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Cette semaine, deux amis avec lesquels je dinai, qui n’avaient jamais vu de corridas, m’ont demandé qui décidait des récompenses des matadors. Avec pédagogie, je leur ai expliqué les mouchoirs, le public qui demande . Au fur et à mesure de mes explications, deux réflexions me venaient à l’esprit.
Il y a parfois un grand écart entre la réalité et la théorie.
Le rôle du Président va bien au-delà que la simple distribution d’appendices auriculaires.
Aujourd’hui les gens qui viennent aux arènes veulent des triomphes. Il a envie de vibrer comme ceux qui vont au rugby juste pour faire la Hola. Présidents et assesseurs sont considérés comme des empêcheurs de s’enthousiasmer. Le public veut de la musique, des oreilles et des vueltas de toros. Peu importe, ce qui se passe en piste. Si vous ajoutez les amicales pressions du mundillo, certaines présidences (en particulier dans de grandes arènes) sont devenues de simples distributeurs de trophées. On nomme les présidents en fonction de leur capacité à créer l’ambiance et à obéir aux injonctions venant de la piste ou du callejon. S’il ne s’agissait que d’oreilles coupées, ce ne serait pas grave. Il existe un système implicite qui recalibre les récompenses en fonction des arènes, des présidences et même des toreros. Le plus grave, c’est que le palco a un rôle essentiel dans le déroulement de la course. Il peut par ses décisions, ou ses non décisions, fausser les débats (tercios de piques bâclés, pratiques déloyales tolérées, mise en danger des toreros). Rappelons-nous l’indulto d’un Fuente Ymbro à Mont de Marsan à cause d’une vuelta imméritée mais accordée au toro précédent, le maintien en piste de certains toros manifestement impropres à la Lidia à cause d’un problème de vue. Comme un arbitre, un président peut faire dégénérer la partie, mettre en danger l’intégrité des toreros,
Un corps de « palco » est en cours de formation par la FSTF. C’est un premier pas qui peut permettre d’éliminer les nominations pour services rendus et de renouveler le panel vieillissant et peu compétent actuellement en service. L’idéal serait que les trios présidentiels soient nommés par une instance indépendante des organisateurs et que comme les « referees » et qu’ils soient évalués par leurs pairs Et pourquoi ne pas généraliser l’excellente initiative cérétane, le président de la course explique ses choix lors de la tertulia d’après course.
Il s’agit de mettre ainsi une barrière de protection face aux visées de certains, FIT et El Juli en tête, qui rêvent de donner le pouvoir aux toreros comme dans les fiestas camperas.
La corrida, ne sera jamais comme les courses landaises et camarguaises, un sport. Les palcos ne seront jamais des arbitres avec cartons jaunes et rouges. Ils ne sont plus des commissaires de police distribuant des amendes et faisant emprisonner des toreros (ils ne l’ont jamais été en France). Ils doivent devenir de véritables « directeurs de jeu » avec les moyens, l’indépendance et les compétences pour garantir le respect des valeurs de la corrida tout en contribuant à la fluidité et à la réussite artistique de la course.
Thierry Reboul



pierre Le: 27/02/16
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