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Luis Francisco Esplà sera le héros de la corrida goyesque samedi à Arles. C’est une idée magnifique de Jean Baptiste et de sa sœur Lola désormais aux commandes des arènes arlésiennes que de faire appel à l’Alcantino. Non seulement il revient en piste pour un soir mais aussi, il met son talent au service de la décoration du cirque millénaire. Il prend ainsi la suite des plus grands noms qui se sont succédés pour décorer le lieu. Une initiative qui revient aux arlésiens, -ils en ont eu l’idée les premiers- et qui a été copiée par la suite -avec plus ou moins de bonheur…

Oui Esplà c’est un très bon choix car même si l’apparition et la disparition de noms nouveaux s’accélèrent, celui-là nous ne devrions pas l’oublier. Luis Francisco incarne cette tradition de matadors esthètes, compagnons d’intellectuels, créateurs et, comme Palomo Linares, il s’est reconverti dans la peinture avec succès. Ainsi Esplà succède à ces grandes Figures du passé : Juan Belmonte qui tenait dans sa tertulia des écrivains et des poètes, Sanchez Mejias l’ami de Lorca, écrivain lui-même, dont on jouait les pièces dans les théâtres madrilènes et plus près de nous Antonio Ordoñez qui avait pour compagnons Orson Welles –dont les cendres reposent dans son jardin de Ronda- ou Ernest Hemingway.

Esplà est le dernier de cette lignée de matadors, populaires certes, mais qui savent tenir le rang d’un artiste à part entière ; capable de triompher l’après-midi et de présenter une conférence sur Picasso le soir. Bien différent de l’époque du marketing, de la com’, du stakhanovisme ou d’un injuste dénuement que nous vivons et qui intéresse de moins en moins car un torero doit être exceptionnel tous azimuts. Esplà qui s’envoyait les corridas les plus dures avaient aussi le sens détail adoptant le premier le capote bleu, les bas blancs ou toréant –à l’ancienne- avec la montera sur la tête. Ca lui donnait la catégorie véritable et il fut un des rares soutenus systématiquement par le « 7 » à Las Ventas, un tendido auquel on ne la fait pas.

Un souvenir personnel pour terminer : le marché d’Ottavalo en Equateur, un matin de féria de Quito; Luis Francisco se mêlant aux marchands indiens, les mitraillant avec son appareil photo, alors que d’autres se seraient morfondus dans leur chambre d’hôtel : il toréait à 12 heures.
-Maestro, vous ici !
-Oui quand je suis à Quito je viens toujours ici fleurir la tombe de Domingo Dominguin, le frère de Luis Miguel, le gauchiste de la famille qui s’est réfugié et mort abandonné dans cette petite ville. Un très bon torero...
Pour Esplà la tauromachie n’est pas une succession d’exploits, de coups fussent-ils géniaux, c’est une culture. Il méritait bien cet hommage des arlésiens.
PV

pierre Le: 08/09/16
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