Rieumes. Trois-quarts d’arènes, nuages et pluie du deuxième novillo au dernier, deux heures vingt de spectacles. Incidents sans gravité, mais violents, avec les anti-taurins, le matin et à un quart d’heure de la course. Six novillos de Diego Puerta, remarquablement bien présentés, de 530 à 560 kilos à l’embarquement, armures en terminaisons astifinas, violent dans le premier tiers. De une à deux piques (premier et second), vuelta posthume au dernier. Toréables à la muleta pour qui voulait les consentir, mais compliqués.

Borja Jimenez (bleu pâle et or), au premier, deux pinchazos, une entière, avis, un descabello, silence ; au quatrième, trois pinchazos et trois quarts de lame, silence.

Vicente Soler (bleu diaphane et argent), au deuxième, trois pinchazos, une entière, silence ; au cinquième, deux entières, silence.

Louis Husson (rouge et or), au troisième, une entière, une oreille ; au dernier, une entière, un descabello, deux oreilles.

Alors que la pluie s’était enfin arrêtée, Louis Husson par un énorme coup d’épée a fini par obtenir les deux oreilles qu’il souhaitait. Il s’était refusé que l’on suspende la corrida après le cinquième novillo. Cet Ida qui est sorti en dernière position était un combattant toujours présent décidé à vendre chèrement sa peau. En face le petit Louis voulait triompher la faena qui suivait fut un de ces immenses moments de tauromachie que l’on a eu la chance de vivre dans les arènes de Rieumes.

Par sa volonté et son courage le jeune Landais s’est affirmé en grand torero et en garçn d’avenir. Etait-ce la pluie ? Mais Borja Jimenez et Vicente Soler sont apparus en dessous de leur valeur. Certes les Diego Puerta avait de quoi effrayer tous dépassant les 500 kilos sur la balance de l’élevage. On l’aura compris Louis Husson a surnagé sous le déluge, avec une oreille puis deux ensuite, il sort en triomphe accompagné de Dolores Puerta, la ganadera.
Texte et photo Jean Michel Dussol