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Vic, Ranchero II de Pagès Mailhan gagne la “concours”, héros de la corrida concours, Sanchez Vara et Juan de Castilla

 «Ranchero II» de Pagés Mailhan, lidié en cinquième a été déclaré vainqueur du concours.

Vic-Fezensac. Deuxième corrida de Feria, deux tiers d’arène, pluie continuelle, deux heures quarante cinq de spectacle pour cette corrida concours. Un saltillo, applaudi a l’entrée, trois piques. Un Palha, applaudi à l’entrée, bien armé, trois piques. Un Prieto de la Cal, applaudi à l’entrée, trois piques ou rencontres, applaudi à l’arrastre. Un Veiga Teixera, quatre piques ou rencontres. Un Pages Mailhan, trois piques. Un conde de la Corte, quatre piques ou rencontres.

Sanchez Vara (bleu marine foncé et or), au premier, trois pinchazos, avis, vuelta ; au quatrième un pinchazo et une entière, avis, une oreille.

Octavio Chacon (vert clair et or), au deuxième, quatre pinchazos et une entière, silence ; au dernier, un pinchazo, une entière, six descabellos, silence.

Juan de Castilla (blanc et or), au troisièlme, deux pinchazos, une entière, salut ; au cinquième, une entière, une oreille.

Présidence : Renaud Maillard, assesseurs, Thierry Faget et Yves Charpiat.

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Sanchez Vara et Juan de Castilla sont les deux héros de la corrida concours gagné par Ranchero de Pages Mailhan. Un moment d’héroïsme et de courage.

Epouvantable la corrida concours ? Non, Héroïque, avec un double « H », lettre a créer dans l’alphabet Vicois. Un dimanche matin où les chiens ne sortaient pas et où les toros auraient bien dormi quelques heures de plus… Une pluie que même les Bretons ne connaissent pas. Mais à Vic où il pleuvait, tout est différent. Et le temps qui pouvait tout gâcher à donné une dimension exceptionnelle à cette course grâce à la volonté des toreros et de leurs cuadrilla qui ont osé prendre tous les risques pour offrir un spectacle complet.

Un drôle de personnage, ce Sanchez Vara qui depuis bientôt un quart de siècle saute d’une pointe de corne à une autre devant les élevages les plus compliqués qui soit. Dimanche à Vic, il fut magnifique, héroïque… Spectaculaire incarnant très souvent une figure du tragique. Dans cette piste transformée en bourbier, il n’hésitait pas à se jeter à genoux pour les premières passes de sa faena avant de nous étonner par quelques somptueuses naturelles. Mais il fallait dominer ce Saltillo, ce qu’il fit par d’interminables muletazos. Il avait aussi su prendre les bâtonnets avec élégance. Malgré une mise à mort chaotiques le public lui accorda une vuelta. Transfiguré par ce premier succès, le Madrilène revint avec un impeccable tercio de cape, puis demanda une chaise pour offrir quelque banderilles et tout cela dans la boue, quand les zapatillas sont à jeter. L’homme flirtait avec la légende et après quelques naturelles aidées coupait une oreille. Sanchez Vara, un héros dans la boue.

Juan de Castilla voulait être au cartel de cette course, aux prix d’une organisation compliquée pour arriver à Madrid, quelques heures plus tard pour rencontrer des Miura. Il commençait avec ce vieux sang assassin de Prieto de la Cal. C’est lui qui attaquait, comme un fantassin quittant sa tranchée pour monter à l’assaut et finissait avec des naturelles accompagnées par les olés du public. L’homme saluait… mais maintenant il allait croiser un toro de Camargue, un certain « Ranchero » qui avait grandi auprès des ruines romaines d’Arles. On avait vu l’animal dans un somptueux troisième galop vers les cheval ou il gagna sûrement sa victoire dans le concours… Mais désormais c’est Juan de Castilla qui prenait le commandement en se jetant à genoux dans la boue vicoise pour, débuter une faena qui ne cessait de grandir en émotion et qui s’accompagnait de la musique. Une estocade comme on ne les croit plus possible et l’oreille que l’on aurait voulu double. Le deuxième héros de l’arène de Vic venait de naître.

Octavio Chacon malgré de bons moments fut un peu terne comparé à tant d’héroïsme.

Deux toreros qui ont apporté une immense dimension à cette corrida concours.

Jean-Michel Dussol

galerie photo de Bertrand Caritey

Nîmes, Navalon gagne la cape d’or

Photo Bruno Lasnier

Nîmes. Matinale. Un tiers. Très beau lot de novillos de Piedras Rojas (Patrick Laugier). Le sixième novillo fait une vuelta. Navalon remporte sans discussion la 63em cape d’or de Nîmes.

Photo Bruno Lasnier

Lalo de María, oreille et silence après deux avis

Photo Bruno Lasnier

Manuel Román, silence après avis et oreille après avis

Photo Bruno Lasnier

Samuel Navalón, oreille et deux oreilles

Les Piedras Rojas de Patrick Laugier ont fait preuve d’une belle noblesse et permis à Samuel Navalon d’obtenir trois oreilles pour gagner la Cape d’Or. Lalo de Maria et Manuel Roman ont également obtenu un trophée. Un lot bien présenté avec de la classe même s’il manquait de la force.

Samuel Navalon a lors de ses deux faenas entretenues montré une belle variété de son répertoire à la cape et à la muleta. Les séries se sont enchaînées avec fluidité et profondeur. Nous l’avions vu déjà très intéressant à Arles à Pâques. Face au sixième il a montré déjà un talent et une maitrise incontestable. Après ses bonnes prestations à Madrid, Séville, Valencia et Valdemorillo, le Valencian s’impose comme un grand espoir des novilleros.

Lalo de Maria a ouvert la novillada avec une tauromachie lente et esthétisme. Son taureau est peu châtié au cheval, comme la plupart de ses congénères. Beaucoup de douceur avec un novillo qui manque de transmission. Une bonne épée, un peu décentrée, a fait tomber le mouchoir pour la 1er oreille. Face au 4em taureau de la matinée il s’applique avec beaucoup de relâchement et le public est conquis. Il rate la mise à mort et perd tout trophée.

Manuel Roman avec un toreo lent à mi-hauteur gère un novillo manquant de force avant de connaître des échecs à l’épée. Il est vrai que sa petite taille semble un handicap certain pour l’exercice. Son second novillo était doté de bonnes qualités. Il toréé avec facilité et une certaine élégance. Il nous avait séduit à Arles à Pâques. Malgré un pinchazo et une épée portée sur l’avant, un trophée un peu généreux lui est décerné.

Galerie photo de Bruno Lasnier

Feria de Vic Fezensac 2024 : deux saluts face aux Cuadri

Vic-Fezensac. Première corrida de feria, temps couvert et pluie en fin de course, deux tiers d’arène, deux heures trente cinq de spectacle. Six toros de Célestino Cuadri, admirablement présentés, de deux piques le troisième, à quatre châtiments, le quatrième, pour les autres trois rencontre avec le cheval. Tous très compliqués et agressifs à la muleta .

Fernando Robleño (blanc et argent souligné de noir), au premier, deux pinchazos et une entière, un avis, salut, au quatrième, un pinchazo et une entière, silence.

Esau Fernandez (bleu marine et or) au deuxième, une entière, silence ; au cinquième, une entière basse, un avis et neuf descabellos, silence.

Gomez del Pilar (saumon et azabache), au troisième, trois pinchazos, avis, silence ; au dernier, un pinchazo et une entière, salut.

Présidence, Hugo Lavigne, assesseurs, Guy Bournac et Pascal Darquié

Vic, feria du toro ne pouvait mieux respecter sa tradition et son éthique qu’en faisant revenir, après plus vingt ans d’absence les toros de Cuadri. Force et puissance deux mots qui peuvent résumer cette course avec trois toreros, parfois débordés par cette caste et cette agressivité.

Des quatre ans s’approchant des cinq années, la difficulté ne fut pas une question d’âge puisque le premier, le plus « malléable » était né en octobre 2019. Robleño, cet habitué des courses dures depuis, bientôt un quart de siècle, signa la plus belle faena de la course avec une séquence à gauche particulièrement séduisante. Tout avait commencé sur l’autre main et après un subtil changement se promenait sur la gauche. Beaucoup d’harmonie dans ce jeu avec cet imposant adversaire… dommage qu’on ne lui ait pas accordé la musique, elle aurait rehaussé ces bons moments.

Par contre il n’allait pas rencontrer pareil adversaire pour sa deuxième sortie. Ce fut un moment où la technique du maestro, son habitude de vieux briscard lui permit de s’imposer sur le Cuadri qui avait déjà fait trembler le picador avant de revenir trois fois sous le fer. Un toro d’enfer !

Esau Fernandez qui a pourtant dominé des Victorino et des Miura se trouva par moment perdu pour maîtriser, cette caste. Certes il signa de forts belles séries sur les deux mains, offrit de superbes pechos. Il montra sa personnalité mais après une entière, l’arène garda le silence. Face à son second adversaire dédié au public l’équation multiplia les inconnus pour arracher quelques passes. Il termina en pleine difficultés, dans un ensemble brouillon dominé par ce terrible Cuadri qui avait été applaudi à son entrée en piste avant de pousser trois fois sur le cheval. Un sérieux client.

Pour Gomez del Pilar, habitué aux difficultés vicoises, la journée fut de celle que l’on ne veut pas imaginer. Manifestant une belle maîtrise à la cape et beaucoup de combativité avec le dernier toro de la course, il vint se jouer la vie sur les cornes pour dessiner quelques séries débordantes de volonté. La aussi un toro à ne pas mettre entre toutes les main.

Ce retour des Cuadri à Vic était la poursuite de la légende. Six lutteurs, lourds et bien armés poussant fort sous la pique le toro comme on l’aime à Vic.

Jean-Michel Dussol

Galerie photo de Bertrand Caritey

Feria de Vic-Fezensac : Trois garçons mal à l’aise face à d’excellents Raso de Portillo

Photo Bertrand Caritey

Une excellente novillada de Raso de Portillo a ouvert la feria de Pentecôte à Vic. Même s’il n’y a qu’un seul salut, celui de El Melli avec le cinquième toro, ici on vient voir des toros. Il n’y avait pas de quoi être déçu par ce lot, d’une régularité parfait, une dizaine de kilos, tout au plus devaient séparer ces combattants. Le président, Alain Darroman a voulu jouer, jusqu’au bout la règle des trois piques. Même si les piqueros ont été plutôt discret avec le troisième châtiment, on a vu quelques très belles, charges, des galops intéressant vers le cheval. C’est un pari gagné.

Toros excellents avec par contre quelques novilleros qui n’ont pas su passer leur agrégations.

Vic-Fezensac, Novillada. Temps nuageux, température agréable, quelques gouttes de pluie, une jolie demi-arènes, deux heures vingt de spectacle. Sept novillos de Raso de Portillo, le troisième changé pour boiterie, par un sobrero du même fer. Tous bien présentés, entre trois et prés de quatre ans. Le premier, une pique, tous le autres trois châtiments, les seconds, quatrième et cinquièmes applaudi à l’arrastre.

Alvaro Seseña (bleu roi et or), au premier, un pînchazo deux entières, un avis, silence ; au quatrième, une entière basse, silence.

El Melli (bleu très clair et or souligné de noir) au deuxième, deux pinchazos, trois-quarts de lame, silence ; au cinquième, un pinchazo et une entière, salut.

Jesus de la Calzada (bleu du ciel et or), au troisième, un pinchazo et une entière basse, silence ; au dernier, une entière, silence.

Présidence, Alain Darroman, assesseurs, Richard Campistron et Pascal Bouneau.

On a ouvert les hostilités avec Alvaro Seseña. Deux silences avec une certaine pauvreté à la cape. A la muleta il n’a pas su toujours se glisser dans le bon sitio. Un mystère pour lui. Aussi après deux passes à genoux, fut-il obligé de rompre ses longs muletazos, sur la main droite, sans trouver plus de réussite sur la senestre ou il fut bousculé… Il revient pour brinder à Etienne Barbazan et ouvre le débat avec des passes à mi-hauteur avec une faena au centre de la piste. Il se contentera bien souvent de la main droite étant obligé de rompre à gauche. Pas commode ces novillos de Raso de Portillo qui ne voulaient pas se laisser faire.

El Melli avait quitté son beau pays de Sanlucar, pour se faire connaître dans le Nord. A sa première sortie il eut la chance de croiser une fabuleuse corne guche et il signa d’immenses naturelles. Un échec à la mort le prive du mieux. Par contre face à son second il trouve vite le rythme du toro et s’impose graduellement. Le garçon prend le dessus et utilise souvent sa main gauche avec laquelle il terminera, genoux pliées, muleta aidée par l’épée. Avec sa mise à mort correcte cela valait mieux qu’un simple salut.

Jésus de La Calzada n’est pas un grand capeador. Par contre il a tenté de se rattraper à la muleta en citant de loin avec une bonne première série. Par contre il fut en difficulté à gauche à part sur la fin de son deuxième adversaire, où il est parvenu à une certaine sérénité.

Jean-Michel Dussol

Galerie photo de Bertrand Caritey

MADRID, TRIOMPHE DE GUILLERMO  : UN MENDOZA PEUT EN CACHER UN AUTRE

Arènes combles à Madrid pour la despedida de Pablo Hermoso de Mendoza, mais c’est Guillermo son fils qui remporte la mise en ouvrant seul la première grande porte de la San Isidro 2024.

Les six exemplaires de Capea et Carmen Lozano bien présentés et modestement épointés, ont donné du jeu parfois pas jusqu’au bout et le dernier se voit attribuer la vuelta al ruedo.

Pablo Hermozo de Mendoza : salut et oreille

Lea Vincens : ovation et silence

Guillermo Hermozo de Mendoza : ovation et deux oreilles

C’est visiblement très ému que Pablo Hermoso de Mendoza fait pour la dernière fois le paseo dans les arènes de Las Ventas. Il brindera son premier toro à Joao Mura qui fut un grand cavallero en praza portugais avec Manuel Vidrie l’un de ses mentors avant d’être compagnon de se premiers cartels. Ce premier toro sort avec fougue et donne d’entrée beaucoup de jeu dans des cercles très serrés les cornes dans la queue du cheval. Le premier réjon de châtiment tombe au sol le second est en place. Vient ensuite le festival avec Berlin et les Hermosinas, ces poursuites dans lesquelles le cheval change de pied et de direction au raz des cornes et cela sur tout le périmètre. La première banderille est posée de face la seconde à la croupe. Et puis c’est un peu tout le toro s’arrête à la farpa suivante et la mise à mort à toro arrêté se fait en deux temps et un descabello.

A son second adversaire Pablo pose un premier rejon dans l’épaule et le second en place, Le début de faena est plutôt ennuyeux, mais à partir de la troisième pose très risquée et qui fait lever le public, les choses s’accélèrent ? Le toro se grandit et l’émotion gagne les gradins les poses se font de face et les trois roses finales sont parfaites . Le rejon de mort quoique en arrière est suffisant et la pétition majoritaire.

Lea Vincens n’a pas démérité loin de là. Excellente cavalière et bonne torera elle a laissé deux bonnes faenas malheureusement mal terminées par de nombreux pinchazos.

Guillermo Hermoso n’a déjà plus besoin de se faire un prénom, il a déjà triomphé dans la première plaza du monde. Aujourd’hui il confirme son excellent niveau comme rejonéador. Sa première prestation est de bon niveau mais parfois approximative dans la localisation des rejons et des farpas. Sa dernière paire de banderilles courtes est cependant parfaite. La mise à mort est hasardeuse : deux pinchazos avant une entière en arrière et deux descabellos.

A son deuxième toro la sérénité est revenue . Le toro est un peu long à fixer mais le toreo est parfait le rejon unique sera parfaitement porté de face. Pour les quatre premières farpas Guillermo a emprunté Berlin à papa et le festival commence, hermosinas à n’en plus finir entrecoupées de poses au quiébro qui font rugir les tendidos debout. Guillermo restera sobre deux roses et une paire de courtes à deux mains pour conclure, Madrid est conquise. Le rejon de mort est parfait et d’effet rapide. La pétition de deuxième oreille est presque plus forte que pour la première et par la même occasion la présidence accorde la vuelta al ruedo au toro. C’est une nouvelle puerta grande pour Guillermo alors que Pablo sort à pied ravi du succès de son fils.

Jean Dupin

Osuna, un Victorino de vuelta et grande tarde de Ferrera

Osuna, deuxième de feria. Plus de ¾ d’arènes.

Six toros de Victorino Martin, le cinquième vuelta al ruedo après une forte pétition d’indulto.

Rafaelillo : silence et une oreille.

Antonio Ferrera silence et deux oreilles et la queue après deux avis.

Curro Diaz : deux oreilles et silence

Victorino Martin et Antonio Ferrera on fait une vuelta commune au cinquième toros.

Corrida variée avec du trapio mais aux défenses exagérément raccourcies, chose surprenante et inacceptable en présence d’un ganadero de ce niveau, même dans une arène de troisième catégorie. Au moral il y eut de tout : les deux premiers sur la réserve dangereux avec du genio, le troisième se laissant faire, le quatrième encasté, le cinquième d’une noblesse exceptionnelle humiliant avec classe et ne se lassant pas de charger, le sixième faible.

Rafaelillo  est un habitué des coupes gorges et il sera ce dimanche face aux Miura à Madrid. Rude week-end pour le murciano.  Comme à son habitude, il a prouvé qu’il avait le goût du risque, une manière de se mettre en danger qui porte sur le public. IL fut accroché plusieurs fois sans conséquence et malgré une épée défectueuse coupa l’oreille de son second après une faena  qui connut des moments moins agités.

Grande tarde d’Antonio Ferrera  qui après lidié le premier rapidement s’accorda totalement avec l’excellent second. Faena engagée, volontaire et donnée essentiellement pas le bas dans un rythme adéquat. Il sut faire monter la pression et se refusa à tuer l’animal s’appuyant la pétition du respectable. Un poil démagogue, c’est son pêché mignon, il attendit les deux avis avant de se décider à clouer l’animal qui fut honoré d’une vuelta méritée. Il partagea son triomphe avec Victorino.

Bien Curro Diaz à son premier toro, passant le Victorino à la cape avec sa classe naturelle et la capacité qu’on lui connaît. La faena fut bien construite avec du goût et de la personnalité malgré la difficulté de l’animal, encasté et spectaculaire. Il le tua d’une épée basse ce qui ne l’empêcha pas de récolter un double trophée. Il abrégea par la suite en raison de la faiblesse de l’ultime toro de tarde.

L’expérience a prévalu hier à Osuna face à un lot varié de Victorino et on peut le dire avec admiration : il y a de beaux restes dans ce trio de solides guerriers…

Pierre Vidal

Miguel Angel PERERA et Emilio DE JUSTO « Toreros de Madrid »

MADRID 17/05/2024- 7° course de la San Isidro 2024. Arène pleine, ciel partiellement nuageux, 20°, petit vent.
6 toros de LA QUINTA pour 3 matadors du premier groupe, affiche justifiant le nouveau plein des arènes avec un public du vendredi soir de Madrid, heureux de venir à Las Ventas avant de partir en Week end.
Toros : Poids et âges divers, 577, 574, 589,532,543,627 kg, cornes infernales comme toujours ici, manque de race en général, à part le 5°, visible dès les piques peu poussées, ne permettant pas le bon toreo, des Santa Coloma dangereux poussant les acteurs à l’héroïsme.

Miguel Angel PERERA, grenat et noir argenté, ovation après 2 avis et Vuelta très fêtée après pétition d’oreille.

Emilio DE JUSTO, gris clair et noir, ovation puis Vuelta très fêtée elle aussi après pétition d’oreille.

Gines MARIN, bleu et or, silence et silence.
Saluts des banderilleros El Alagabeno au 2° et Morenito de Arles au 5°.

Ce soir il fallait conduire et aussi bien Miguel Angel PERERA que Emilio DE JUSTO savent conduire sans doute mieux que Gines Marin qui nous a paru en retrait par rapport à ses deux compagnons d’affiche.

Miguel Angel PERERA est en grande forme cette année comme on a pu le voir à Séville, il a le sitio et il commande aux toros, même à ceux qui ne pensent qu’à l’encorner de la droite comme son second toro. Deux fois prévenu il impose sa domination et c’est la même chose sur la corne gauche qui ne veut pas plus passer. Ce toro est un assassin mais PERERA est un patron, et un patron ne s’échappe pas, arrivant à estoquer loyalement ce toro impossible. Demande d’oreille, pas accordée mais vuelta triomphale.

L’ estocade justifiait à elle seule l’octroi de l’oreille, mais peut-être le Président l’a-t-il mal vue. Bronca donc au palco.

Ason premier toro il avait servi un travail important à un toro peu combatif, lui imposant par sa science du placement et du commandement deux bonnes séries à droite et une bonne série à gauche, mais la mise à mort fut trop longue avec deux épées et trois descabellos, le contraire en quelque sorte de l’épée à son second toro. Pas de chance…


Emilio de Justo est héroïque avec son second toro, le cinquième de l’après midi, qui l’a pris de la corne droite et envoyé dans les airs, heureusement sans gravité. Sa tauromachie alors de la main gauche, pieds déchaussés, mais Madrid debout par une série de naturelles fondamentales, certaines de face. La trinchera finale avant la mise à mort est d’anthologie. L’épée un peu derrière et trois descabellos sont malheureusement nécessaires qui privent le torero d’une voire deux oreilles. A son premier toro après un quite par chicuelinas mains très basses il avait servi une faena courte et engagée à un toro peu racé.


En fait PERERA et DE JUSTO sont deux monstres de tauromachie face à des toros aussi difficiles et
méchants que ceux de LA QUINTA cet après-midi, et Gines Marin, pourtant bien disposé lui aussi n’a pas encore atteint leur bagage technique pour devenir « Torero de Madrid ». A noter cependant son désir de triompher puisqu’il avait reçu son premier toro à genoux à la porte du toril, tout comme l’avait fait Perera au taureau d’ouverture.

EXIR

Nîmes, la course camarguaise

Nîmes (France). Jeudi 16 mai 2024, Journée internationale de la tauromachie. Colisée romain. Foire de la Pentecôte. Corrida Camarguaie, concours de troupeau, Trophée Jean Lafont. Entrée : Demi-place.

Taureaux : Aramis (troupeau de Nicollin), Ursule (troupeau de Cuillé), Acajou (troupeau de Lautier), Vizir (troupeau de Saumade), Ripart (troupeau de Didelot Langlade), Vicaire (troupeau de Saumade), Castella (troupeau de Saumade, Biou d’or 2023).

Raseteurs : Félix ; François Martin ; Ziko Katif ; Marignan ; Zekraoui ; Lopez; Nordine El Ghiati ; J. Martin.

Détails:

Une minute d’applaudissements a été donnée à Cédric, récemment décédé.

Le raseteur Ziko Katif et son partenaire Esteve ont été proclamés vainqueurs.

Le taureau de troupeau Castella de Saumade et Biou de Oro 2023 a remporté le prix du concours de troupeau.

Un prix « Coup de cœur » a été décerné à Romain Bruchet pour sa carrière

gallerie photos P. Gil Mir

Nîmes 16-05-2024 Corrida Camarguesa Trofeo Jean Lafont © Philippe Gil Mir

Madrid : projection de Tomás Rufo

Par Antonio Arévalo


Madrid, 16 mai. «Lleno de no hay billetes ». 5 toros de Victoriano del Rio et un de Cortés, sorti en premier et protesté par une partie du public pour son trapio. Les cinq autres à la présentation inégale, combatifs au cheval, le plus complet le troisième et dans une moindre mesure le second. Intéressant aussi le quatrième.


Sébastien Castella silence et avis et salut après pétition minoritaire.


José Mari Manzanares salut après pétition et silence.


Tomás Rufo oreille et silence.


Importante prestation de Tomás Rufo qui a justifié amplement sa présence dans ce cartel des figuras si attendu. On l’a vu serein, déterminé et avec une excellente conception du toreo. Son premier toro de Victoriano fut le meilleur de la course et il le comprit à la muleta dès le début de la faena. Bien placé, administrant les passes avec du goût, il fut cependant accroché de manière spectaculaire après un changement de main.

Torero de race, il est revenu devant l’animal pour lui faire endosser de superbes naturelles, acclamées par le public. Faena vécue avec intensité sur les gradins et malgré une demie estocade, il coupa une oreille de poids.

Son second, le dernier de la corrida, excessivement grand et haut, ne s’employa pas au cheval et chargeait avec âpreté aux leurres. Une nouvelle fois, la détermination, le sitio du torero de Tolède lui permirent d’initier avec des statuaires d’un engagement total la faena. Mais le toro déclina petit à petit malgré la volonté du matador. Un torero à suivre, à voir, dont il faut aussi souligner un énorme courage qui va sans
doute lui permettre de se hisser au plus haut. Enhorabuena !

Bonne après-midi également de Manzanares, surtout à son premier, toro de Victoriano aux charges courtes à la cape et qui se révéla à la muleta. On l’a vu toréer avec « empaque », surtout de la main droite. Difficile de le faire avec la gauche, car à ce moment là de l’après-midi il faisait beaucoup de vent. Il a manqué à sa faena une série supplémentaire qui aurait donné plus d’envergure à sa prestation. Malgré une demie épée, bien placée, il y eut une pétition.

Bon début de muleta également au cinquième, avec du « señorío », cette prestance naturelle qu’il porte en lui, mais le toro n’alla plus loin.

Castella n’eut pas de chance avec son premier, protesté dès sa sortie, et vite vide de charges. Le quatrième fut plus collaborateur, surtout parce qu’on fit très attention à lui et qu’il ne fut pratiquement pas piqué. Début vibrant de faena, très imaginatif, porté par l’inspiration mais le toro, malgré sa noblesse, manquait de fond et ne tarda pas à protester à la fin des passes. Sébastien lui administra des séries courtes et s’engagea sur ces terrains de proximité qu’il affectionne. Il y eut une pétition minoritaire après une bonne estocade.

Signalons également la qualité des cuadrillas qui s’illustrèrent aussi bien à la pique
qu’aux banderilles en cette journée mondiale de la Tauromachie où il y eut également une minute de silence à l’issue du paseo en hommage à Joselito « El Gallo », décédé le 16 mai 1920 aux arènes de Talavera.

Enrique Ponce nous parle de son retour

Bel interview du maestro à déguster.

Vamos à ver..Le premier jour de la despedida c est demain à Nîmes. Avec Alejandro Talavante et David Galvan. Toros de Juan Pedro Domecq.

Bonne chance.

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