Le ministère de la culture espagnol dirigé par l’anti-taurin notoire Uribes vient de décerner la médaille prestigieuse d’or du mérite « Bellas Artes » à la Real Maestranza de Séville. C’est un geste symbolique d’autant qu’il est accompagné d’une déclaration soulignant le rôle joué par la Maestranza dans le soutien apporté à la tauromachie comme patrimoine culturel universel de l’Espagne. Patrimoine qui était inscrit dans la loi de 2013 et resté sans effet. Cette récompense prestigieuse n’a pas été attribuée en 2018 et, très appréciée, elle réchauffera le cœur des taurins.  

Tout cela ne coûte pas cher et pourrait apaiser les tensions internes à la gauche où se sont manifestés des oppositions à la ligne anti-corrida du ministre, aussi bien au sein du Parti Socialiste Espagnol que du Parti National Basque (PNV). Est-ce un changement de pied ? Il faut se souvenir que Podemos, l’allié essentiel des socialistes, est sur une ligne radicalement anti. Aura-t-il le dernier mot, ça n’est pas sur car l’attelage PSOE/Podemos est instable. La mobilisation des taurins a certainement joué un rôle positif dans ce début de reconnaissance par le pouvoir qui ne fait pas recette sur ce registre : Il ne sert à rien de maintenir un front inutile ont dû se dire les amis de Pedro Sanchez une médaille ça ne coûte pas cher. Qu’en sera-t-il des aides nécessaires à la survie du secteur ; des ganaderos surtout… ?

Même si cette récompense est justifiée au regard de la beauté de la Maestranza et de son rôle dans l’histoire de la tauromachie, on notera que cette médaille n’a pas été concédée à un torero comme elle le fut pas le passé. Voici les précédentes récompenses : 1996: Antonio Ordóñez, 1997: Santiago Martín “El Viti” y Curro Romero, 1998: Miguel Báez Espuny “Litri” y Pepe Luis Vázquez , 1999: Álvaro Domecq y Díez, 2000: Antonio Chenel “Antoñete”, 2001: Rafael de Paula, 2002: Manolo Vázquez, 2003: Ángel Luis Bienvenida y Juan Antonio Ruiz “Espartaco”, 2004: Paco Camino, 2005: José María Manzanares, 2006: Enrique Ponce y el crítico Manuel Molés, 2007: José Tomás, 2008: Francisco Rivera Ordóñez, 2009: Luis Francisco Esplá, 2010: José Miguel Arroyo “Joselito y Pepín Martín Vázquez, 2011: Ángel Peralta, 2013: Victorino Martín Andrés, 2014: Manuel Benítez “El Cordobés”, 2015: Pablo Hermoso de Mendoza, 2016: Julián López “El Juli”, 2017: Dámaso González ; 2019: La Maestra Nati, sastra de toreros, 2020: La Real Maestranza de Caballería de Sevilla.

Que du beau linge… que rejoint désormais la séduisante Maestranza.

PV