Mois : décembre 2020 Page 1 sur 7

Les ganaderias vicoises

Pour bien finir 2020 ou commencer 2021 , Vic annonce les ganaderias de sa Féria de Pentecôte.

Les toros des différentes corridas et novilladas proviendront des ganaderias Cebada Gago, Escolar Gil, Pedraza de Yeltes, Raso de Portillo, Rehuelga, Hoyo de la Gitana, Fraile, Dolores Aguirre, Baltasar Ibán, Peñajara, Barcial, San Martín, Tulio Vázquez, Los Maños, Pincha, Yonnet, Samuel Flores y Pagès-Mailhan”

Décès de l’ex banderillero “El Melli”

Sanlucar de Barrameda, Cadix

Photo “El Califa”

L’ex novillero et banderillero sanluqueño El Melli (vieux) est décédé le 28/12/2020.  Novillero puis  banderillero , El Melli nous a fait faux bond le jour des Saints Innocents (ce jour correspond, en Espagne, au poisson d’avril )  Il était le père de J Antonio Vidal et du jeune novillero German Vidal “El Melli”. 

El Melli était un personage local très connu à Sanlucar et aprecié des aficionados. Il suivait avec passion la carrière de son petit fils German qui a pris le même apodo de lui “El Melli” et qui est un des plus brillants espoirs des novilleros sans picadors, comme on a pu le voir récemment sur Canal Sur. Lors de ses obsèques des nombreux matadors, novilleros et banderilleros étaient presents, parmi eux : J.J Padilla, Jesuli de Torrecera et El Califa de Aragua.

Le siège de la grande porte des arènes de Sanlucar où il aimait à s’assoir lors de l’entrainements des toreros restera désormais vide . Que la Terre lui soit légère.

Descanse en Paz.

Jesus Hernandez

“El Meli” en compagnie de son petit fils German Vidal “El Melli” (photo Califa)

Derrière le nuage noir, un ourlet de lumière (I)

Par Dominique  Valmary.

        Platon rapporte qu’appelé au chevet d’Axiochus, Socrate dit à celui-ci : « Peux-tu avoir oublié la loi de la nature, et cette vérité si connue, si souvent répétée par tout le monde, que la vie n’est qu’un voyage, et qu’il faut, après l’avoir achevée le mieux possible, se soumettre à la nécessité volontiers, pour ne pas dire avec des chants de triomphe » !

            Ils vivent dans le piémont de la si belle et verte vallée de Neiva au pied de la Cordillère Centrale. Le pays de Botero et de Garcia Marquez sait flatter les sens. Jouissance, lascivité, félicité apparentes, pauvreté, violence, misère cachées s’y nourrissent des contrastes, des oppositions et des bigarrures de la vie. Contraste et opposition aussi pour les paysages influencés par le Pacifique, la mer des Caraïbes et les déserts d’altitude.

La Colombie est encore plus un patchwork ethnique où les populations diverses ne se départissent pas des différences de couleurs de peaux et de classes sociales allant comme toujours du plus noir au plus bas au plus blanc au plus haut de l’échelle. Cependant le pays n’entend pas se rendre à cette fatalité construite par l’histoire. L’autosuggestion adaptée à la sauce locale a accouché d’un proverbe devenu national, le plus répandu qui se veut rassurant, n’affirme-t-il pas sans ambages que « derrière le nuage noir, il y a toujours un ourlet de lumière ».

            Antonio aime Maria Dolorès. Maria Dolorès aime Antonio, ils se veulent. Ils sont jeunes, beaux et ardents, ils s’aiment sans jamais douter de leurs sentiments partagés. Antonio aime les taureaux, il vit taureau, il est taureau ; Dolorès, elle, est née au cœur du monde des taureaux, là où on fabrique les taureaux… Antonio est torero ; cela les rapproche. Mais sur ces terres à l’histoire bouleversée, leurs amours frais, spontanés et profonds se heurtent aujourd’hui  aux préventions sociales que s’imposent leurs entourages. Se mésallier fonctionne dans les deux sens, voilà un point en commun qui relie les deux familles. Comme se rapprochent la Grèce et la Colombie lorsque la force de la nécessité ou l’amour rejoignent le proverbe local.

Antonio est un indien né dans une famille de paysans, pléonasme. Maria Dolorès est la fille unique d’une dynastie d’éleveurs de bêtes braves. Sans être exprimées, les réticences sont toujours là. Même s’il réussit sa vie Antonio sera toujours le paysan indien ; même si elle n’en parle jamais Dolorès restera la lointaine descendante de ceux qui ont conquis l’Amérique, l’eau et le feu, le blanc et le noir, le métissage.

Antonio est sûr de ses sentiments, mais il y a encore pour Maria Dolorès plusieurs pas à franchir ! Non pas qu’elle appréhende les risques du métier, paradoxalement les angoisses qu’ils engendrent transcendent son admiration pour le maestro… admiration-répulsion, toujours attendre que le téléphone sonne, comment aussi dépasser les préjugés ?

Elle sait qu’en épousant Antonio elle aussi entre en tauromachie, c’est en accepter les rites et l’accompagner dans cette recherche d’un absolu quasi inaccessible, atteindre les sommets du métier, devenir une figure.

Depuis toujours pourrait-on dire, Antonio courait les opportunités pour se mesurer au bétail. Il avait un faible pour les vaches à la robe grise élevées par Don Ernesto, le père de Dolorès dont la propriété se trouvait près de la masure de son oncle ou plutôt est-ce l’inverse, c’est la masure de l’oncle Ignacio qui jouxtait la propriété de Don Ernesto.

Les espaces dédiés aux taureaux s’étendent sur plus de deux mille hectares couvrant les flancs de la Cordillère ce qui garantit des herbages riches et à la production constante.

L’oncle, donc, donnait la main à l’éleveur pour le marquage des bêtes et les gros travaux recruté à la tâche comme il se doit dans un pays qui n’en finit pas d’émerger. Très rapidement, Antonio a remarqué la fille de la maison qui se tenait toujours près de son père lors des épreuves de testage du bétail. Une brunette fraîche aux cheveux de jais, distinguée et élégante respirant l’éducation bourgeoise et le savoir être, une fille qu’il jugeait inaccessible seulement réservée au plaisir des yeux et à nourrir ses rêves. Une fille très présente assumant aussi le rôle de maîtresse de maison depuis la mort prématurée de sa mère. Au fil du temps ils se sont remarqués, ils se sont parlés, ils ont sympathisé d’une amitié de circonstance. Maria Dolorès avait observé très tôt chez ce jeune maletilla sa fine et juste compréhension du comportement des bêtes, son courage, sa ténacité, ses progrès et certainement plus…

Leur rapprochement devint naturel. Les toreros ne sauraient être exclus des jeux humains malgré le dogme qui veut que les relations sentimentales soient un obstacle au triomphe. Antonio, jeune torero andin à la carrière en devenir, mène désormais la double quête de gagner le cœur de sa muse et de réussir à gravir les degrés de la tauromachie.

« Maestro doloroso », il sait la dureté du parcours, les étapes, les épreuves, autant de stations amèrement jouissives menant au statut de figure. Longue et interminable est la répétition du rite sans jamais en ôter le risque.

Le jour de la course, l’attente interminable, l’habillage, les visites pesantes qu’il faut accepter. Et puis l’aller aux arènes la boule au ventre, encore l’attente avant la délivrance du défilé conduit en musique dans le  recueillement et l’extrême concentration. Le mouchoir blanc déclenche le cérémonial. Tous les yeux sont rivés sur le comportement du sacrifié, la cape lui est servie, la main gauche en tombant lui impose la sortie une fois, deux fois, trois fois avant son retour et la demie pour conclure. Sonnent les clarines, le trot lourd et maladroit du cheval, les chocs sourds dans le caparaçon ; le métal résonne, ça « quincaille », la rumeur monte du public. Re-clarines, place au duel. L’enjeu : contenir la charge désordonnée, folle et meurtrière. Les gestes se succèdent, main gauche, main droite ; main droite encore, main gauche. L’obsession du terrain à ne pas perdre, du point d’interrogation à dessiner, la trajectoire à infléchir, des cornes malintentionnées à éviter, terminer la série par une passe de poitrine, la passe du mépris ou une trinchera. Le souci aussi de l’esthétique, de l’apparence par respect de l’adversaire, musique. La timbale d’argent, dernier verre du condamné… volontaire. Puis un silence profond s’impose, le silence à la mort libère les émotions instinctives. Essorillement quand tout va bien, tour d’honneur, clameurs, toujours quelques sifflets… L’attente encore pendant l’actuation des compagnons, la tension toujours là, le retour à l’hôtel dans le fourgon, la gueule, la douleur ou la joie contenue en attendant la prochaine célébration ! Le tout ponctué des nombreuses marques de superstition qui conjurent le mauvais sort ; se signer de multiples fois, tracer la croix de la pointe de l’escarpin, parvenir le premier au bas de la tribune présidentielle, toucher le bois de la barrière, fixer l’image de la vierge collée dans la coiffe…

Chaque torero a ses habitudes, ses coutumes, ses manies, ses croyances. N’est pas torère qui ne supporte pas quelques superstitions. Ainsi à chaque fois qu’il coupe un trophée, Antonio disparaît une paire de jours parfois une semaine sans que quiconque ne sache où il se trouve ni le pourquoi de sa disparition. Personne, ni son fondé de pouvoir, encore moins son confident de toujours, un ancien compagnon de route devenu son valet d’épée, ni ses proches n’ont pu percer le secret de ses absences.

Á chaque fois « qu’il coupe », Antonio ne cède jamais l’oreille à ceux qui le soutiennent. C’est un comportement inhabituel dans le milieu qui n’est admis que lorsque les circonstances sont exceptionnelles tel le trophée gagné au taureau d’alternative ; et pourtant l’offrande du cartilage est tellement porteuse de sens pour le public.

Son caractère original et son souci d’indépendance éludent rapidement toutes les interrogations de son proche entourage, ils n’y prêtent plus guère attention, ils savent faire avec. Ces comportements distinguent ceux qui se jouent la vie, ceux pour qui toréer est plus que tout.

            La conquête de Maria Dolorès lui est d’autant plus cruelle qu’elle le soumet continuellement à l’épreuve ; elle ne peut ou ne veut se décider alors que la même passion les rapproche. Avec le temps elle finit par lui concéder attendre qu’il obtienne en une corrida formelle les trophées majeurs d’un pupille de son père. Promis, juré c’est la sainte colombe qui parrainera l’union de leurs destins. Sans hésiter et sûr de lui Antonio relève le défi, il ne peut en être autrement.

Et le jour de relever le défi arriva… Les oreilles et la queue gagnées à un taureau de Don Ernesto âgé de cinq ans et demi combattu en corrida formelle dans les arènes de Manizalès. Ce fut la faena parfaite, gloire à Sainte Colombe et à son sang !

            Depuis ce soir de gloire Antonio et Maria Dolorès ont disparu, ils sont introuvables. Ils se sont évanouis le soir même du triomphe, on les a à peine entre-aperçus dans les lieux d’après corrida. Des recherches sont entreprises sans conviction et sans résultat malgré quelques bribes d’informations distillées ça et là ; personne ne brisera le secret puisque personne ne le partage.

En réalité Antonio a décidé Maria Dolorès certes consentante mais un peu hésitante à entreprendre l’ascension du Nevado del Huila le volcan de la Cordillère Centrale, mais pourquoi et surtout pourquoi maintenant ? Ils en franchissent les étapes marquées par les temps de pause qu’imposent par paliers les autorités sanitaires, comme se succèdent les étages de végétations ; là les buissons d’épines, là les tapis de saxifrages au creux suintant d’une source naissante, là l’aridité des sols pulvérulents. Les auxiliaires de santé chargés de distiller les messages de prévention et les gardiens du parc semblent connaître Antonio et le saluent avec le sourire de la connivence ; d’évidence il est habitué à ces lieux ou est-ce sa notoriété naissante ?

Après plusieurs heures d’approche ils parviennent aux espaces désertiques proches du sommet où règne une oppressante ambiance lunaire teintée d’un monocorde gris bleuté seulement nuancé par leurs ombres projetées. Pas la moindre feuille d’herbacée, pas la plus petite plume du moindre oiseau, pas un insecte, seuls dominent le froid et le bruit des vents tournoyants. Le froid oui mais tempéré par la chaleur émanant du sol, drôle d’impression que d’imaginer le bouillonnement du magma sous ses pieds. Antonio connaît les lieux constitués d’amas de roches basaltiques et d’étendues étouffées de cendres volatils. Attiré par on ne sait quoi, il s’approche d’un épaulement rocheux formant un semblant d’abri. Là, il s’immobilise, pose son sac à dos, se décoiffe et se prosterne en silence devant un espace apparemment vide et où rien ne paraît se distinguer.

Après de longues minutes il se relève et se retourne, prend Maria Dolorès dans ses bras et il la serre fortement. Elle mesure alors la force de l’émotion qui l’étreint. Pour l’indien christianisé, le volcan demeure la maison de ses dieux, les dieux des siens, ces forces que le monothéisme ne parvient pas effacer de la mémoire collective malgré les siècles qui passent. Révélation : ici est son sanctuaire, ici il se recueille et rend grâce aux esprits qui l’accompagnent dans ses projets.

Dans le secret le plus absolu, Antonio lui avoue qu’il se retire ici au sommet du Nevado del Huila, à chaque fois « qu’il coupe », ici même, mais pourquoi ? Á chaque fois, il tutoie les dieux devenus accessibles grâce à l’altitude et ancrés à la terre nourricière. Á chaque fois, il les remercie d’une offrande pour avoir pu franchir une étape nouvelle dans la conquête de Maria Dolorès.

            Dans ces lieux inhospitaliers soumis aux projections de pierres et de cendres quand les dieux s’énervent des bêtises des hommes, il a conçu un autel éphémère à même le sol. Sous une couche de poussières chaudes qu’il écarte de ses mains calleuses les oreilles sont là disposées en corolle comme autant de pétales d’une fleur imaginée. Mais la fureur des éléments fait qu’il doit à chaque venue retrouver les pétales enfouis dans le glacis de cendres et régénérer son offrande aux dieux. Dans l’élan des troublantes révélations faites à sa promise dont il se libère, il ouvre son sac, fouille et en extrait les trophées conquis à Manizalès devant le taureau de Don Ernesto, les deux oreilles et la queue. Désormais les trois appendices complètent l’ex-voto de deux pétales complémentaires et de la tige caudale donnant vie à cette représentation. Comme ultime hommage, il dépose la devise ensanglantée que lui a remise son péon de confiance elle figure désormais le pistil fécond de sa fleur fétiche. Dans l’imaginaire mystique et fétichiste d’Antonio la fleur, désormais complète, représente le soleil, l’hélianthe des cimes.

Fumerolles, grondements de plus en plus profonds, légers frissonnements du sol, lointaines explosions, nuages gris de fines poussières, le volcan souffle, le volcan gronde provoquant chez eux inquiétude, peur mais un profond respect. L’ex-voto étant désormais parfait, les dieux en célèbrent l’accomplissement. Maria Dolorès s’effondre en larmes. Il la relève, la serre à l’étouffer. D’une voix fluette entrecoupée de sanglots, blottie contre son épaule, elle déclare devant les dieux se donner à lui… s’il met fin à sa carrière de matador. Stupeur, se couper la coleta est un geste solennel qui ne souffre pas l’improvisation. Les grondements sourds, les tremblements du sol s’estompent laissant place à un silence lugubre. Antonio désarçonné s’éloigne et revient se prosterner devant l’autel de toutes ses espérances, il se signe à en perdre le décompte. Être torero c’est le serment d’une vie, il ne peut mourir que torero, n’a-t-il pas été consacré devant Dieu le jour de son alternative. Il se redresse, embrasse par six fois la médaille du Niño de Atocha qui ne le quitte jamais et se signe d’autant de fois sans omettre de baiser son pouce. Il ne veut pas la perdre. Son amour sera plus fort que sa passion. Il sait qu’il restera par alliance dans le milieu taurin une manière de ne pas se désavouer.  « La vie est en quelque sorte un pèlerinage » ! Cette phrase, d’il ne sait qui, l’obsède. Un pèlerinage avec ses stations, ses défis, ses épreuves, la croix, ses espérances aussi. Il dit oui à Maria Dolorès avec les dieux d’ici pour témoins et désormais protecteurs de leur union fécondée par la Pachamama. Dans la ferveur de leur engagement elle invite Antonio à déposer la mèche de cheveux près des trophées. « Antonio, viens »… Leurs ombres se mêlent, leurs corps s’emmêlent…

Puis ils redescendent des cimes ennuagées de gris et de rose par le sentier piétonnier chaotique dont les pierres roulent sous leurs pas.

Platon  – Axiochus ou sur la mort

La Maestranza récompensée

Le ministère de la culture espagnol dirigé par l’anti-taurin notoire Uribes vient de décerner la médaille prestigieuse d’or du mérite « Bellas Artes » à la Real Maestranza de Séville. C’est un geste symbolique d’autant qu’il est accompagné d’une déclaration soulignant le rôle joué par la Maestranza dans le soutien apporté à la tauromachie comme patrimoine culturel universel de l’Espagne. Patrimoine qui était inscrit dans la loi de 2013 et resté sans effet. Cette récompense prestigieuse n’a pas été attribuée en 2018 et, très appréciée, elle réchauffera le cœur des taurins.  

Tout cela ne coûte pas cher et pourrait apaiser les tensions internes à la gauche où se sont manifestés des oppositions à la ligne anti-corrida du ministre, aussi bien au sein du Parti Socialiste Espagnol que du Parti National Basque (PNV). Est-ce un changement de pied ? Il faut se souvenir que Podemos, l’allié essentiel des socialistes, est sur une ligne radicalement anti. Aura-t-il le dernier mot, ça n’est pas sur car l’attelage PSOE/Podemos est instable. La mobilisation des taurins a certainement joué un rôle positif dans ce début de reconnaissance par le pouvoir qui ne fait pas recette sur ce registre : Il ne sert à rien de maintenir un front inutile ont dû se dire les amis de Pedro Sanchez une médaille ça ne coûte pas cher. Qu’en sera-t-il des aides nécessaires à la survie du secteur ; des ganaderos surtout… ?

Même si cette récompense est justifiée au regard de la beauté de la Maestranza et de son rôle dans l’histoire de la tauromachie, on notera que cette médaille n’a pas été concédée à un torero comme elle le fut pas le passé. Voici les précédentes récompenses : 1996: Antonio Ordóñez, 1997: Santiago Martín “El Viti” y Curro Romero, 1998: Miguel Báez Espuny “Litri” y Pepe Luis Vázquez , 1999: Álvaro Domecq y Díez, 2000: Antonio Chenel “Antoñete”, 2001: Rafael de Paula, 2002: Manolo Vázquez, 2003: Ángel Luis Bienvenida y Juan Antonio Ruiz “Espartaco”, 2004: Paco Camino, 2005: José María Manzanares, 2006: Enrique Ponce y el crítico Manuel Molés, 2007: José Tomás, 2008: Francisco Rivera Ordóñez, 2009: Luis Francisco Esplá, 2010: José Miguel Arroyo “Joselito y Pepín Martín Vázquez, 2011: Ángel Peralta, 2013: Victorino Martín Andrés, 2014: Manuel Benítez “El Cordobés”, 2015: Pablo Hermoso de Mendoza, 2016: Julián López “El Juli”, 2017: Dámaso González ; 2019: La Maestra Nati, sastra de toreros, 2020: La Real Maestranza de Caballería de Sevilla.

Que du beau linge… que rejoint désormais la séduisante Maestranza.

PV

Cormanizales (Colombie)

Cormanizales, une plaza importante de Colombie donnera deux festivals tauris à voir par internet les 10 et 11 janvier 2021 seulement par internet.

La corrida dominicale du 10 janvier sera composée de Cristóbal Pardo, Luis Miguel Castrillón et David Martinez. Le lundi 11 janvier José Arcila, Juan de Castilla, et Juan Sebastián Hernández. Ganaderias de Ernesto Gutiérrez, Santa Bárbara y Juan Bernardo Caicedo. Autrement dit deux spectacles qui seront composés d’éléments Colombiens.

Les dates de la Feria de la Pêche et de l’Abricot 2021…

 

Julien Miletto, Pierre Henry Callet (Toro Pasión) et les membres de la commission taurine extra-municipale vous souhaitent de belles fêtes de fin d’année.

stg27h

Nous vous donnons rendez-vous du 20 au 22 août 2021 pour la 25ème bis édition de la feria de la Pêche et de l’Abricot autour d’un week-end tauromachique dynamique et passionnant.

Joyeuses fêtes & en espérant vous retrouver en 2021…

(Communiqué de Benjamin Guidi – adjoint au maire et président de la CTEM)

FSTF Fédérations des Sociétés Taurines de France

ÉTATS GENERAUX DES TAUROMACHIES
2020-2021
RESTITUTION
Restitution du Q5 :
Quelle corrida au XXIème siècle ?

Restitution du Q5 :
Quelle corrida au XXIème siècle ?
De mai à octobre dernier vous vous êtes exprimé-e-s en répondant aux questionnaires constitutifs de la phase consultation des États Généraux des Tauromachies.
Nous terminons aujourd’hui la restitution de vos contributions avec la publication des résultats du cinquième et dernier questionnaire.
Le questionnaire n°5 est entièrement dédié à la Corrida ; il confronte la corrida authentique à son évolution récente et aux changements censés lui assurer un avenir, changements qui sont attendus par les uns, ou estimés préjudiciables voire inopérants pour les autres.
Pour en consulter la restitution : Cliquez content/etats-generaux-des-tauromachies-restitution-du-questionnaire-n°5
L’étude des contenus engage la suite des États Généraux des Tauromachies avec la tenue dans la deuxième quinzaine du mois de janvier 2021 des 3 Ateliers Thématiques constitués autour des problématiques ayant émergé de la consultation publique : Éthique et transmission, Économie,
Quelle corrida au 21ème siècle ?
Les Ateliers Thématiques seront organisés à distance par visioconférence dans des conditions qui seront communiquées ultérieurement.
Bonne lecture, merci pour votre fidélité, rendez-vous donc dès la mi-janvier 2021.
Communiqué de la FSTF

Décidemment “Marianne” fait fort…

Et si le parti animaliste devenait le premier parti de France ?
Marie Magnin / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Les uchronies de “Marianne”

Par Violaine Des Courières

Publié le 25/12/2020 à 18:15

Les chats, les chiens, les castors et les hippopotames étant plus gentils que les humains, leur défense est progressivement devenue la priorité nationale. Lors des élections municipales du 28 juin 2020, le parti animaliste s’est imposé comme le premier parti de France.

  • A l’occasion de son numéro de fin d’année, “Marianne” vous propose une série d’uchronies : des réécritures de l’Histoire à partir de la modification d’un évènement passé. Le texte que vous vous apprêtez à lire relève par conséquent de la fiction.

28 juin 2020. Hélène Thouy jubile. Au QG du parti animaliste, situé dans« le refuge GroinGroin »(Sarthe), une ferme de l’association L214, la fête bat son plein. La cacophonie est telle qu’on ne distingue pas les jubilations humaines des glapissements, des bêlements et des mugissements. « Le combat pour la justice ne fait que commencer ! », hurle dans le micro l’avocate aux yeux fardés de noir. Dans les sondages de ce second tour des municipales, personne n’avait vu venir cette marée animalière dans le paysage politique. Tout le monde avait parié sur les Verts. Mais c’était sans compter la passion soudaine des Français pour leurs petits chiens et leurs petits chats. Depuis le premier confinement, ces derniers sont souvent devenus leur seul confident.

Le mardi suivant, au Conseil des ministres, le président se prend la tête dans les mains. Même Brigitte ne quitte plus Kiwi, un chat angora qu’elle a acheté en mars dernier et qu’elle coiffe toute la journée. Pour éviter le basculement de toute une partie de l’électorat de La République en marche vers le parti animaliste, il va falloir agir avant la présidentielle. Et donner des gages aux partisans de la cause animale. Emmanuel Macron propose de clôturer définitivement les clubs hippiques ainsi que les cirques et les zoos qui oppressent les animaux. Depuis mars dernier, ces derniers sont déjà bouclés pour cause de Covid. Ce ne sera pas compliqué de prolonger leur fermeture. Les employés de ces secteurs bénéficieront de primes à la reconversion. Autour de la table, les ministres opinent de la tête.

DES CHATS ET CHIENS SUR LES PLATEAUX

Soudain, Roselyne Bachelot laisse échapper un sanglot. Elle ne le disait pas, mais depuis toutes ses années, son cœur étouffait de savoir Nénette, la plus vieille orang-outan de la ménagerie du Jardin des Plantes en cage. A présent, la ministre de la Culture pourra héberger le grand animal à poil dans son appartement du quartier Montparnasse. Mais il ne faudra pas que Nénette mette ses grosses pattes sur ses statuettes Maroni – Roselyne y tient, c’est un souvenir d’un déplacement en Guyane du temps où elle était ministre de l’Ecologie. Quelques minutes plus tard, Gabriel Attal annonce devant une nuée de journalistes les dernières annonces du gouvernement. Parmi eux, beaucoup applaudissent à tout rompre.

Le lendemain, au micro de Jean-Jacques Bourdin sur RMC, Hélène Thouy crie à l’écran de fumée : « Ces mesures sont des pansements sur une jambe de bois, s’exclame-t-elle nous demandons une égalité des droits entre les personnes humaines et animales ». Pour y parvenir, la pétulante avocate vise l’Elysée. En attendant le grand jour, elle milite pour une éducation des Français via la diffusion de reportages promouvant la cause animale ainsi que la mise en place d’un quota d’animaux dans les émissions à forte audience. A France Télévisions, Delphine Ernotte est intéressée par cette proposition. En juin dernier, la dirigeante aux lèvres vermillon s’est fait tacler par le CSA pour un manque de diversité à l’antenne. Intégrer des chats et des chiens sur les plateaux télévisés, cela ferait un bon coup de communication. Ainsi, quelques jours plus tard, Laurent Ruquier invite Jiff le chien star des réseaux sociaux sur le plateau de Les enfants de la télé. Aussitôt, c’est le carton.

CONFLITS DANS LES RÉDACTIONS

La semaine d’après, l’animateur fait appel à Grilly cat, la vedette de Facebook. Avec sa mine boudeuse, la chatte fait craquer toutes les blogueuses. Mais sur le plateau, l’animal craque et plante ses griffes sur sa voisine, Arielle Dombasle, qui se met à hurler. Les caméras sont coupées. S’en suit une publicité de pâtés pour chats ultra-premium. Quelques jours plus tard, un conflit éclate au sein de la rédaction car beaucoup de journalistes refusent de prendre le risque de réitérer un tel accident. Après d’âpres discussions, les régisseurs de France 2 trouvent la solution. Dorénavant, on mettra les bêtes à poil au premier rang du public. Des vétérinaires pourront leur administrer des petites pilules roses au moindre glapissement. En toute discrétion.

Pendant que des peluches vivantes se pavanent sur le petit écran, des militants du parti animaliste se réunissent tous les samedis autour de la statue du Lion de Denfert-Rochereau – la seule statue non humano-centrée de Paris. Ils défilent ensuite sur les boulevards avec des masques de lapins. Ils décollent les plaques des boulevards Raspail, Arago et Saint-Jacques. A la place, ils en accolent d’autres : « Boulevard Rex et Thorn » – du nom des deux bergers allemands appartenant au service de défense civile durant la seconde guerre mondiale. « Avenue Jon » – un lion martyr d’un zoo de l’Eure, sauvé en juin 2020. « Boulevard Babar » – le héros de dessin animé, connu par tous, mais dont la mémoire n’est toujours pas honorée. Souvent, ils marchent jusque au cinquième arrondissement de Paris. Arrivés au Panthéon, ils gravent des inscriptions : « Justice pour Babe le cochon, Rintintin le chien, Skippy le kangourou et Flipper le dauphin ». Le soir, la police les efface. Mais le samedi d’après, les militants les réinscrivent.

“MANGEONS ENSEMBLE DE LA COCHONAILLE”

Pour calmer le jeu, le gouvernement réfléchit à de nouvelles mesures. Emmanuel Macron ne se voit pas débaptiser les rues. Cela serait dangereux de toucher à la mémoire collective. Au Conseil des ministres du mardi 15 décembre, il propose un arrêté pour fermer les boucheries. Après tout, elles aussi participent à la maltraitance animale. Mais au lendemain de cette annonce, l’opinion publique réagit. Des files immenses de Français arborant à la boutonnière un œillet : « Touche pas à mon rôti » se forment devant les étals de bœufs et de poulets grillés.

Le lendemain, lors de la séance publique à l’Assemblée, les députés Les Républicains quittent tous l’hémicycle. Jean Lassalle reste. Il entonne d’une voix tonitruante : « Mangeons ensemble de la cochonaille », la main sur le cœur. En janvier 2021, l’Ifop enregistre une chute spectaculaire des intentions de vote pour le parti animaliste. Le 25 décembre, tout le monde s’est gavé de foie gras et de saumon fumé. Tandis que les propriétaires de chats et de chiens ont servi des pâtés de dindes et des os à ronger. Toutes les causes animales ne se valent pas.

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Madame Irma

Photo DR

On le sait l’avenir de la tauromachie ne tient qu’à un fil. Cette année 2020 fut blanche ou presque et sauvée de la catastrophe par la télévision -nous y reviendrons. Tous les pays taurins sont touchés par cette faillite et en premier lieu l’Amérique du Sud, notamment la Colombie et le Venezuela où la tauromachie est proche de la disparition totale. Un espoir tout de même en Equateur où le processus de réouverture des arènes de Quito est relancé; ce fut, il y a encore peu de temps, la féria principale du Continent.

Pour ce qui concerne la France, de nombreuses arènes, Arles, Istres, Dax et désormais Bayonne, inscrivent leurs dates dans un calendrier nourri: c’est un acte de confiance en l’avenir et de foi en notre culture. Des arènes plus modestes n’ont rien  changé à leur détermination de faire. Et, on en comprend les raisons, le calendrier n’est pas aisé à réaliser si on veut éviter les doublons. Les « bisbilles », assez lamentablement, vont reprendre, prenant une importance dérisoire dans le contexte.

Pour ce qui concerne l’Espagne, le cœur véritable de notre culture, le futur est incertain. Les querelles se multiplient à Alabacete comme à Malaga par exemple, entre les municipalités et les prestataires en colère contre les conditions qui leur sont faîtes. Plus grave encore (beaucoup plus grave) on ne sait rien de l’avenir de Las Ventas, Madrid devenant probablement plaza de temporada et la feria de San Isidro passant à la trappe. Ce n’est qu’une hypothèse. A Séville on souffle le chaud et le froid pas de Semaine sainte, ni de féria c’est sûr, peut-être un nombre réduit de corridas avec une jauge limitée. Valence a restreint le nombre des spectacles et sa jauge. Les « fallas » pourraient être reportées au mois de juillet; le projet est mis sur la table par la municipalité. Pas de nouvelles du Nord : Pampelune, Saint-Sébastien, Bilbao, Logroño, Saragosse… Ces immenses férias qui drainent des foules considérables pourront-elles se dérouler ? Au Mexique c’est la paralysie totale.

Il n’est point besoin de s’appeler Madame Irma pour voir que l’avenir de la tauromachie est en premier lieu lié à la progression du virus. De ce côté, il n’y a guère de raison de se rassurer : ni en Espagne, ni en France, ni au Mexique, ni en Amérique Latine. Il poursuit inexorablement sa logique de reproduction passant, pour ce qui concerne la France, trois fois la barre des 5000 contaminations quotidiennes (chiffre fixé comme une limite par le Président) : plus de 17 000 le 24 décembre avec les conséquences que l’on sait sur la mortalité et sur la pression sur les hôpitaux contenue néanmoins grâce aux traitements à domicile.

Soyons lucides, tirons du passé l’expérience nécessaire à la compréhension de l’avenir : ni les masques, ni le confinement, ni la distanciation n’arrêtent la progression du virus. Ils la freinent néanmoins c’est pour cela qu’ils sont indispensables. La seule solution, et c’est facile à comprendre, c’est le vaccin réalisé dans des délais incroyablement courts. Un recours miraculeux. Son problème majeur c’est qu’il demande une logistique complexe pour être administré et qu’il suscite des résistances inattendues en France.

L’Espagne plus pragmatique, plus réaliste, où la forte décentralisation a montré ses avantages dans la gestion de la crise semble mieux armée que la France pour une vaccination de masse. L’Andalousie a déjà opté pour le principe du passeport de vaccination qui permettra à ceux qui ont reçu le vaccin de retrouver une vie normale. C’est un énorme avantage qui pourrait permettre (entre autre) le retour des spectacles taurins qui s’adresseraient aux titulaires de ce carnet. a l’inverse, de l’aveu même du ministre de la santé français, la vaccination ne s’adressera au public non prioritaire qu’à partir de l’été et il n’y aura aucun avantage matériel a être vacciné (si ce n’est à être protégé contre cette maladie terrible).

Autre atout de la tauromachie espagnole, leçon essentielle de l’année passée : la présence de la télévision. Movistar, avec la Gira de la reconstruccion, mais aussi CMM TV et Canal Sur ont télévisé un nombre important de corridas, novilladas et novilladas sans picadors avec des résultats d’audiences remarquables. Dans ces résultats ne sont pas comptabilisées les captations par internet qui donnent un auditoire mondial à ces spectacles. Voilà un argument décisif contre les antis : la tauromachie a un public de masse ! Ajoutons que les corridas sans spectateurs, inconcevables pour les aficionados au début de l’année, sont devenues naturelles pour tous en cette fin de temporada -même si on le regrette. Elle sont beaucoup plus supportables que le foot ou le rugby sans public. Sans doute parce que la corrida est un spectacle plus riche, plus varié et qu’il se passe toujours quelque chose  entre le ruedo et le callejon; une infinité de détails à montrer.  

Les télés abondent aussi aux budgets bien difficiles à boucler mais pour lesquels, en Espagne, certaines collectivités, malgré la disette, sont prêtes à contribuer. Ce ne sera pas le cas (sauf exception) en France où les sponsors et partenaires seront difficiles à trouver cette année. Soyons lucides : Nous serons, comme l’an passé, dans une situation fragile à l’instar de l’ensemble du spectacle vivant durement châtié.

Mais Madame Irma se trompe souvent et sa boule de cristal se voile aussi.

Pierre Vidal

Bayonne

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Au cours d’une récente réunion la commission taurine de Bayonne a tracé les grandes lignes de ce que serait la temporada 2021. Elle débuterait en juin avec un festival au bénéfice du torero de plata Rafaël Cañada, blessé grièvement, on s’en rappelle, à Valence en 2019. En juillet, pour les fêtes, une corrida plus une corrida de rejoneo et en septembre la féria de l’Atlantique avec trois corridas, notamment le vendredi 3 une corrida goyesque et le samedi 4 une corrida de 6 toreros avec 150 places au prix de 9 euros. L’aforo général pour ces spectacles serait réduit à 4000 places.

Yves Ugalde, le président de la Commission taurine a indiqué que Bayonne reviendrait vers les ganaderos contactés l’an dernier et que, compte tenu de la situation, il faudrait veiller à une proportionnalité des prix. “Tous les acteurs doivent s’adapter à la réalité économique des arènes.” a-t-il assuré.

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