Le cartel était étrange et fait sans doute pour séduire des publics différents.  Du plus fin des toreros, premier à intervenir au plus téméraire et démonstratif, dernier de la terna, on trouvait, au milieu, le malheureux Diego Urdiales qui hérita de toros difficiles et qu’il jugea intoréables, en particulier le 5ème, noble malgré son trapio impressionnant   devant lequel le petit maestro de la Rioja semblait écrasé.

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photo Arènes de Nîmes

Si on s’intéresse au spectaculaire, à l’audace juvénile, à la témérité n’ayant pas toujours la justesse d’exécution souhaitée, notamment à l’épée, on aura été convaincu par Juan Leal. Citer le toro à genoux depuis le centre de la piste, voler sur le mufle avec une chance inouïe de ne pas être encorné, garder son calme en toutes circonstances  voilà le style de Juan Leal. Les cornes contre le visage, si vous aimez ça, pas moi, et sans doute pas les spectateurs qui cet après midi ont vibré très fortement lors de la prestation de Finito de Cordoba à son second adversaire.

Déjà à son premier , la douceur, la lenteur,le rythme profond promettaient… Malheureusement l’échec à l’épée se finit mal puisque les trois avis resonnèrent et Soplon, toro negro de 552 kgs regagna vivant les corales des arènes.

Mais le grand Finito, reçut le 4ème, Zulardado, negro bragado de 522kgs avec la très ferme intention de marquer nos souvenirs.

Il nous fit profiter   sur un rythme lent, une cadence profonde, de son toreo  si beau, par le bas, sur les deux cornes. Faute de goût évidente, la musique joua pendant toute la faena un paso doble parfaitement inadapté, vulgaire et insipide.

La musica callada del toreo nous aurait suffi tant Juan Serrano, en état de grâce, s’abandonnait au balancement dans ses chevilles de la tête du toro. Main basse, rectitude et inclinaison du corps parfaitement mesurés, sans la moindre trace de démonstration  ou de coups d’oeil vers un public plus porté à la complicité avec les batteleurs qu’avec les grands artistes.

Et pour tout dire la vuelta al ruedo de Finito de Cordoba , précédée d’un extraordinaire abrazo avec l’éleveur, restera dans ma mémoire comme une plus grande récompense que l’oreille ou même les deux de ce noble et brave animal.

Il n’en reste pas moins que Juan Leal est le triomphateur de cette tarde en ayant coupé 1 oreille et 2 oreilles à ses adversaires.

La deuxième, pour la très vilaine estocade (ultra rapide)n’aurait jamais du être accordée par la présidence.

Finito de Cordoba ( de rouge et azabache) sifflets après trois avis et vuelta  al ruedo(1avis).

Diego Urdiales( de vert de gris et or) applaudissements après 1 avis .

Quelques applaudissements .

Juan Léal (Violette de Parme, ou de Toulouse ou des Alyscamps et or) 1 oreille avec pétition de la seconde et deux oreilles.

J F Neviere