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Photo Roland Costedoat

Mont de Marsan . Jeudi. Quatrième de féria. Lleno de ‘No hay billetes’.

Toros de La Quinta. Le quatrième "Palomito", cárdeño oscuro, herrado numéro 66, né en Octobre 2012: vuelta al ruedo.

Juan Bautista, oreille et deux oreilles et la queue.
David Mora, vuelta al ruedo et oreille.
Juan Del Álamo, ovation et silence.

Juan Bautista est sorti en triomphe avec le mayoral de La Quinta.

Pour Milan mon petit-fils, quatre ans, a qui je souhaite de vivre de nombreuses soirées comme celle-ci.



Juan Bautista est entré dans la légende lors d'une après-midi historique -et on ne me parlera pas ici d'enthousiasme excessif-, une de ces soirées qui marquent l'histoire du Plumaçon et qui en font un lieu privilégié où de génération en génération on se transmet le souvenir de ces instants magiques. Une faena de rêve qui rejoignent les plus belles dessinée sur ce sable landais comme le furent celles de Manuel Benitez El Cordobes, Paquirri (le père), Paco Ojeda ou Damaso Gonzalez. Un chef d'oeuvre qui honore le toreo en général et plus particulièrement la mémoire d'Ivan Fandiño qui était présent dans tous les cœurs et dont la mémoire a été célébrée par une longue slave d'applaudissements à l'issue du paseo...

Il faut dire d'abord la qualité de ce lot de La Quinta. Sérieux, voir très sérieux et armé finement. Un ensemble solide et mobile, au physique inscrit dans le type de l'élevage. Un lot qui se comporta dans la ligne de ce sang Santa Coloma, si précieux avec deux individus possédés par ce peligro sordo que l'on ne détecte pas des tendidos mais qui oblige le torero a toujours paré les coups, je veux parler des seconds et troisième. Deux toros d'une bravoure de chevaliers cathares je veux parler des quatrième et cinquième. Le premier ayant moins de moteur et le sixième, un diable qui exigeait énormément pesant sur l'homme.

Juan Bautista comprend tout et la malignité du Santa Coloma, ne lui pose pas de problème particulier. C'est avec une facilité déconcertante qu'il se joue des difficultés et tire le meilleur parti de ces âpres combattants. Là où d'autres trébuchent ou cèdent, il réussit avec assurance, conduisant, ses adversaires là où il veut comme il le veut. Cet intelligence du combat c'est sans doute un don mais c'est aussi le résultat d'un long travail et d'une expérience aboutie désormais. A la cape, à la muleta comme à l'épée, Juan a tutoyé les sommets hier. Que peut-on faire de mieux en effet que cette seconde faena? Juan n'est pas seulement le détenteur d'une sorte de logiciel exceptionnel qui lui permet d'analyser et de comprendre le toro bravo, c'est aussi un artiste, un poète qui éclaire de traits subtils ses travaux. Cela a un nom: la toreria. Pour l'illustrer deux exemples: ces fregolinas, suerte abandonnée mais pleine de saveur, à la cape et cette longue série de naturelles de la droite après qu'il eut planté l'épée dans le sable d'un geste désinvolte et comment de ne pas évoquer ces "cartuchos" si sévillans en conclusion comme une signature de luxe. Deux faenas conclues à recibir, le second foudroyant le toro qui roula comme une balle au centre de la piste. Quelle sécurité à l'épée...

Bien difficile de passer après une prestation de ce niveau. Tout aurait pu sembler fade, médiocre. David Mora releva le gant avec panache. On dira qu'il ne fut peut-être pas constamment au niveau d'un toro exceptionnel -le cinquième. Mais il eut ces moment d'une élégance rare qui en fait une personnalité attachante. Accroché une première fois à son premier passage, il fut pris méchamment en tuant son second toro d'une grande estocade. Il coupa une oreille et on était content pour ce miraculé de la tauromachie qui revient progressivement à son meilleur niveau.

On aurait tant voulu une autre issue pour Juan del Alamo, grande promesse, qui malgré son impuissance d'hier n'a rien perdu de l'estime du public et les applaudissements qui ont salué sa sortie l'ont montré. Mais, l'expérience et le génie ont parlé et Juan qui n'a pu imposer sa loi -au dernier notamment- a souffert de la comparaison. C'est sans doute une des leçons du jour, il faut beaucoup de temps pour faire un torero. Il faut beaucoup de temps pour maîtriser les situations difficiles et les transformer en oeuvre d'art.

Captivé, ému, conduit au paradis, sous le charme d'une sorte de magie le public montois remercia Juan Bautista par une unanime ovation témoin de son enthousiasme. Royale récompense pour qui sait la mériter.

PV

PS A l'issue de la corrida la commission taurine montoise a décidé du remplacement de ce samedi: Juan Bautista défilera à la place de Andrés Rocar Rey pour un cartel exceptionnel : Juan Bautista, Sebastian Castella, José Garrido. (Torrealta).



pierre Le: 22/07/17
MONT-DE-MARSAN, IMAGES DU PARADIS VALENCE, BLESSURE DE PACO URENA