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Texte et photos de Paul Hermé Torofiesta

Le matin, triomphes de Manolo Vanegas et Juan Carlos Carballo qui a indulté un novillo de Cuillé. L’après-midi, sous la pluie, corrida exigeante de Valverde, l’unique oreille pour Chacón et grave blessure d’Alberto Lamelas…
Drôle de journée que ce dimanche sur les bords du Gardon avec une matinée triomphale et une tarde moins allègre. Bref, toutes les facettes du toreo ont eu droit de cité, avec d’un côté le retour dans ses vertes prairies camarguaises de « Tibialuz », novillo de Philippe Cuillé, et de l’autre un nouveau trajet jusqu’au CHU de Nîmes pour Alberto Lamelas qui commence à connaître le chemin…


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La journée avait donc plutôt bien commencé avec sous un ciel gris une plaza occupée par un bon millier d’aficionados. Quatre novillos de Philippe Cuillé bien présentés et donnant du jeu, tous applaudis à l’arrastre, avec mention évidemment à « Tibialuz ».
De Manolo Vanegas, on retiendra qu’il a enfin surmonté ses échecs successifs avec les aciers qui l’ont privé cette année de pas mal de trophées pour enfin placer une épée en place à son second. L’espada de la délivrance, celle de la grande porte retrouvée… A son premier, le Vénézuélien manifesta sa rage de vaincre dès les capotazos de réception débutés par une larga de rodillas. Deux rencontres puis faena brindée à l’assistance, avec début par le haut puis séquences ajustées à tribord, la muleta s’avérant plus volatile sur l’autre rive où il n’insista pas. Final plus encimista, manoletinas et trois quarts au troisième envoi avec les dégâts collatéraux évoqués plus haut. Manolo allait plus tard réussir le desquite après une pique poussée puis un brindis à Michel Bouisseren pour son double engagement à Boujan. La suite en version volonté et réussite lors de mouvements exécutés avec aisance et temple, Manolo se faisant accrocher sans mal et se reprenant bien dans un trasteo qui alla a más jusqu’à l’estocade enfin en place qui libérait les deux pavillons de la grande porte.
Juan Carlos Carballo était venu suppléer Alejandro Conquero, blessé le dimanche précédent à Aire sur l’Adour. Il laissa au final un bon souvenir au Tempéras, accueillant son premier avec beaucoup de décision avant deux assauts sans style. Brindée à l’assemblée, sa faena débuta à genoux et se poursuivit par plusieurs séries droitières au rythme soutenu, Carballo jetant ensuite l’ayuda pour exécuter quelques naturelles muleta repliée. Mais lui aussi perdit les trophées à cause d’un maniement trop approximatif des aciers. Avec le quatrième, les choses allaient prendre une tout autre tournure et Carballo allait inscrire son nom en lettres d’or sur le grand livre de l’histoire de la plaza alésienne aux côtés de celui de Tibialuz, le novillo de Cuillé qu’il venait d’indulter.
Le pupille de l’éleveur du Grand Badon a été reçu a portagayola, arrachant le capote avant de prendre trois piques après de belles arrancadas. Un tercio applaudi, de bon présage pour la suite où l’Extremeño, vêtu d’un habit rose au goût douteux, mais après tout chacun les siens, brinda au public une faena qui allait le dispenser d’utiliser l’estoc.
En effet, après pas mal de séries agréables alignées comme les perles d’un collier face à un adversaire qui prenait les muletazos à l’envie, une pétition d’indulto finit par descendre des étagères, le président sortant alors le mouchoir vert.

L’après-midi, la pluie s’est mise à tomber et ne quitta plus Alès, sans pour autant remettre en cause la corrida, l’empresa ayant pris la sage précaution de bâcher la piste bien remise en état par les areneros de Fiesta Brava. Et finalement, à l’heure du paseo, les gradins étaient convenablement garnis, environ aux trois quarts, ce qui compte tenu du contexte était plutôt encourageant.

Six toros de Valverde plus un sobrero du même fer (2 bis) bien présentés, volumineux et puissants, inégaux à la muleta, la plupart exigeants et compliqués, bien dans le style de cette maison.
val08t

Octavio Chacón (oreille et palmitas), inédit en ce lieu, laissa une bonne impression en coupant l’unique oreille de la tarde. Son premier a été reçu par bon capoteo avant un batacazo sur le premier assaut avant un second moins mouvementé. Chacón brinda ensuite au conclave une faena compacte comprenant plusieurs mouvements méritoires sur les deux ailes qui lui permirent de récolter le trophée en question après s’être fait accrocher et ouvrir la taleguilla en plaçant une demie tombée. Au quatrième, après un tercio de varas d’inégale intensité en trois assauts, puis un brindis à Alain Moya, le Gaditano se montra encore décidé, surmontant la plupart des difficultés, mais perdant avec le verdugo tout espoir de récompense.
Alberto Lamelas (vuelta puis blessé) va certainement finir par croire que les arènes du Tempéras sont maudites pour lui. En effet, son premier titulaire dut être puntillé en piste pour avoir cogné fort contre un burladero, violent choc qui le laissa KO. Avec le sobrero qui prit trois puyazos, Lamelas construisit une faena courageuse et somme toute bien cadencée terminée par manoletinas puis entière et descabello suivis d’une pétition sans effets. Avec le quinto, il s’illustra au capote avant trois rencontres, se faisant ensuite prévenir sur les premiers muletazos. Alberto fit un bel effort avant de se laisser surprendre sur un derrote, sa cuadrilla se précipitant pour l’évacuer vers l’infirmerie alors que le Madrilène exprimait son envie de continuer. Une réaction de pundonor qui l’honorait, mais à l’issue du premier examen, il dut être dirigé vers l’hôpital de Nîmes pour subir une délicate intervention, compte tenu du caractère de gravité de sa blessure : 20 cm dans la cuisse droite avec arrachement de la saphène…
Javier Cortés (saluts et silence) a pu repartir, faute de triomphe, avec le sentiment d’avoir plu à l’aficion. Mais sa maladresse à l’heure de conclure lui a été fatale et s’il est un domaine qu’il devra travailler, c’est bien celui-là… quand on sait son importance dans l’octroi des trophées ! A son premier, qui prit deux rations de fer après un excellent capoteo, Javier dessina plusieurs mouvements harmonieux, étalant sa décision pour surmonter les difficultés d’un bicho qui jouait plutôt la défense. Trasteo louable hélas gâché par le défaut récurrent évoqué plus haut. Bis repetita donc avec l’ultime, un client vicelard qui prit trois puyazos avant un combat âpre au cours duquel Cortés se mit encore à son avantage avant d’aller chercher l’épée…

pierre Le: 09/05/16
Séville : pluie diluvienne au cours de la novillada La der d'Aguascalientes