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Aller à Algar c’est plonger au cœur de l’aficion authentique, dans son berceau, le sud de l’Andalousie là où sont installés les seigneurs ganaderos et où défilent les combattants ; modestes pour la plupart. Un de ces pueblos où la tauromachie irrigue les places tannées par le soleil ardent, s’insinue dans les tavernes sombres et où, sans faire de grands discours, tout le monde en connaît les codes et les subtilités. Algar, dans la sierra de Cadiz à quelques dizaines de kilomètres de la ville de Jerez avec sa plaza au sommet du village ; une arène blanche comme neige, impeccable de propreté, avec son harmonie réduite aux acquêts mais agréable, son public enthousiaste et fraternel. Algar pour son festival taurin au bénéfice des œuvres de la paroisse...



Algar conduit par Jésus c’est une virée qui vaut la peine…

Donc samedi dernier, festival à Algar. Un lot de Santiago Domecq éperdument noble même s’il n’était pas très solide sur ses pattes. Un ensemble propice au toreo que l’on aime ici ; dans ces terres qui ont eu pour idoles les voisins Rafaël de Paula, Curro Romero et désormais Morante -l’héritier qui a prouvé qu’il restait unique, lors de la dernière féria d’automne au Baratillo, gardant l’estime de tous sans avoir fait une seule vuelta. Nous sommes ici dans un autre monde… Un monde que l’on croit connaître mais que l’on ne connaît pas, un monde sans théorie ni discours, indulgent qui fait bon accueil à tous. Il reconnut ainsi, ce jour-là, le métier de types solides comme Canales Rivera ou Hannibal Ruiz, vieux routiers du circuit, prolétaires du spectacles en somme qui n’ont pas eu la considération méritée qui gardent néanmoins une aficion débordante ; toréant pour le plaisir avec plaisir… sans illusion désormais, avec cet abandon généreux tellement émouvant…

Et toréait aussi ce jour-là un certain Cayetano. « Hoy torea Cayetano ! tu ne peux pas le manquer » m’avaient dit Jésus dans le callejon des arènes de Sanlucar murmurant alors que le « pirate » s’entraînait en tout simplicité en prévision de ses ultimes batailles ; ses hommes de confiance à ses côtés... « Ese ! » et il me montrait, un type, chauve, d’une quarantaine d’années qui toréait de salon avec un style très personnel, en face près de la barrière, à l'ombre. Mais dessiner des véroniques de rêve sur le sable des arènes –fussent-elles celles de Sanlucar de Barrameda- est-ce un signe suffisant de talent ? Bien toréer de salon ça n’est pas si courant mais cela ne dit pas comment se comporter devant le toro. Comme Saint Thomas, il était permis de douter...

Et donc ce fut le tour de Cayetano Ortega, de sortir de l’étroit refuge de la placita d'Algar, Cayetano, éternel novillero puisqu’il n'a jamais pris l’alternative. Quelles étonnantes qualités -on ne le croira pas mais je l’écris quand même : une sorte de réincarnation de Curro Romero avec cette manière de tenir un capote réduit, d’embarquer l’animal au ralenti, de le garder dans ses plis en lui imposant un rythme très personnel. Et ce ne furent pas, comme on le voit parfois, de fugaces instants mais un travail complet agrémenté, à la muleta, de ces détails plein de poésie : changements de main, trincherazos, molinetes et pasas de las flores. Tout cela sans faute de goût sans que jamais l’animal subjugué ne touche la flanelle. Il n’y a pas d’horloge aux arènes d’Algar sinon les aiguilles se seraient arrêtées comme le temps s’est suspendu au vol serein de la muleta aristocratique de Cayetano. Ce qui nous laissait sans voix, semblait naturel au public enthousiaste qui lançait chapeaux, casquettes et éventails durant la faena. L’épée fut défaillante mais personne n’y prit garde. "Qué faena, tio ! Una obra de arte"

Cayetano, le buraliste de Sanlucar, toréa en souriant, extatique, heureux et les olés des quelques centaines de spectateurs d’Algar semblaient compter autant pour lui que les milliers de ceux d’une quelconque Monumental...

Pierre Vidal


Algar samedi festival. 2/3 d'entrée.

Erales de Santiago Domecq

Canales Rivera : 2 oreilles
Hanibal Ruiz: 2 oreilles.
Victor Jainero: 2 oreilles
Les novilleros
Cayetano Ortega 2 oreilles
Nuñez de Molina 2 oreilles
Juan Toscano une oreille


pierre Le: 10/10/18
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