Photo Bruno Lasnier

Arene de Bayonne. Temps frais sans pluie. Pratiquement plein. 5 toros de Zacarias Moreno et 1 le cinquième de Daniel Ruiz

CORRIDA GOYESQUE BLEUE

Morenito de ARANDA : salut après avis et deux vueltas après pétition minoritaire

Juan ORTEGA : salut et silence

David DE MIRANDA : silence et vuelta après une lgère pétition.

On avait mis à Lechepaillet, les petits plats dans les grands et l’arène était superbement décorée d’un Bleu Atlantique et les toros semblaient danser comme des dauphins sur les vagues peintes sur la toile qui recouvrait les burladeros. Tout compte il est vrai et là c’était parfait, bravo aux créateurs de cet univers marin : Pierre Sahüte et Miguel Etcheverria. De plus, les gradins étaient très copieusement garnis malgré l’absence de l’idole : une entrée qui donne le moral et qui montre, sans équivoque, l’attachement des bayonnais à la corrida.

Il paraît que la forme c’est le fond et réciproquement… c’est du moins ce que disent les philosophes. Le déroulement de la tarde, les aura fait mentir car malgré cette élégante enveloppe et ce succès populaire, il n’y eut pas grand-chose à se mettre sous la dent. La « faute » en incombe d’abord aux toros.

Un ensemble disparate de présentation, avec certains éléments justes pour une arène de cette catégorie mais correctement armés. Le manque de fond et la faiblesse ont marqué le lot qui néanmoins est allé au cheval avec allant. Le troisième sorti boiteux aurait dut être changé, le sixième était d’une faiblesse rédhibitoire ; pour le reste : le premier s’est défendu sans jamais rompre mais avait son intérêt, le second s’est rapidement arrêté et parti aux planches, le quatrième a été le plus complet avec de l’émotion, le cinquième (Daniel Ruiz) juste de force et sans transmission. Un ensemble peu propice aux exploits de coletudos.

Morenito est parti à porta gayola d’emblée donnant le ton. Le client n’était pas commode : vite arrêté, violent, se défendant et créant ainsi du danger. C’est dans ce type de situation que Morenito expérimenté et courageux, se grandit. Il assuma le genio de l’animal et malgré son sinstinc défens if lui imposa sa loi dans un style académique. Maladroit à l’épée et ouvrant aussi le bal -circonstance aggravante- il fut appelé à saluer. Face au quatrième plus amène il sut connecter avec les tendidos grâce à son entrega et aussi une réelle profondeur dans ses séries à gauche notamment. Une fois encore, alors que le succès lui était promis, l’acier le trahit et il se contenta d’une double vuelta.

Juan Ortega avait mis le costume des grands jours un blanc immaculé (qui le resta jusqu’à la fin) soutenu d’une veste bleu céleste. Mais ces dispositions vestimentaires ne présumaient pas de ses intentions que l’on qualifiera de pusillanimes. On se contentera en effet de ses deux très belles entrées en matière au capote qu’il manie avec une langueur andalouse et d’une quite par chicuelinas. A la muleta des détails de classe mais jamais de construction cohérente ; on passera sur ses épées.

David de Miranda était le remplaçant de luxe de Roca Rey. On attendait beaucoup de cette présentation. Le triomphateur de Séville et de Malaga n’eut vraiment pas de veine au sorteo. Au premier invalide il ne put donner une seule passe, il eut le mérite d’écourter. Face au dernier très faible, David donna une image de ce qu’il pouvait faire : faena engagée, donnée en uno por uno, en s’exposant un maximum. Ce toreo de vérité qui en fait la grande révélation de la temporada ne porta pas ou peu sur le public en raison du manque de transmission de l’adversaire. Il tua mal mais eu droit lui aussi à faire sa vuelta précédée de quelques mouchoirs isolés.

Pierre Vidal