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Début 2015, les toreros français râlent, parce que les organisateurs de leur propre pays ne les engagent pas assez. Début 2016, ce sont des éleveurs français qui râlent à leur tour, relayés par des internautes sur les réseaux sociaux. Comme aux toreros, les organisateurs répondent que c’est un faux procès et qu’ils ont fait, font ou feront appel aux éleveurs locaux. Les cartels de Saint Martin, Alès confirment leurs dires.
On vit aujourd’hui avec les éleveurs, il y a trente ans ce que nous avons vécu avec les toreros. Les écoles taurines, les non piquées en particulier du Sud-Ouest (et dans les années 80 du Sud-Est) ont permis l’éclosion d’un grand nombre de toreros au moins aussi bons que leurs collègues espagnols avec en particulier deux toreros vedettes Juan Bautista et surtout Sébastien Castella. Aujourd’hui le biterrois triomphe à Madrid et Mexico et est le numéro un de l’escaladons en 1ère et 2nde catégories. On est loin des toreros qui devaient se battre (pas toujours de la bonne manière) pour qu’ils deviennent envisageable d’engager un novillero français. En non piquée et novillada, les organisateurs donnent leur chance aux locaux. Ils sont aujourd’hui « supportés » par les publics avec parfois un chauvinisme énervant mais compréhensible quand on voit les coups bas dont sont victimes les novilleros français en Espagne. En corrida, c’est plus compliqué. Il y a des deux côtés des Pyrénées beaucoup d’aspirants et peu d’élus. Tous les matadors français ont eu des opportunités qu’ils ont sues ou pas saisir. Ils ne se relanceront pas en imposant un convenio à la mexicaine. Le public, qui paie cher sa place, n’est pas prêt à l’accepter.
Etre au sommet est difficile et il faut parfois savoir prendre conscience de son niveau. Marco Leal est en train de devenir un grand peon alors que sa carrière de matador ne décollait pas. Côté toreros, on est installé dans un système « normalisé » à l’exception de quelques remplacements pour lesquels on fait venir (par arrangements d’écurie) des toreros de loin alors que l’on pourrait donner une opportunité (surtout en seconde catégorie) à des français.
Côté toros on est au début de l’évolution. Jusqu’à maintenant il y avait quelques exceptions (Yonnet, Margé,) tout comme Felix Robert, Pouly, Nimeno, Millan l’ont été pour les toreros. Le nombre des ganaderias en France a augmenté et la qualité des toros produit aussi. Il est loin le temps des croisés et autres descendants de sobreros.
Les jeunes ganaderos sont parfois trop impatients. Peu d’élevages sont en capacité de fournir en début de saison les 12 toros homogènes de présentation et de potentiel nécessaires à sortir une corrida en piste. Certains progressent mais ont encore du pain sur la planche. En novilladas, ils sont plus nombreux à pouvoir fournir des lots. Mais c’est aussi la catégorie de courses la plus touchée par la crise. Les arènes de seconde et troisième catégorie jouent le jeu, les grandes arènes moins. C’est probablement en non piquée que l’on pourrait envisager un certain protectionnisme.
La prolifération des non piquées dans les années 80 a permis qu’aujourd’hui des toreros français aient naturellement leur place dans les grandes férias espagnoles. Offrir des opportunités aux éleveurs français, en sin caballos, permettra un jour que la présence de toros français en Espagne soit dans l’ordre naturel des choses.
La défunte opération Toros de France s’est, pour moi, trompée de stratégie. Au lieu d’aider financièrement des corridas, ce sont les non piquées qu’il faut soutenir et en particulier des courses comme celles de Bouillargues et Castelnau ou Graines de toreros. Les éleveurs pourront se faire connaître, affiner leur sélection. Comme pour les toreros, des élevages resteront sur le bord du chemin. Mais petit à petit, les autres progresseront, graviront les échelons. Plutôt que de parler de préférence nationale, de râler sur ceux qui font déjà des efforts pour la promotion de la tauromachie, Syndicats des toreros éleveurs et UVTF doivent définir, avec l’UVTF, un plan d’actions de promotion des novilladas dites économiques. Les grandes arènes, doivent comme Mont de Marsan et surtout Bayonne le font, assurer la promotion des éleveurs locaux. Les toreros doivent accepter de diminuer le nombre de peones en non piquée. Les éleveurs doivent être raisonnables sur les tarifs. Il est parfois plus coûteux de faire venir dans le Sud-Ouest, un lot d’erales camarguais qu’un lot espagnol.
En résumé, plutôt que préférence nationale pour les élevages, il vaut mieux parler de promotion nationale. Celle-ci passe par l’augmentation du nombre de non piquées, véritable creuset de formation pour les toreros, les éleveurs et aussi le public. Pour y arriver, chacune des parties prenantes doit œuvrer pour diminuer les coûts de ce type de course, y compris avec un effort de solidarité de la part des grandes arènes.
Thierry Reboul



pierre Le: 20/02/16
Juan Leal à Fitero Maurrin :changement d'horaire