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Saint Laurent d’Aigouze, Festival hommage à El Pana
Reses de Dos Hermanas (1) Piedras Rojas (2) , Pagès Mailhan ( vuelta au 6 ème) pour
Roberto Pilès : une oreille
Patrick Varin : vuelta
Alberto Lamelas : deux oreilles
Michelito : une oreille
Pierre Mailhan : ovation
El Rafi : deux oreilles



St-Laurent-d'Aigouze, bel hommage rendu au diestro mexicain Rodolfo Rodríguez "El Pana"...
Durant trois heures, l’esprit du matador El Pana a soufflé au creux de la petite église de Saint-Laurent-d’Aigouze, là où est venu se nicher une drôle de plaza de toros, quelque part aussi baroque que le récipiendaire de l’hommage.

Devant des travées somme toute bien garnies, dans un concept orchestré par Robert et son fils Jean-François Pilès, nous avons vécu durant trois heures une évocation de ce maestro pas comme les autres, en préambule, mais aussi lors des intermèdes au cours desquels, Christophe Chay, cigare à la main, comme un clin d’œil, et Jacques Durand, ont lu tour à tour des textes d’horizons bien différents, de Lorca à Beaudelaire en passant par Charles Aznavour pour sa Bohême, un terme qui allait si bien au Pana…

Toujours pour situer l’habillage de ce festival, disons encore qu’outre la participation de l’orchestre Chicuelo II, un groupe de Mariachis est venu interpréter plusieurs morceaux du répertoire mexicain pour rester dans le ton de cet hommage. On aura noté, à l’issue du festival, l’interprétation du superbe « El Rey », dédié certainement au maestro disparu…
Pour entourer les toreros retenus dans une sorte de confrontation inter-générationnelle, précisons encore que Luc Tosello était sur le cheval et qu’à pieds, ont actué José Gomez, Maxime, Michel Lagravère, Merenciano et le jeune Thomas Ubeda, surtout pour les banderilles, ainsi qu’un banderillero de Lamelas.

La cavalerie était de Philippe Heyral, les deux premiers novillos de Patrick Laugier et les quatre autres de Pagès-Mailhan, dont le dernier a été honoré de la vuelta posthume.
Avant le début des hostilités les deux orateurs ont lancé la séance. Ce serait évidemment trop long de rapporter tout ce qui a été dit, mais concernant El Pana, j’ai retenu une phrase qu’il a prononcée et qui a été révélée par Jacques Durand. Pour moi, elle reprend au mieux l’état d’esprit de ce fantasque torero qui a toujours imprimé ses faenas d’une bonne dose de relâchement et de fantaisie. Loin d’être enserré dans un moule, El Pana était visiblement plus porté sur un concept où l’inspiration, la sensibilité et la personnalité l’emportaient nettement sur une application strictement technique du toreo… « Le technicien, c’est celui qui vient réparer ma machine à laver !!! »

Autre chose d’assez insolite à signaler, toujours pour rester dans l’esprit du Pana, tous les novillos ont été baptisés par un mot qui évoque sa personnalité ou un trait de caractère : Brujo, Romántico, Epico, Boemio, Puro, Espontáneo…
Robert Pilès (oreille) a ouvert la séance avec un Dos Hermanas noble mais juste de forces qu’il entreprit au capote en s’attirant les premiers applaudissements du conclave. Une rencontre puis brindis au ciel avant une faena plaisante qui comprit plusieurs bons moments, conclue par un tiers de lame puis deux descabellos.

Patrick Varin (vuelta) eut en partage un Piedras Rojas plus compliqué avec lequel il put tirer plusieurs capotazos soignés avant deux assauts au cheval. Tomas Ubeda se distingua ensuite sur deux paires, puis mené au centre par doblones allurés, Patrick allait s’arrimer pour tirer plusieurs séquences décidées sur les deux bords. Demie au second envoi puis deux coups de verdugo.

Alberto Lamelas (deux oreilles) démarra par capoteo dynamique et après une rencontre, il brinda sa faena à Jean-François Pilès.
Bons doblones puis échanges droitiers méritoires, tout comme un passage sur l’autre aile, dans un ensemble à connexion inégale, mais toujours marqué par l’application. Final par manoletinas avant entière al encuentro.


Michelito (oreille) a manifesté tout au long de son quart d’heure un enthousiasme débordant. Il brinda à Robert et Jean-François Pilès une faena qui transmit lors de séquences enlevées, justement par cette faculté à connecter avec l’assistance.
Labeur conclu d’une entière suivie de trois descabellos.
Pierre Mailhan (saluts) débuta par quelques capotazos décidés et après une piqûrette, il partagea les palos avec Rafi pour un tercio plus ou moins réussi.
Brindis au ciel puis au public, faena d’inégal impact avant échec aux aciers. El Rafi (deux oreilles) tomba sur un excellent adversaire avec lequel il traça de vibrants capotazos. La suite par saluts au second tercio en compagnie de son compère Ubeda puis brindis à son professeur et compañero d’un jour Patrick Varin. Avec cet exemplaire encasté, Rafi composa des séries ajustées et élégantes avant de conclure d’une entière.
En définitive, même s’il connut trop peu de moments de fantaisie comme les aimait tant le Pana, ce festival a tout de même compris plusieurs séquences de bon toreo de la part de six diestros différents, autant en âge qu’en potentiel, mais tous semblables au niveau de la motivation. Enhorabuena à tous, avec mention spéciale aux Pilès père et fils et à tous ceux qui de façon désintéressée ont apporté leur pierre à l’édifice…
Je suis sûr que de là-haut, au travers de la fumée de son légendaire puro, « El Brujo de Apizaco » aura eu lui aussi sa dose d’émotion…

Paul Hermé www.torofiesta.com



pierre Le: 15/10/16
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