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Lundi, 06 Août 2018

Photo P. Hermé

Au Palio, triomphes de Maxime Solera, El Rafi et les novillos de Cuillé, et aux Saintes, triomphe de Juan Bautista et Andy Younes avec vuelta pour le Blohorn et le Gallon…

Temps orageux avec forte chaleur humide, 2/5 d’arène. Six novillos de Cuillé plus un sobrero (4 bis) corrects de présentation, et donnant du jeu la plupart. Tous ont été applaudis à l’arrastre, le troisième a eu les honneurs de la vuelta et à l’issue de la course, Laurent Cuillé est sorti a hombros avec Maxime Solera et El Rafi.




Photo Ch. Sloma
Maxime Solera (deux oreilles et oreille) a finalement tenu sa place, et même plutôt bien ! Il ouvrit les débats en se plaçant au centre pour une réception décidée par tafalleras puis gaoneras, se faisant toutefois désarmer sur le remate. Après une vuelta de campana puis une rencontre bien précautionneuse, il brinda à Bernard Marsella une faena débutée par le haut près des planches. A un adversaire qui ne débordait pas de forces, Maxime se montra appliqué lors de derechazos templés sur le bon tempo, poursuivant avec toujours le souci de soigner le geste, jusque dans la conclusion exécutée à gauche en se débarrassant de sa muleta ! Entière en étant soulevé. Le quatrième sortit en trombe et après avoir été accueilli a portagayola, il continua son chemin en passant la surmultipliée, allant se fracasser contre les tablas. Bilan de ce choc violent : piton gauche brisé au milieu et mouchoir vert. Le sobrero du même fer fut bien accueilli par véroniques, demie et rebolera et après deux rencontres, la seconde avec le regatón, Maxime brinda à l’assistance une faena débutée genoux dans le sable qui donna le « la » de séquences harmonieuses, toujours sur la bouche d’arrosage. A gauche, le Fosséen signa plusieurs naturelles finement ciselées et après un final rapproché quand le Cuillé commençait à donner des signes de fatigue, il le coucha d’un recibir tombé suivi d’un coup de verdugo.

Alejandro Adame (saluts et silence) accueillit son premier par deux largas à genoux et bizarrement, le Cuillé exécuta quasiment en suivant deux vueltas de campana ! Après une pique rectifiée et visiblement peu adaptée au contexte par son intensité, le Mexicain brinda au conclave un trasteo débuté par le haut et poursuivi par des derechazos au tracé inégal, un scénario qui se poursuivit jusqu’aux manoletinas débouchant sur un cinglant échec avec la ferraille. Le quinto ne justifia guère l’adage, et après une réception par véroniques puis chicuelinas avant un monopuyazo, Adame nous gratifia d’un superbe quite par zapopinas qui lui valut les acclamations du respectable. Brindis au novillero Cristian Perez, la suite étant passablement contrariée par la propension de l’utrero à se diriger vers les planches d’où le cadet de Luis David, ce jour préposé au téléguidage de son jeune frère, s’efforçait de l’en sortir. Peine perdue à plusieurs reprises, le bicho s’avérant définitivement rajado, le tout étant conclu par deux épées de gendarme et un descabello.

El Rafi (deux oreilles et saluts) accueillit d’abord un superbe castaño oscuro par larga de rodillas et après deux rencontres et une belle competencia aux quites, le Nîmois décida de poser lui-même les palos, ce qui lui valut une belle ovation. Brindis à Frédéric Donnedieu de Vabres et cambio au centre suivi de rodillazos templés déclenchant l’orphéon. La suite par redondos relâchés qui accentuèrent la transmission avec les étagères, aidée en cela par les embestidas remarquables du novillo. Passage à gauche moins soutenu, mais toutefois honorable, et final par luquecinas avant entière qui fit tomber du palco deux mouchoirs blancs, plus le bleu pour le novillo. Bon capoteo de réception avec l’ultime, au tamaño conséquent, piqué sur le réserve avant un brindis à l’assemblée faisant place à un début à genoux près des tablas. Rafi profita des bonnes réponses de son opposant pour se distinguer par un registre varié et alluré, le tout étant gâché avec l’estoc en cinq envois. Malgré cette désillusion, on peut considérer que sur ce qu’il a montré, le Nîmois a quelques atouts à faire valoir pour la suite de sa saison…

A l’issue de la novillada, Maxime Solera a reçu en piste le Trophée Pierre Pouly au triomphateur.

En matinée, par température saharienne et devant une bonne petite chambrée qui cherchait l’ombre, la becerrada de Turquay, sans mise à mort, a connu des fortunes diverses, mais a été relativement entretenue.

Pedro Montaldo (Nîmes/Catalogne) a ouvert le bal avec un client juste de trapío et de forces qu’il dut maintenir à mi-hauteur. Après un bon capoteo, il brinda à l’auditoire une faena volontaire, mais compte tenu des conditions de son adversaire, il se trouva sans grande possibilité de transmettre. Bon passage gaucher toutefois. Vuelta.

Tristan Espigue (Rhône Aficion) prit un client plus compliqué face auquel il traça plusieurs bons capotazos avant de brinder à l’assistance un labeur qu’il tenta d’agrémenter de séquences bien léchées, essuyant cependant un premier gros accrochage, puis un autre qui le fit grimacer de douleur. Mais l’Arlésien reprit vaillamment les trastos pour une conclusion fictive a recibir. Oreille.

Nino Julian (deux oreilles) s’est montré décidé d’emblée et après s’être fait applaudir avec les banderilles, il s’entendit bien avec un becerro qui mettait correctement la tête à condition d’être bien sollicité. S’ensuivirent des échanges de « un par un » au cours desquels Nino étala ses bonnes dispositions actuelles. Esquisse de recibir. Deux oreilles.

Fabien Castellani a pris le becerro le plus sérieux, se distinguant sur quelques capotazos de réception pour lui prendre la mesure. Il brinda ensuite au public une composition volontaire parsemée surtout à gauche de gestes méritoires. Las, il subit vers la fin deux volteretas, faisant passer le susto sur la seconde car restant inanimé. Finalement, après que son banderillero eut reçu deux trophées, les nouvelles sont devenus plus rassurantes…

A l’issue de la becerrada, Nino a reçu en piste le trophée du Club Taurin Istréen.

Précisons encore que la musique a été assurée par les guitaristes Jules et Lucas Romero et que les trophées attribués étaient purement symboliques…
Paul Hermé

pierre Le: 06/08/18
Parentis : Juan Carlos Carballo coupe une oreille et marque les esprits MAURRIN (Landes):une intéressante novillada concours.