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"Le torero mort" d'Edouard Manet



Et maintenant que tout est terminé que rodent les chacals, que les ténèbres sont tombées, obscures, sur notre joie, le souvenir ineffaçable désormais de ces derniers instants laissera une trace définitive dans notre esprit. Et nous avons beau faire, les images du drame ne peuvent pas s’effacer. Elles restent obsédantes et qui n’a pas vécu ces instants ne peut pas comprendre. C’est sans doute l’explication de la légèreté de certaines remarques ironiques, mais ne justifie en aucune façon les indécentes et gratuites insultes.

Le toreo, éternelle leçon de vie, nous enjoint de nous pencher sur ce qui nous est commun, irrévocable et essentiel : la mort. C’est en ce sens que cela nous obsède : nous ne pouvons admettre cette vérité première ; cet état auquel nous sommes tous promis. Et le monde où nous évoluons ne nous y aide pas. Car c’est un univers médiatisé où l’image interfère, commande, oriente. Nous ne croyons vrai que ce qu’elle nous reflète… mais ce n’est qu’un reflet ce n’est pas la vérité ! Ainsi la réalité même de la disparition est-elle évoquée, dans le prisme médiatique, comme un événement banal, lointain dont nous serions exemptés.

Le sacrifice d’Ivan Fandiño nous indique qu’il n’en est rien. Il nous rappelle la dure condition humaine : ce destin fatal qui relativise les péripéties du quotidien. Car si tout nait et se transforme tout s’achève aussi. Ce sont les « Leçons des ténèbres » comme l’on disait au temps des musiciens baroques. Le héros meurt dans la gloire et la lumière ; en symbolisant ce combat qui s’impose à chacun. Il nous rappelle à notre condition d’Homme : ainsi la corrida est bien une manifestation de cet humanisme qui lentement abandonne les rives du monde dit moderne.

Pierre Vidal



pierre Le: 22/06/17
Aire : hommage à Fandiño Badajoz : une seule oreille pour Roca Rey