Soleil et vent. No hay billetes. Quatre toros par ordre de sortie de Virgen María, Jalabert, Margé et Garcigrande à la place d’un autre Margé blessé.

Christian Parejo : oreille, oreille, oreille et deux oreilles.

La première satisfaction – et surprise – de cette encerrona a bel et bien été l’entrée enregistrée avec ce no hay billetes historique en ce lieu.

Sur le plan taurin, une autre satisfaction aura aussi été l’implication de Christian Parejo et sa cuadrilla tricolore avec un bétail qui ne lui a pas toujours rendu la partie facile, mais le Chiclanero a manifesté une belle entrega qui l’a aidé à franchir les écueils.

Après un Carmen chanté au paseo, ouvrant les débats avec un Virgen María applaudi à sa sortie pour une présentation remarquable, Christian brinda à l’assistance une faena débutée avec décision et temple. Auparavant, le pupille de Jean-Marie Raymond avait pris deux piques suivies d’un bon second tercio. Par la suite, muleta en mains, le protégé de Tomas Cerqueira se servit de la bonne charge de son opposant, notamment à bâbord pour proposer plusieurs échanges trouvant un bon écho sur les tendidos. Après demie puis entière et descabello, une première esgourde est venue récompenser un labeur au demeurant méritoire.

Sortit ensuite un Jalabert avec lequel il composa un bon enchainement véroniques/chicuelinas/rebolera suivi d’un bon puyazo puis d’un brindis au maire Gérard Abella. Début au fil des planches par le haut puis Christian eut du mal à proposer une copie totalement aboutie faute d’embestidas propices au bon toreo, mais il se battit comme un beau diable pour donner tout de même le change, sa pugnacité étant d’autant plus récompensée qu’il tua d’un coup de canon lui valant un autre appendice.

Vint ensuite le tour d’un Margé porteur de deux poignards tutoyant le ciel, ce qui lui valut une belle ovation de salida. Après un puyazo puis un brindis à l’adresse du respectable, début de faena par deux cambios au centre sans bouger un orteil. Las, Christian allait vite s’apercevoir que le plumage n’était pas raccord avec le ramage, mais malgré tout, il s’efforça de donner faena, se montant à son avantage sur plusieurs mouvements aux contours ajustés. Et comme il tua au passage d’une entière, un nouveau trophée est venu s’ajouter au tableau.

Avec le Garcigande qui fermait le bal, bonne réception capotera suivie après une pique par un remarquable quite puis un second tercio applaudi. Plus tard, les circonstances ont fait que Christian a dû puiser dans ses recours techniques pour tirer le meilleur d’un client qui ne tarda pas à lorgner vers les planches. Travail technique méritant la mention, le jeune maestro faisant contre mauvaise fortune bon cœur, améliorant son adversaire et s’attirant une dernière fois les faveurs du conclave après une nouvelle entière d’effet immédiat. Double récompense venue étayer sa performance, celle d’un torero sérieux qui a su s’adapter aux conditions de chacun de ses opposants et qui a agi en fonction des circonstances.

https://feria.tv/video/4584/encerrona-reussie-de-christian-parejo-a-boujan

Même si tout ne pouvait pas être parfait, Christian a su rendre une copie plus qu’acceptable, venue à point nommé pour montrer que son triomphe de la récente feria biterroise était loin d’être usurpé. Ce qui semble de bon augure pour la suite, non ?

Paul Hermé http://torofiesta.com