciée localement de la Loi Grammont de 1905. Ce localisme est sa faiblesse aussi. Beaucoup de ceux qui la critiquent, voire la détestent, ignorent le continuum propre à la tauromachie depuis l’élevage extensif d’animaux sauvages dans un habitat préservé jusqu’à la mise en scène d’un affrontement rituel tout autant qu’esthétique entre homme et animal. La tauromachie naît du toro. Sans élevages de toros destinés aux jeux et rites taurins, les races brave ou camargue auraient disparu depuis longtemps. Ces races étant insuffisamment productives, leur force indomptable ne saurait se plier à des usages domestiques. Fruit de la passion plutôt que d’une incertaine rentabilité économique, ces élevages sont indispensables à la préservation d’espaces naturels fragiles. La Camargue, réserve de biosphère unique en France, en est l’exemple emblématique.

Il est une autre dimension de la corrida, moins connue. Le public est, après toro et torero, le troisième acteur de l’acte taurin. Rôle décisif quand «tous les spectateurs se valent dans leur appréciation de la faena – autant pour la célébrer que pour la protester – effaçant les différences sociales et fournissant une leçon politique, vivante et pratique, de consensus social». Cette illustration pratique des principes démocratiques conduira Enrique Tierno Galvan, le maire iconique du Madrid de la transition démocratique, à revendiquer le rôle d’intégrateur social de la fête des toros.

Il y a quelques années, interrogé sur l’interdiction de la corrida, Jean-Luc Mélenchon estimait qu’il «ne serait pas légitime d’organiser un débat parlementaire» à ce proposIl ajoutait qu’il lui semblait «plus logique de laisser les collectivités locales concernées traiter de cette question». Pourtant le groupe LFI propose, aujourd’hui, son interdiction. Son véritable objectif ne serait-il pas une manière d’affirmer une prééminence idéologique et politique? D’abord sur ses alliés qui s’étaient explicitement opposés à la mesure dans ce qui leur servait de programme électoral commun. On peut le soupçonner quand Aymeric Caron affirme, péremptoire: «On ne peut pas être de gauche et soutenir la corrida ». Alors, haro sur la corrida! Même si c’est au nom d’une idéologie bien particulière revendiquée par le député parisien: l’antispécisme ou la négation de la spécificité de l’homme par rapport aux animaux. Accepter d’être ému, troublé ou questionné par la corrida ne relèverait que d’un «plaisir barbare» propre d’esprits malades. Il convient de l’éradiquer. Stigmatiser est le premier pas. Interdire sera la punition. Police des esprits qui hante les idéologues. Et si quelques «idiots utiles» accompagnent le groupe LFI dans sa démarche ils seront les bienvenus. Qu’importe qu’ils participent, à leur insu ou non, d’une division supplémentaire du pays entre un sud de la France plutôt «pro-corrida» et un nord plutôt «anti-corrida». On leur fera croire qu’ils ont voté «en conscience».

Même si c’est en inconséquence politique. Parce qu’elle est une métaphore de la vie, la tauromachie pose question, elle interroge. «Elle donne à réfléchir», confiait Jean-Paul Sartre à Simone de Beauvoir, grande amatrice de corrida. Elle peut susciter le scandale. Sans doute est-ce pour cela que la mort de la corrida est une question aussi ancienne que celle de la mort dans la corrida. Laissons conclure Francis Wolff, philosophe amoureux de la liberté: «Peut-être, comme toute œuvre humaine, la corrida mourra. Mais que ce soit de sa belle mort et non victime d’un assassinat!»

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