Arènes de Boujan, première novillada de la Féria 2019 donnée en semi-nocturne, canicule oblige

Six utreros d’Antonio Silva superbes de présentation mais manquant de race et de fond pour

Alberto Pozo : silence, salut au tiers

Cristian Perez : un avis et silence, silence

Francisco Montero : un avis et vuelta, salut au tiers

Seize piques, une chute, cuadra Garcia

Salut au second de la cuadrilla de Perez dont le local Julien Breton

Présidence couleur Sud-Ouest dirigée par Pascal Darquié (Saint Perdon) assisté de Nicolas Petriat (Orthez) et Patrick Capbern (Parentis)

Lumières artificielles à partir du troisième, température juste supportable

A l’issue du paseo, un émouvant hommage a été rendu à Manolo Vanegas

Photo Paul Hermé torofiesta.com

Prix de la meilleure pique : Gabin Rehabi

Prix de la meilleure faena : Francisco Montero

Toro d’Antonio Silva, photo Paul Hermé torofiesta.com

Il faisait chaud à Boujan pour cette première novillada de la Féria 2019 d’où un décalage du paseo d’une heure et un fin de courses avec éclairage artificielle .Féria  2019 aux couleurs du Portugal avec pour cette ouverture, la présence de Victor Mendès dans le callejon, et en piste, un lot de novillos d’Antonio Silva (Pinto Barreiros x Conde de la Corte). Pour les débuts en novilladas piquées et en France de l’élevage lusitanien, le lot réséné par Michel Bouisseren et son équipe avait fait parler de lui sur les réseaux sociaux. Au gabarit c’est une corrida qui est sorti dans le ruedo héraultais. Côté cornes, les taxidermistes auraient pu se battre pour les récupérer. Hélas lors des manœuvres d’embarquement, contre les burladeros en rematant ou en répondant aux sollicitations insistantes de certaines cuadrillas, les superbes armures des Antonio Silva se sont toutes abîmées.

Contrairement au corbeau de la fable, le ramage n’a pas été à la hauteur du plumage. Parfois bravitos à la pique, les lusitaniens se sont très vite éteints, raccourcissant leur charge ou flirtant avec la querencia au plus près de planches.

Côté toreros, grosse déception de la part de Cristian Perez a été dépassé et sans recours, Alberto Pozo mal servi au premier et a fait ce qu’il pouvait face au second. Francisco Montero, le maletilla, appelé de la dernière heure s’est attiré la sympathie du public par sa motivation et des muletazos templés à son premier. Malheureusement, le jeune garçon n’a pas tué de toros en public depuis longtemps et les mises à mort ont été laborieuses.

Autre déception, les piqueros, aucune pique correcte, des cariocas, les  piques primées ont été spectaculaires par le comportement du bicho mais toutes les deux traseras.

Alberto Pozo (photo Christian Lamoulie)

Le premier s’arrête en charge dans la cape de Pozo. Il prend trois piques sortant seul à la première et poussant bien à la troisième ; hélas trasera. A la muleta, le Silva est tardo. Il s’éteint très vite partant en querencia aux tablas. Alberto Pozo abrège la faena mais la mise à mort est longuette, le puntillero relevant un toro qui tardera par la suite à tomber.

Cristian Perez. Photo Paul Hermé torofiesta.com

Le second a un peu plus de charge. Très mal piqué, il prend trois puyazos sans grand style. A la muleta, il a besoin d’une muleta autoritaire. Cristian Perez, manquant de confiance et vite dépassé, ne se croise pas et recule à chaque muletazo. Il accentue les défauts d’un bicho qui se décompose très vite. Le novillero fracasse avec le descabello après une épée très en avant.

Les lumières s’allument et sort le troisième, le plus brave du lot. Il charge et s’emploie avec bravoure et énergie lors de deux rencontres traseras avec le groupe équestre. Ce tercio réveille un public qui était par la force des choses atone depuis le début de la course. Francisco Montero est venu pour se fait connaître et reconnaître. Il profite de l’allant du toro en début de faena pour enchaîner des derechazos sincères et templés. Il essaiera de faire la même chose à gauche mais le toro pense plus à se réfugier qu’à répondre aux sollicitations du torero malgré l’application et l’envie de Montero. Dommage, car le garçon est intéressant ; Francisco, n’a pas tué de toros depuis longtemps et la mise à mort sera laborieuse, ce qui ne l’empêchera pas d’être invité par le public à faire une vuelta.

La présentation ira à mas mais pas le comportement des novillos. Le quatrième attaque et fait tomber le cheval à la sortie du patio. Il prend les deux suivantes sans s’investir. Alberto Pozo est un garçon qui toréé peu, plein de bonne volonté mais qui manque de style. Il s’applique à tirer des muletazos à un toro qui manque de classe et s’éteint très vite. Il salue après une faena trop longue et qui est allée à menos.

Le cinquième est juste de forces. Il ne pousse pas à la première rencontre avant d’en prendre une seconde carioquée. A la muleta, le Silva n’avance pas et le torero ne l’allonge pas. La faena, sans intérêt, s’éternise au-delà du nécessaire et du supportable (il est 22h). Silence après une épée très en avant et deux descabellos.

Francisco Montero (photo Paul Hermé torofiesta.com)

Le sixième est une estampe de toro. Il met bien la tête dans le capote de Montero. Mal piqué, il prend trois puyazos venant bien mais sortant seul. Il est très juste de forces et fléchira à plusieurs reprises. Toujours la même volonté de Francisco mais le toro ne permet pas grand-chose et le novillero manque de recours pour compenser le manque de fond et de classe du bicho. Le torero salue après deux pinchazos, un entier contraire et un descabello.

Il est presque 23 heures et le public quitte, déçu, les gradins après avoir témoigné du respect et une certaine reconnaissance à un valiente, Francisco Montero, qui mérite d’autres opportunités

TR