Visiteurs: 1126530
Aujourd'hui: 164
site hébergé par nuxit
www.nuxit.com
pour contacter les auteurs
corridasiinfo@gmail.com
Pour transmettre une information, un programme ou une opinion , vous pouvez contacter Corrida Si à l'adresse mail suivante
corridasiinfo@gmail.com
Pour être informé en temps réel des articles parus sur Corrida Si, rejoignez le groupe CorridaSi infos sur Facebook
 
 
L’annonce de l’abandon de Morante de la Puebla samedi soir au Puerto de Santa Maria c’est la vraie nouvelle de ce long week-end du 15 août marqué par de nombreuses déceptions. Disons-le tout net, c’est courageux de la part de l’andalou que de prendre cette décision même si elle est brutale. Sans doute ne se sentait-il plus à la hauteur, las… Sans doute pense-t-il ne plus avoir rien à dire d’important et plutôt qu’encombrer les ruedos, de prendre la place de plus jeunes et surtout d'encaisser sur sa réputation il a préféré tout envoyer promener ce qui est bien dans sa manière. « Vous m’avez assez-vu ? Ça tombe bien moi aussi !» Et il prit ses cliques et ses claques… Il n’est pas indifférent de voir que cela s’est passé après que l’indéboulonnable El Juli lui ait mis un bain cruel dans ces mythiques arènes du Puerto. Le madrilène pour le coup est inoxydable: prototype de la tauromachie moderne.



Nous regretterons Morante, ce torero atypique qui ne s’inscrit dans aucune autre catégorie. Il ne ressemble pas à la grande tradition des toreros artistes dont les derniers représentants furent Curro Romero et Rafaël de Paula. Ceux-là n’avaient aucun recours et exerçaient leur art en fonction de leur inspiration : de bien rares moments en fait... Morante appuie sa recherche esthétique sur une très solide technique qui l’a conduit à affronter des devises « dures » et à effectuer de nombreux un contre six. Morante est sans aucun doute le torero qui interprète le toreo à la cape comme dans la muleta dans son expression la plus pure. Il s'inscrit, dans ses bons moments, dans le rythme du toro, en avançant la jambe, le capote réduit au minimum et la muleta tenue au milieu de l’estiquallador. L’essentiel ce sera sans aucun doute sa présence en piste, cette élégance, ce lien qui l’unit avec le passé d’un art qui désormais se polycopie et où l’efficacité passe après la créativité. Au fond le buisness a gagné sur la poésie et la tauromachie toute entière, si menacée, aura beaucoup perdue dans cette évolution vers la prétendue modernité.

Nous ne faisons pas partie de la secte des inconditionnels de La Puebla, nous détestons les « istes » qu’ils soient morantistes ou poncistes ; il n’y eut pas de tomasistes et ça n’est pas un hasard. Morante en partant a livré cette vérité : « je quitte le toreo car les vétérinaires et les présidents me fatiguent. Le grand toro aussi, comme il sort aujourd’hui, il va contre le toro nécessaire aux artistes et je n’en peux plus ». Cette phrase sera moquée par les beaux esprits car dans ce milieu on n’aime rien tant que de tirer sur les ambulances. Et pourtant que signifie la mode du gros toro; en dehors du type du toro bravo, bien souvent ? Les dacquois y ont cédé, cela leur a-t-il amené un public nouveau ? Le triomphe du jour ne le cache pas: leur féria n’est plus que l’ombre de ce qu’elle a pu être par le passé et le public l'abandonne.

C’est une vérité que nous rappelle fort à propos le départ de Morante il y a un toro différend pour toutes sortes de plaza et toute sorte de toreo. Ce n’est pas en imposant un grand toro, en se limitant à durcir le spectacle que l'on fera revenir le public aux arènes. C'est en lui redonnant cette authenticité, cette diversité qui nous manque désormais. La toreria que nous apportait Morante... qui pour reprendre le flambeau ?

PV



pierre Le: 16/08/17
Gijón MEXICO, AZTECAS y TOROS