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Mont-de-Marsan. Vendredi. Troisième de féria, presque plein.
5 toros de Victoriano del Río, un sobrero de Juan Pedro Domecq (4ème)
Enrique Ponce : Oreille, vuelta al ruedo et oreille.
Iván Fandiño : Oreille, ovation et deux oreilles.
Sortie en triomphe de deux toreros et du mayoral.
Sobresaliente Jeremy Banti

C'était le prototype de la course bien montée, non pas un de ces mano à mano souvent fastidieux, mais une véritable opposition entre deux styles, deux générations, deux concepts. Les organisateurs le savent bien: on se donne beaucoup de mal mais les incertitudes demeurent. Un grain de sable peu faire dérailler la machine et adieux le succès promis; mais quand ça marche, comme hier, alors c'est le bonheur total car risquer c'est réussir.

Il y avait, disons-le, l'ingrédient de base indispensable: un lot de Victoriano del Rio sensationnel avec une présentation de catégorie. Deux étaient des toros de vuelta le premier (très brave) et le sixième plus noble -il me semble que le mouchoir bleu est tombé pour honorer celui-là mais les mules sont parties d'elle-mêmes. Deux autres: second et troisième de très bonnes notes, le cinquième un ton au dessous, le quatrième sobrero noble mais manquant de fond de Juan Pedro Domecq. Un total qui devrait compter, en fin de saison, dans les jurys qui octroient les différends prix.

Sur le tard, je le reconnais, je vais finir par me convertir au poncisme tant le talent, la maîtrise, l'élégance du maestro de Chiva ont dominé les débats d'hier. On dirait qu'il ne vieillit pas qu'il se bonifie même et cette lutte victorieuse contre le temps -25 ans d'alternative- ça remonte le moral. Il y a toujours chez Ponce cette impression de facilité qu'il a donné à ses deux premiers passages, si agréable : faire des choses difficiles en donnant l'illusion que ça ne l'est pas n'est ce pas ce à quoi nous voudrions tous atteindre... Le sommet de art si précieux fut atteint au troisième toro où Enrique fit lever le public lors de séries liées pieds joints, exécutées avec un temple inouï. Cet accord fusionnel entre l'homme et le fauve n'est pas ce que le public attend sans trop y croire ? Quand cet idéal est atteint n'est-il pas raisonnable qu'il soit aux anges ? Nous touchons le Nivarna; la terre promise... L'épée n'a jamais été le fort du magicien et ce qui aurait pu être récompensé - cette seconde faena- par deux oreilles, un rabo ? -qui sait !- se termina par une vuelta d'apothéose. Enrique arracha sa sortie en triomphe en coupant l'oreille du cinquième qui avait pourtant peu d'options. Il fit un effort qui montre son aficion, son désir de plaire et sa générosité.

Avec Fandiño nous étions dans un autre monde sur une autre planète. Pour lui, le combat prime sur l'art et le Basque n'a pas peur de mouiller la chaquetilla: on l'a vu au sixième qu'il accueillit à genoux le récupérant au centre par deux largas spectaculaires et des chicuelinas inattendues et serrées. Le public se leva à ce moment là aussi car le danger et le courage qualité première du spectacle font vibrer d'une autre manière que la belle ouvrage de Ponce. Toujours centré, Ivan le terrible, sut s'accorder à ce remarquable opposant qu'il toréa par le bas avec émotion et vérité. Il y eut de longues et belles séries données avec du rythme. Bref il fut à la hauteur de ce grand toro, ce qui est, on le sait, la marque des grands professionnels.

L'Orchestre Montois sous la baguette de Michel Cloup sut donner une dimension supplémentaire à la soirée en interprétant des grands standards du cinéma comme l'émouvante musique de "Mission" au premier toro. Bref une réussite à 100% dans une féria qui va à mas.
PV

PS Alain Juppé assistait à la corrida aux côtés de la maire, Mme Darieussecq. Aurons-nous un président de la République aficionado ? Ojala!



pierre Le: 26/07/15
Déchargement des Miura de Valence Mont de Marsan, la novillada