Pablo Picasso (1881-1973), La Minotauromachie, 1935, gravure sur papier, avec marges : 57,3 x 77,4 cm.Estimation : 800 000/1,2 M£
© Succession Picasso, 2020



Bien qu’étant un des clichés les plus répandus sur les toreros, la croyance dans les superstitions n’était pas seulement attribuée aux personnes à coleta mais était générale dans les temps anciens. Les risques de cette profession et l’origine populaire de la plupart des matadors contribuent à l’épanouissement des dits préjugés devant certaines choses et situations. Les toreros n’ont jamais été des exemples de cartésianisme ou de positivisme scientifique.


Dans la Lidia du 10 juin 1895, J.Sanchez de Neira mentionne l’aversion de Juan Leon, un torero de l’époque de Fernando VII, pour le chiffre zéro. « Jour zéro, un trou dans la peau » disait-il. Il évitait, si possible de toréer les 10, 20 ou 30 de chaque mois, et s’il ne pouvait l’éviter il montrait dans l’arène nulle envie de s’exposer et une prudence excessive dans le tercio de muerte .


Manuel Diaz Lavi considérait comme fatals les toros noirs. En fait, plus d’une fois, affirme Sanchez de Neira, il fut attrapé par des bêtes de ce pelage comme quand à Madrid en 1852 un toro de Duran le renversa et « le dénuda complétement laissant par chance sa peau intacte ».


Rencontrer, en chemin vers la plaza, un cortège funébre était aussi signe de « mala pata .» Ainsi ce qui est arrivé à Manuel Garcia El Espartero, le 27 mai 1894 quand il eut une collision avec un véhicule des Pompes funèbres. Sanchez de Neira se demandait si cet événement avait pu influer sur son courage au moment de tuer et de recevoir la cornada qui lui coûta la vie.
Rafael El Gallo, qui niait être superstitieux, disait que ça lui était égal de rencontrer un enterrement bien qu’à choisir, il préférait tomber sur un baptême.

Publié par Retablo de la vida antigua

in Toros en Mimizan (MJB)