Par Antonio Arévalo

La première éphéméride, les trente ans de la feria « Rugby y Toros », imaginée par le regretté André Duranteau, mélangeant ces deux aficions qui ont tant de choses en commun. Un rendez-vous où on se fait souvent plaisir car le choix des novillos a presque toujours été pertinent et les propositions concernant les novilleros alléchantes. Ce fut de nouveau le cas avec les novillos de l’un des fers les plus
importants aujourd’hui, celui d’Alcurrucen.

Aure éphéméride : la dernière novillada du prochain matador Yon Lamothe. Il fut bien servi à son premier, un novillo d’une noblesse infinie, beaucoup de classe et qui transmettait de l’émotion. Un novillo de deux oreilles et Yon n’en coupa qu’une. Faena avec de bons enchaînements, du savoir-faire, à laquelle il manqua la folie, se aisser aller. Yon me plût davantage sur l’autre, un novillo protesté pour sa faiblesse
qui fut très noble à la muleta. Le torero landais sut bien mesurer sa faena, faire oublier au toro son handicap et résoudre les problèmes techniques qu’il lui posait. Mais l’épée lui empêcha de couper une deuxième oreille qui lui aurait permis de sortir en triomphe.

Photo B. Caritey

Encore une éphéméride : la présentation dans le Sud Ouest de Lalo de María. De nouveau, comme ce fut le cas à Madrid et surtout à Nîmes, il a interpellé les aficionados. Ses deux faenas furent inégales, mais il régala le public à certains moments avec de longs muletazos à son premier et, au cinquième, il dessina de très belles naturelles et surprit l’aficion landaise en s’arrimant au novillo en fin de faena. Il aurait pu couper une oreille à chacun de ses novillos mais la mise à mort est raiment, aujourd’hui, son talon d’Achille.

Photo Caritey


Dernière éphéméride (et il y en aurait sans doute d’autres) : Cristiano Torres, novillero de Saragosse, se présentait en France et ce n’était que sa deuxième novillada piquée. Un garçon avec une forte personnalité qui a bien accroché avec le public etqui a montré beaucoup de qualités. Il torée avec goût à la cape et à la muleta il a detrès bonnes bases alliant classicisme et toreo plus spectaculaire.
Il avait remporté en début d’année le « Zapato de Plata » au mois de mars et avait fait sensation à Saragosse pour sa première piquée en sortant triomphe. S’il avait eu plusde réussite à l’épée, il aurait coupé au moins deux oreilles. Un novillero à suivre de très près.

Photo Caritey


Signalons pour finir que se tint une Fiesta Campera matinale avec Joaquín Galdós qui eut un très beau novillo de La Espera qui malheureusement se cassa une patte aux premières passes de cape et auquel il ne put faire faena, l’achevant en piste au descabello. Alejandro Marcos montra quelques beaux gestes, en particulier des naturelles, devant un novillo de La Espera qui chargea à peine au cheval et fit souvent
« hilo » a la muleta. Une nouvelle fois, Alejandro Marcos se montra très déficient à l’estocade.

Photo N. Couffignal


Adrien Salenc fut confronté à un novillo compliqué d’Alma Serena, impossible de la corne droite, il le cherchait en permanence et un peu plus engagé sur la gauche, mêmes’il ne baissait pas vraiment la tête. Ce ne fut pas une partie de plaisir pour le toreroNîmois, mais il sut surmonter les difficultés et conclure d’une épée efficace.

Photo N. Couffignal

Captieux. Dimanche 4 juin. Plus de trois quarts d’arènes. Le paseo fut retardé suite àun orage mais il n’a pas plu ensuite pendant la novillada.
6 novillos d’Alcurrucén, inégaux de présentation, excellent le premier, nobles maisaussi faibles dans l’ensemble.
Yon Lamothe oreille et saluts après avis.
Lalo de María saluts et vuelta après pétition.
Cristiano Torres saluts après pétition et avis et silence après deux avis.