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PREMIERE DEMI-FINALE DE LA COPA CHENEL : UNE OREILLE PARTOUT


Cette première demi-finale se vécut sous le signe de la faiblesse et du manque de caste. Les six toros provenant de Concha y Sierra (1,3 et 5) et Anna Roméro (2,4 et 6) ont brillé par leur peu de caste voire pour l’un ou l’autre une noblesse décastée parfois avec du genio mais surtout une faiblesse désarmante, pour :

Luis David Adame : ovation et une oreille
Christian Perez : ovation après avis et oreille
Victor Hernandez : silence et oreille après avis



D’entrée le premier Anna Romero fait montre de faiblesse et durant toute la faena il sera impossible à Luis David de baisser la main sans provoquer la chute du toro il réussira toutes fois à tirer quelques séries intéressantes sur les deux bords avec de bons détails. Le meilleur sera certainement la série de fin de faena, quatre manoletinas de face pieds joints rivés au sol conclue d’un immense pecho. La mise à mort se fait en deux temps, la pétition est insuffisante et le mexicain reçoit une belle ovation. Son second sort des chiqueros tel un missile, à la première passe de capote Luis David est jeté au sol la corne droite frôle la jaquetilla et pulvérise le burladero, le toro se précipite sur le premier banderillero à sa portée qui vole aux étoiles s’en suit une panique indescriptible avant que le toro qui semble-t-il a tout donné ne s’arrête de lui-même. Après ce moment d’incertitude et alors que tout le monde se remet sans mal on pense que l’on va de nouveau avoir une faena morne. Le toro est lui aussi faible décasté et doté de très mauvaises intentions. C’est compter sans le jeune Adame qui sous les yeux de son grand frère Joselito, va s’employer à dompter le fauve. Il y parvient, après quelques muletazos compliqués, il tire de bonnes séries à droite comme à gauche et termine par trois circulaires inversées immenses et totalement improbables quelques minutes auparavant. L’entière tombée est efficace et lui vaut une oreille après s’être réellement joué la vie.

Le premier Ana Romero de Christian Perez est imprésentable de cornes totalement escobillées à la sortie d’une mini pique sans pousser. L’animal est faible la faena sera toute à mi-hauteur, sur le voyage, sans aucune transmission et pour tout arranger d’une longueur désespérante qui lui vaudra d’écouter un avis avant de tuer en deux temps de deux vilaines épées.



Il attend son deuxième adversaire à puerta gayola mais le toro l’ignore et se montre d’entrée plus que distrait et faible. La première série à la muleta se fait à genoux au centre, esthétiquement rien à dire sinon que le toro se couche en fin de série. Perez se relève donc est relève la main, toute la faena se fera à mi-hauteur et sur le voyage pour ne pas affaiblir l’animal. Le toro tient un fond de noblesse bien exploitée pour un toreo trémendiste et populiste qui porte sur le public. Une anecdote lors du dernier desplante il jette sa muleta est se trouve obligé de sauter au callejon pour récupérer l’estoc, ce fut certainement considéré comme un geste héroïque puisque le « respectable » réclama avec force l’oreille après une épée légèrement en arrière, Perez fit même une deuxième vuelta, le président ayant refusé la seconde oreille



Le premier de Victor Hernandez, un Concha y Sierra d’à peine quatre ans (mai 2020) ressemble plus à un novillo qu’à un toro. Il est lui aussi très faible et Victor le torée à mi-hauteur sans forcer le toro est arrête dans la passe et ne transmet rien du tout il faut rajouter un peu de trémendisme pour réchauffer les tendidos la mise à mort est vilaine et en trois temps. Le dernier Ana Romero est un beau cinqueño, Victor Hernandez lui sert trois larga de rodillas et un beau quite par tafalleras. Malheureusement ici encore le manque de force domine et le président se fâche exigeant une deuxième rencontre au cheval après un simulacre de pique la deuxième ne sera pas plus appuyée. Certes l’animal est noble mais tellement faible. Hernandez fait illusion en construisant quelques belles séries esthétiques à droite et surtout à gauche le meilleur côté de l’animal. Trois quart de lame mal orientée et un descabello après avis, le public réclame son oreille.

Pas de jaloux pour les trophées et bon courage au jury pour déterminer le triomphateur qui est qualifié d’office pour la finale.

Jean Dupin

“Face à la corne” chez Mayalde

Armes du Conde de Mayalde, dans la chapelle de la ganaderia. ©JYB

Rafael Finat Riva, conde de Mayalde est (selon ses dires) un descendant direct de Charlemagne !

Novillo de Mayalde, réservé pour être lidié à Madrid en 2025 comme sobrero. ©JYB

Sa ganaderia est impressionnante par son étendue et par la qualité des cercados où paissent en liberté 700 têtes de bétail dont 160 vaches de ventre, réparties en 5 lots. Au départ, l’origine était essentiellement Contreras, mais dès les années 50 il y a eu un apport de Domecq par El Ventorillo, Santiago Domecq etc. sang qui prédomine aujourd’hui. Malgré cela, les Conde de Mayalde gardent la réputation de toros avec un certain piquant.

Toros de Mayalde réservés comme sobreros pour Madrid en 2024. Malgré les fundas on apprécie les armures. ©JYB

L’économie de la ganaderia ne peut se limiter aux toros, surtout que la camada est courte. C’est pourquoi l’élevage comporte aussi 2000 porcs et une partie des terres est plantée d’oliviers. Compte tenu du climat rude des plateaux castillans, les cercados sont semés de céréales pour compenser la disparition de l’herbe déjà sèche en mai (malgré une saison pluvieuse cette année). Les vaches et les jeunes toros qui ne vont pas sortir aux arènes dans l’année y trouvent une nourriture qui évite de leur donner du pienso.

Toros de Mayalde destinés à la féria d’Albacete en 2024. ©JYB

Les camadas sont courtes : en 2024, 3 corridas et 1 novillada ont été vendues. 2 de ces corridas sont déjà sorties, ne reste que celle prévue pour Albacete en septembre. La novillada est vendue pour Villaseca de la Sagra. En réserve des sobreros pour Madrid dont certains sont déjà revenus de la San Isidro. S’ils ne sortent pas à l’Otono, ils seront proposés en corrida comme cinquenos en 2025. L’opération  « sobreros » devrait être renouvelée en 2025, les novillos correspondants sont déjà sélectionnés.

Mais tous les animaux non sélectionnés pour l’échelon supérieur sont vendus en becerrada. Toute la camada est donc vendue et aucun toro ne termine sa vie à l’abattoir.

Torode Mayalde destiné à la féria d’Albacete en 2024. ©JYB

JY Bloin https://facealacorne.fr/

Casa Torero: bon sang ne saurait mentir

Lorsque vous quittez Jerez en direction d’Algeciras, vous empruntez la mythique route du toro . Les coteaux sont exceptionnellement verdoyants en cette fin de printemps,. La première finca que vous rencontrez sur votre gauche est la fameuse casa de los toreros, surnom donné à la maison du Marquis de Domecq en raison du nombre et de la qualité de tous les toreros qui s’y sont croisés tout au cours du siècle passé. Deux fers prestigieux, Marques de Domecq et Martelilla, paissaient sur ces terres. A la mort du Marquis le sang brave avait avait quitté les lieux laissant place à une agriculture plus classique, renvoyant le mythe à l’histoire.

La visite se termine par un tour dans le parc des sémentales, remarquablement présentés eux aussi . Le dernier âgé de quatre ans est le premier pur produit de Casa de Los Toreros .

En 2014, Juan Pedro Domecq Bohorquez et sa sœur Lourdes, petits neveux du Marquis décident de ramener le sang brave sur leurs terres et c’est Juan Pedro qui nous accueille aujourd’hui pour visiter son élevage et nous faire partager sa passion pour le toro. Cette année la centaine de vaches qui composent la ganaderia ont la chance de pouvoir profiter d’une alimentation verte qui profitera certainement à tous les veaux qui commencent leur sevrage. Nous passons ensuite aux parcs des novillos et la première chose qui frappe le yeux des aficionados que nous sommes, c’est la présentation des animaux. Erales et novillos sont remarquables et le ganadero de nous expliquer que pour lui la présentation doit être impeccable. Il sélectionne sur le modèle mais aussi sur le caractère son toro doit être brave et noble avec de la caste. Certes son encaste de base est Domecq mais, nous dit il on peut faire des Domecq très différents, et lui recherche la bravoure. Mais la caste sans la force ne sert à rien ajoute-il et il privilégie celle ci dans sa méthode d’élevage, de grands parcs en pente où les animaux doivent se déplacer pour boire et manger.

Actuellement la jeune ganaderia ne sort qu’en novillada sans picadors et en novillada piquée. Un lot de novillos a été toréé en piquée ce printemps à Antequera. Trois des novillos ont pleinement satisfait le ganadero mais il reste encore du travail pour que tout soit parfait et l’on peut compter sur Juan Pedro Domecq pour que tous les ajustements soient faits. En ce moment deux novillos de la maison sont dans les cercaderos de Madrid réservés par Florito comme sobreros pour les novilladas de cette année à La Ventas. La plus jeune des ganaderias jerezana a tout son avenir devant elle et mérite d’être connue.

Jean Dupin

JEREZ DE LA FRONTERA : REOUVERTURE DE L’ECOLE TAURINE

La maire de Jerez Maria José Pelayo entouré de Juan José Padilla et de Rafael Valenzuela président de la Fodation.

Parfois les promesses électorales peuvent se réaliser ! La Maire de Jerez de la Frontera, Maria José Pelayo, en a donné la preuve éclatante hier en rendant officiellement les clés des arènes portatives de l’École Municipale de Tauromachie à Rafael Valenzuela, président de la fondation Cultura Taurina. On notait la présence d’une forte délégation municipale mais aussi de nombreux professionnels du monde du toro dont Juan José Padilla et les ganaderos jerezanos Santiago Domecq et Juan Pedro Domecq

Fermée depuis huit ans par la précédente municipalité socialiste, l’école de Jerez renaît de ses cendres, c’était jour de liesse pour tous les aficionados présents et au de-la pour toute l’aficion jerezana. Le projet de la fondation est particulièrement innovant. Il s’agit de la création d’un centre de divulgation et d’apprentissage ecosensible de la culture taurine dont l’école n’est qu’une partie, en fait nous assistons à la création de la première « université » taurine ouverte à tous pour promouvoir la culture taurine. A ce jour cette structure semble unique dans le monde taurin et il n’est pas surprenant que Jerez qui fût souvent dans le passé innovatrice en matière taurine, ne poursuive dans cette voie.

Maintenant que les locaux sont disponibles le vrai travail commence et c’est à toute l’aficion d’apporter son grain de sable pour sa réussite. L’aficion française sera bien évidemment la bien venue et Rafael Valenzuela nous a assuré que le drapeau français flottera en vbonne place sur ces nouvelles arènes.

Jean Dupin

Madrid, Puerta Grande pour Fernando Adrian

Madrid le 9 juin. Corrida placée sous le haut patronage de l’Infante Elena.

Mano a Mano entre  Sébastien Castella, lilas et or. Ovation, silence et silence et  Fernando Adrian, blanc et argent. Oreille,silence, oreille, Puerta Grande

lleno de no hay billetes ( 13ème édition de cette San Isidro).

Beau temps, sans vent, 25°.

Toros de Garcigrande les 1,2,4,5,6 et de El Pilar le 3.

Poids moyen de 545 kg à l’exception notable du sixième, 597 kgs et 5ans et demi.

Comment aborder cette chronique autrement qu’en dénonçant une fois de plus la faiblesse , le manque de force et de race des toros et tout particulièrement les fragilités des antérieurs (les mains des toros) pratiquement à chaque animal.  Le pire ayant été le toro de chez Fraile, d’El Pilar, qui cumulait tous les défauts, mansedumbre, décasté, faible, derrotant, fuyard etc..

Et si au lieu de se répéter à propos des lacunes des 3,4 et 5 on disait deux mots agréables sur le 1 qui échut à Castella?

Pas bien joli ce colorado claro mais le maestro qui l’a tout de suite jaugé a demandé à son picador de ne pas forcer la dose de fer. Castella est un très grand capotero et distribue avec suavité et rythme des natuelles  bien conclues par une larga magnifique.

Adrian vient au quite et montre que lui aussi, par chicuelinas et tafalleras il sait parler “toro”.

La faena de muleta est très élégante, initiée à gauche avec changement de main.

Cité de loin et de face les muletazos de Sébastien castella sont très doux, mais autoritaires démontrent à quel point le matador français est poderoso. Avis, echec à l’épée, c’est rare mais ça arrive aux meilleurs.

Le second, pour Fernando Adrian est reçu à genoux, largas afaroladas six fois de suite et le public, étrangement ne bronche et n’applaudit que lorsque le matador se relève. Le toro se couche sur le flanc tout seul, Adrian insiste et torée de verdad, faisant plusieurs fois passer l’animal dans son dos et termine, imitant Castella à son premier par un desplante dans les cornes, les outilsjetés loi derrière lui. Final par Bernadinas, le toro va a mas, on se sent mieux , on espère pour la suite, grande épée et OREILLE.

les trois suivants seront des invalides, le troisième dont hérite le malheureux Sébastien est bien banderillé par José Chacon deux fois et il doit saluer, très justement. Pour le reste, soseria. Le bicho derrote, donne des hachazos à hauteur d’homme…Faena impossible charge brouillonne, Pinchazo, entière et descabello.

Sifflé à l’arrastre. Le suivant un Garcigrande tout noir et pas vilain mais invalide qui tombe plusieurs fois, bien que peu piqué.

Le 5ème, pour Castella, un joli noir de 4 ans nommé Pistolero va t il nous enchanter ?

D’une noblesse infinie, mais si décasté et faible que Castella doit lui laisser de longues poses entre les passes. Le toro avait la bouche ouverte dès son entrée en piste, le final laisse des regrets, avec un poil de hardiesse c’aurait  pu être  un toro intéressant. Mais rien, non, rien de rien, trois muletazos, une pose de 2 minutes, trois muletazos, et une épée en se mouillant les doigts, le toro plonge sur le sable , lamentablement.

Vint le 6 ème, LE  toro de la tarde, un grand Garcigrande de 597 kgs et presque 6ans, fort, charpenté, qui dura , lui, bien fait, hechuras parfaites.  Adrian devait triompher avec lui et joua le tout pour le tout, ce qui lui réussit puisque , coupant une belle oreille parfaitement méritée il obtint la sortie par la Puerta Grande.

J’aimerais savoir au cours de cette San Isidro sur les 125 toros combattus, combien ont mérité de rester dans nos mémoires de 2024, un Santiago Domecq, un Victoriano del Rio, Dulce pour Borja Jimenez et deux ou trois autres, c’est peu, non?

Jean François Nevière

Madrid: RIEN A CHRONIQUER…


MADRID – 8/06/2024
Corrida hommage à la police nationale pour son 200° anniversaire (!), minute de silence et hymne national à l’issue du paseo.
21°, vent, Arène pleine pour la 13° fois en cette San Isidro.
Toros de ROMAN SORANDO 572,564,593,578,554,541Kg, robe variée, de 4 ans, les 3 et 5, à quasi 6 ans, les 2,4 et 6 en passant par 5 ans, le 1. Carrure et cornes conformes aux exigences madrilènes. Du Domecq pur, noblesse mais faiblesse, parfois extrême. Pas de race. Mansos.
 Mouchoir vert au 3° d’une faiblesse insigne, remplacé par un sobrero de José Vasquez de 6 ans. José Vasquez, la plus vieille ancienneté d’Espagne, 1788, mais encore du Domecq depuis quelques années, faible et sifflé lui aussi à son départ.
Mouchoir vert au 6° aussi faible, remplacé par un sobrero de MONTALVO de 5 ans et 586 kg, intoréable lui, visiblement avisé, sans doute ayant séjourné trop longtemps dans les corales.
 Pour :


DIEGO URDIALES, saumon clair et noir, silence et silence.


JUAN ORTEGA, vert printanier et or, silence et silence.


PABLO AGUADO, noir et argent, gilet or, silence
Tous les toros sifflés à leur départ.
Bronca et jets de coussins de dépit à l’issue de la corrida.  
 
Cet après-midi Madrid a touché le fond du fond avec ces toros de Roman Sorando infumables.
Ce n’était pas la peine de faire venir trois toreros classés « artistes » pour ne pas leur offrir du bétail leur permettant de s’exprimer. Trois toreros si brillants à la feria de Séville.
Pas une passe de cape, pas un quite artistique, cinq ou six passes de muleta conformes en tout pour l’ensemble de la corrida.
Nous avons rarement vu un tel désastre ganadero. En général il y a toujours un toro, pas forcément le cinquième, qui sauve l’après-midi. Mais là, aucun.
Le public n’en pouvait plus, réclamant des toros, et nous avec.
Et comme en plus les deux toros remplaçants ne voulurent pas faire d’ombre à leurs congénères, l’ennui fut total.
Il va donc falloir que la police, à laquelle les organisateurs avaient voulu offrir un hommage, ouvre une enquête sur cette après-midi désastreuse et trouve le ou les coupables.

Exir

Madrid: Des éclairs sous la pluie


Madrid, 6 juin. Plus de trois quarts d’arènes. Pluie intense à partir du quatrième.
6 toros d’Adolfo Martín, très armés, certains trop grands, les trois premiers avisés et sans charges, sifflés à l’arrastre, les trois derniers plus nobles mais faibles.
Antonio Ferrera silence et salut après avis.
Manuel Escribano salut et vuelta après forte pétition. Bronca à la présidence.
José Garrido silence et salut.


Il aura fallu attendre le quatrième et la pluie pour qu’on puisse voir des éclairs et beaucoup d’engagement. On n’avait rien vu jusqu’alors, à l’exception d’une très bonne estocade de Manuel Escribano, car les toros d’Adolfo Martín, vite avisés, coupaient leurs charges, et même si le danger était là, le public s’ennuyait. Mais sous la pluie, après une chaleur torride, des éclairs dans l’arène. Comme avec Antonio Ferrera, face à un Adolfo avec une certaine noblesse mais qui s’écroula à plusieurs reprises. Devant un public clairsemé (les gens étaient partis se réfugier à l’intérieur des arènes ou dans
les places vides des « gradas » et « andanadas » ) et avec un tendido 7 moins omniprésent, Antonio parvint à mettre en confiance le toro. Vinrent quelques passes droitières enchaînées de très bon goût et surtout une série de naturelles d’un relâchement absolu, non forcé et naturel. Superbes ! S’il l’avait tué, il aurait peut-être coupé une oreille. Le toro, comme les trois précédents, fut sifflé à l’arrastre.


Manuel Escribano accueillit ses deux toros à genoux, « a porta gayola ». Chapeau pour le risque encouru, d’aurant plus au cinquième vues les conditions de la piste et ce qui l’attendait dans les torils : un toro extrêmement armé mais qui lui aussi cachait une certaine noblesse. Manuel le banderilla, comme à son premier, avec assurance et éclat. Sous l’orage, le toro s’affala en tout début de faena mais son matador sut très bien calculer les distances et trouver les hauteurs. Après une très belle naturelle où Escribano s’était senti « a gusto », le toro, inopinément, l’attrapa. Sans l’encorner. Des instants dramatiques, surtout quand il se retrouva à terre et le toro le cherchait. Un miracle qu’il en soit sorti sans la moindre égratignure. La faena fut vécue dès lors avec beaucoup d’émotion et Manuel instrumenta des passes de belle facture et surtout il remata sa prestation d’une très bonne estocade. De manière incompréhensible, le président ne lui accorda pas l’oreille alors que la pétition était largement majoritaire. Un manque de sensibilité de sa part et probablement d’aficion.


Le dernier Adolfo, excessivement haut et pesant plus de six cents kilos, montra parfois, lui aussi, une certaine noblesse. Garrido le toréa avec toreria à la cape, lui endossant de superbes véroniques. Faena inégale à la muleta, surtout du fait que le toro n’humiliait pas vraiment, où le matador parvint à enchaîner des passes des deux côtés. Prestation de torero mûr, technique et sûr de lui, mais mal conclue à l’épée avec un bajonazo très laid.
Antonio Arévalo

Madrid: DE L’ENNUI A LA TRAGEDIE



MADRID – 2/06/2024- 21° acte taurin de la San Isidro 2024.

25°, pas de vent. 2/3 d’arène.

Toros de PEDRAZA DE YELTES et TORRESTRELLA (6°)
545,540,531,560,580,573 Kg, tous de 4 ans et demi sauf le 6° de 5 ans et demi.

Le 2° juste de force et souffrant d’une vuelta de campana à la cape de réception remplacé par un sobrero de la ganaderia de CHAMACO (provenance Jp Domecq et Jantilla) de 590 kg, 5 ans et demi.

 Pour :

JUAN LEAL, rose bonbon et or, silence et silence.

FRANCISCO JOSE ESPADA, blanc et or, silence et blessure.

ISAAC FONSECA, vert olive et or, une oreille et blessure.

Salut des banderilleros   JUAN CARLOS REY et JESUS ROBLEDO au 3° toro et de MARCO LEAL au 4°

A l’heure où nous écrivons ces lignes nous ne connaissons pas la gravité des blessures subies par Francisco José Espada au 5° toro, de Pedraza de Yeltes, et Isaac Fonseca au 6°, de Torrestrella, tous deux pris par leur toro respectif mais de façon différente.

Espada renversé par une patte du toro à l’issue d’une passe, pris au sol et envoyé deux fois en l’air dans le berceau des cornes de façon très effrayante, tombant inanimé au sol, mais apparemment sans coup de corne reçue. Il a été transféré dans une clinique pour une évaluation des traumatismes.

Au toro suivant, un Torrestralla doté d’un berceau de corne phénoménal, agé de cinq ans et demi, Fonseca, qui a coupé très justement une oreille à son premier toro, veut forcer le destin en coupant une seconde oreille, lui assurant ainsi une sortie des arènes par la grande porte.

Mais ce toro est (trop ?) âgé et est doté d’une corne droite assassine. A la sortie d’une passe de poitrine suivant une série de naturelles le taureau lui met cette corne dans le dos et le corps du torero monte en l’air d’une façon effrayante nous rappelant la tragédie du YIYO.

Heureusement, à notre vue, la corne est plutôt rentrée en bas du dos et n’a donc pas pénétrer la région du cœur. Après avoir été évacué très souffrant à l’infirmerie, c’est à nouveau à Juan Leal d’occire ce sixième toro, son quatrième toro donc à estoquer en son après-midi de chef de lidia dont il va se rappeler toute sa vie.

A noter que Juan Léal lui aussi avait été renversé par une patte de son premier toro mais s’était heureusement relevé sans dégât malgré la charge du toro voulant le prendre au sol.

Importance des cuadrillas venant au quite pour chacun des toreros, quite tardif car les deux blessés étaient en train de toréer au centre du ruedo de Las Ventas, très éloigné des burladeros, alors que Juan Léal était près de la barrière, permettant ainsi aux peones d’intervenir très rapidement pour mettre leur cape sous le muffle du toro.

Voilà, c’est comme cela que cette corrida débutée ennuyeuse la faute aux toros est devenue tragique la faute également aux toros.

Comment se fait-il que les Pedraza de Yeltes que nous avions vu si brillants à Azpeitia puis à Dax dans les années 2010 soient devenus à Madrid en 2024 fades, sans force, sans race, protestés, tous sauf le 3°, le plus léger, ne permettant pas aux toreros de toréer avec succès, et n’offrant aucun tercio de  pique sérieux, ce qui était leur point fort en terre française.

Que dire de plus ?

Que Juan Leal a été mal servi, c’est sûr, ainsi que Espada par le toro de remplacement, de la ganaderia de Chamaco, aussi mauvais si ce n’est plus que les Pedraza.

Qu’Isaac Fonseca a été très bon au troisième toro de l’après-midi, le seul vraiment acceptable, toréant de façon classique, ce qui est nouveau chez lui, par des séries authentiques de la droite et de la gauche précédant une grande estocade libérant une oreille réclamée ardemment par le public.

Que la sortie des trois cuadrillas groupées autour de Juan Léal, le seul matador rescapé, a été très émouvante.

EXIR

PS nous apprenons à l’instant que Fonseca souffre d’une cornada de 20cm dans le thorax et qu’Espada souffre d’un traumatisme crânien. Souhaitons-leur le meilleur et un prompt rétablissement.

Mauguio

Nino Julián a remporté le IIe Trophée Daniel Gimenez pour avoir coupé trois oreilles lors de la novillada de la Romería 2024…

La première satisfaction de cette novillada est venue, comme l’édition précédente, de l’affluence puisqu’une nouvelle fois, il a été annoncé le No Hay Billetes !  Enhorabuena donc à Gilles et Matthieu Vangelisti, ainsi qu’à tous ceux qui autour d’eux ont œuvré pour donner ses lettres de noblesse à la tauromachie melgorienne !

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A l’issue du paseo, il a été observé une minute d’applaudissements à la mémoire de Thomas Guzman, un proche de la ganadería Blohorn qui nous a quittés récemment.

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Il convient aussi de noter le comportement intéressant du bétail dans sa diversité, la palme allant sans conteste à « Cosserou », de Blohorn, qui a eu les honneurs de la vuelta posthume, lidié en cinquième position par Nino.

Novillos de San Sebastian et Pagès-Mailhan pour Lalo, Piedras Rojas et Blohorn pour Nino, et Gallon puis La Golosina pour Tristán.

Lalo de María : saluts puis bronca après trois avis.

Nino Julián : oreille et deux oreilles.

Tristán Barroso : saluts et silence.

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Lalo de María a ouvert la séance avec le San Sebastian par larga de rodillas avant capoteo alluré puis deux rencontres, applaudie la première. Nino se distingua sur un quite par faroles puis brindis à l’assistance d’une faena débutée par deux cambios au centre comprenant quelques passages bien orchestrés face à un bicho ayant toutefois tendance à lorgner vers les tablas. Avec le Pagès-Mailhan qui prit deux piques sans brio, Lalo brinda à Patrick Alarcon, mayoral chez Blohorn, un trasteo composé de séries au cachet affirmé, avec toutefois quelques difficultés à transmettre. La faena s’éternisa au point d’entendre le troisième avis fatidique ternissant sa prestation à cause du mauvais emploi des aciers.

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Nino Julián a été particulièrement en verve ce jour, d’abord avec un jabonero de Patrick Laugier avec qui il se distingua au capote avant un puyazo suivi d’une brillante exécution du second tercio du Nîmois. A la muleta, face à son adversaire noble mais aux forces un peu limitées, il fit bouillir la marmite par une réception agenouillée au centre, donnant ensuite la distance lors d’échanges variés qui eurent l’heur de plaire aux étagères. Entière au second envoi. Mais c’est avec le Blohorn que Nino allait donner sa pleine mesure, bien soutenu par le public après un puyazo de Mathias puis un nouveau tercio de banderilles, Nino brindant ensuite au respectable la faena de la tarde. Très entreprenant, il profita des qualités de charge de Cosserou pour faire vibrer les gradins lors de séries enlevées, allègres et allurées. Entière un poil desprendida avant de se faire violemment repousser verdugo en main, deux mouchoirs blancs et un bleu tombant alors du palco dans l’alegría générale. Vuelta avec l’éleveur. On le reverra avec plaisir dans une quinzaine à Istres pour un mano a mano avec Marco Pérez très prometteur…

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La curiosité venait de Tristán Barroso, peu vu par chez nous, qui démarra avec un Gallon mal piqué en deux fois. Brindis à l’auditoire puis entame suave d’une faena ambidextre relevée par les bonnes réponses de son opposant, le tout conclu par demie. Pour clôturer la séance, le pupille santacolomeño de Juan Bautista s’employa au cheval, provoquant un batacazo sur le premier assaut. Tristán brinda ensuite à Patrick Laugier une faena débutée genoux dans le sable, affichant ensuite rythme et conviction sans toutefois excès de transmission, le tout s’escagassant hélas ensuite avec la ferraille.

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En se retirant de cette novillada somme toute entretenue, le public affichait des marques de satisfaction… et les organisateurs aussi ! On ne va pas s’en plaindre, le plus important étant que ce rendez-vous semble avoir trouvé son public et sa date. En route vers le troisième no hay billetes l’an prochain ? Ojalá…

Paul Hermé torofiesta.com

Grenade : Perera et Ortega triomphent.

Plaza de toros de Grenade. Troisieme de la Feria de Corpus 2024. Plus d’une d’une 1/2 arène.

Toros de Álvaro Núñez pour

Miguel Angel Perera oreille, oreille

Alejandro Talavante saluts, oreille 

Juan Ortega oreille, oreille

Grenade fêtait ce soir le souvenir de Frédérico Garcia Lorca qui avait été annulé en 2023 pour cause d’élections. Morante de la Puebla qui devait être chef de lidia avait déclaré forfait soit disant pour un litige financier avec l’empresa. C’est Miguel Angel Perera qui le remplaçait.
Les toros d’Alvaro Nunez, du trapio conforme au Nunez del Cuvillo dont ils sont originaires, de poids léger (autour de 470 kg) ont eu un comportement inégal: les 3 premiers, distraits chargeant tout ce qui bougeait, mais avec une embestida hésitante et ne durant pas plus de 3 séries avant de se réserver. les 3 derniers meilleurs, plus allants notamment le 4.

Perera, en grand torero dominateur a remarquablement lidié ses deux toros avec un quite superbe au premier et des circulaires sur 720 degrés. A son second, qui avait plus de fixité, 2 grandes séries à droite et encore des circulaires dominatrices: du grand Perera. La demie épée sera retirée et une grande estocade couchera le toro sin puntilla. La présidente subira une bronca des généreuses arènes de Grenade pour n’avoir pas accordé la deuxième oreille.

Talavante à son premier touche un toro qui ne charge pas malgré une soseria apparente. La faena difficile se conclura par un échec à l’épée. A son second, très encasté qui charge tout ce qui bouge, Talavante le fixe dans la muleta et lui impose une faena malgré ses derrotes obtenant une oreille.

Ortega, touche son premier dont la sortie abanto avait laissé quelque espoir, mais qui se réserve après la 3 ème série. Il entame une faena par doblones de très bon goût et qui incitent le toro à humilier malgré ses derrotes. Grande estocade entière en place et oreille. A son second, pris en mains par une grande série de véroniques, et qui chargera successivement les deux picadors, il mène une faena efficace après les doblones d’entrée avant que le toro ne s’échappe vers le toril où l’estocade entière légèrement desprendida sera foudroyante. Nouvelle oreille pour le maestro.




Jean-Yves Blouin. Texte et photos

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